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    Lettre

    Lendemain de manifestation

    2 octobre 2015 | Martine B. Côté Québec, le 30 septembre 2015 | Québec

    Comme chaque lendemain de manifestation, j’enrage. Mes dents ont grincé toute la journée en entendant dans les médias l’expression « population prise en otage » et en lisant des titres comme « Les professeurs font l’école buissonnière ».

     

    Déplorer qu’une manifestation entrave notre petit quotidien relève, pour moi, de la démission. Nous avons démissionné de notre job de citoyen qui lutte, minimalement, pour ne pas tout céder aux puissants de ce monde. Le 1 % nous a donné notre 4 % : nous sommes relégués à notre rôle de contribuable qui accepte sans broncher. Plus tristement encore, nous nous rangeons du côté des dirigeants et nous renions celles et ceux qui se battent pour obtenir plus et gagner en mieux-être. Et ce, même si nous ne sommes ni patrons, ni dirigeants, ni puissants.

     

    À force de baigner dans l’individualisme, nous semblons avoir oublié que nous sommes une collectivité, qui, en s’unissant, pourrait faire pencher la société plus en sa faveur. Nous ne voulons plus lutter. Pire, nous nous trompons d’ennemi. Avec le délaissement du mot « ouvrier », nous serions-nous soudainement mis à penser que nous n’en sommes plus, des ouvriers ? Ce serait oublier que bien peu d’entre nous ont un contrôle sur notre travail, voire sur nos conditions de vie.

     

    J’ai l’impression que nous ne voulons plus nous associer à la classe que nous formons, qu’on l’appelle classe « ouvrière » ou « moyenne ». Mais refuser ce titre et dénigrer les luttes qui viennent avec, c’est se faire croire que si on le voulait, on pourrait, nous aussi, changer de « classe ». Les dirigeants de ce monde sont morts de rire en nous voyant caresser cette chimère et en nous regardant nous détourner des syndicats, des institutions qui pourraient pourtant équilibrer les rapports de force.













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