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    Houda-Pepin «estomaquée»: le projet de loi 59 est dangereux

    14 septembre 2015 18h49 | Jocelyne Richer - La Presse canadienne à Québec | Québec
    L’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin
    Photo: Collection de l'Assemblée nationale L’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin

    Avec son projet de loi 59, le gouvernement Couillard protège les islamistes radicaux, au lieu de protéger la société contre eux, estime l’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin.

     

    L’ancienne députée, reconnue pour son franc-parler et son expertise sur les questions religieuses, s’est montrée « estomaquée », lundi, en commentant le contenu du projet de loi visant à interdire le discours haineux et l’appel à la violence.

     

    Dans son libellé actuel, ce projet de loi ne règle aucun problème, selon Mme Houda-Pepin, qui témoignait devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 59, défendu par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

     

    Elle a plaidé une fois de plus pour la création d’un Centre de recherche-action sur l’intégrisme, un organisme qui aurait le mandat de mieux documenter la montée du radicalisme religieux au Québec.

     

    Comme bien d’autres avant elle, Mme Houda-Pepin a dit craindre les dérives auxquelles s’expose la société en limitant la liberté d’expression, tel que le prévoit le projet de loi controversé.

     

    La ministre Vallée a répété que ce n’était pas le but recherché et qu’elle convenait qu’il fallait mieux définir les termes utilisés dans sa pièce législative.

     

    Ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale, Fatima Houda-Pepin a quitté avec fracas le caucus libéral en janvier 2014, en raison de ses différends profonds avec son chef Philippe Couillard sur ces questions. Elle disait alors avoir été exclue du caucus, tandis que les libéraux affirmaient qu’elle avait quitté de son plein gré.

     

    Quoi qu’il en soit, les leaders islamistes radicaux veulent implanter la charia, la loi islamique, au Canada, et pour y arriver cherchent des protections juridiques « supplémentaires », comme celle qui leur serait accordée dans l’article un du projet de loi 59, selon l’interprétation faite par Mme Houda-Pepin.

     

    Lundi, l’ex-députée de La Pinière a fait publier une lettre dénonçant le fait que le Québec était devenu « le paradis » de l’islamisme radical, grâce aux garanties fournies par les chartes des droits.

     

    La présence croissante au Québec de l’islamisme radical « est la conséquence tangible d’un endoctrinement idéologique systématique, fait dans l’indifférence générale depuis plus de 30 ans, quand l’Arabie saoudite a commencé l’envoi de ses imams de service », écrit-elle.

     

    La loi 59 donnerait des pouvoirs d’enquête à la Commission des droits de la personne pour identifier et sanctionner toute personne tenant un « discours haineux » envers un groupe particulier susceptible d’être stigmatisé, y inclus les organismes religieux.

     

    C’est ce qui a fait dire à plusieurs intervenants entendus en commission que le projet de loi limite la liberté d’expression, en rendant suspecte toute critique des religions.

     

    « C’est ce discours-là [des islamistes radicaux] qu’il faudrait empêcher, parce qu’il est dangereux. Il faut à ce moment-là le contrôler et non pas leur donner plus de moyens pour s’exprimer », a-t-elle poursuivi en point de presse, en marge de son témoignage.

     

    Si le projet de loi demeure tel quel, le Québec s’expose « à des dérives dont vous n’avez aucune idée », a plaidé Mme Houda-Pepin, dans une mise en garde aux députés présents.

     

    De toute façon, « ce sera un échec » si elle est adoptée, a-t-elle prédit, et la loi sera contestée devant les tribunaux.

     

    Selon elle, si ce projet de loi avait existé il y a 10 ans, elle n’aurait jamais pu faire adopter, en mai 2005, à l’unanimité par l’Assemblée nationale, une motion s’opposant à l’implantation des tribunaux dits islamiques au Québec et au Canada. Ce geste lui avait valu l’opprobre de plusieurs leaders de la communauté musulmane. « J’aurais été attaquée pour islamophobie », croit-elle.













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