Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Souveraineté

    Nouvelles alliances?

    Josée Boileau
    14 septembre 2015 |Josée Boileau | Québec | Éditoriaux
    Québec n’est pas Ottawa, mais annoncer que le Parti québécois entame une ligne droite vers la souveraineté alors même que le Bloc québécois pique du nez dans la campagne électorale fédérale en cours peut sembler bien paradoxal. Ou pas. Après tout, il est question de recentrer des forces qui, oui, existent encore... mais sous quelle bannière au juste ?
     

    Quelle école de pensée triomphera dans la nouvelle version de la « convergence des forces souverainistes » présentée mercredi dernier par le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau ? Celle de l’alliance citoyenne ou de l’alliance électorale ? L’approche de Véronique Hivon, nommée responsable du dossier, ou celle du PKP de la course au leadership du PQ ?

     

    En mars dernier, Mme Hivon, qui était alors alliée d’Alexandre Cloutier dans la bataille pour diriger le Parti québécois, avait longuement rencontré le chef d’Option nationale, Sol Zanetti. « Au menu, la “refondation” du mouvement indépendantiste », comme l’écrivait alors Le Devoir, qui assistait à ce face à face inédit. Entre les deux souverainistes, la volonté était clairement affichée de sortir des « guerres intestines » et d’adopter une démarche « transpartisane ». Toute la conversation fut de cette eau, sans que transparaisse l’idée que le gros parti avale le tout petit. Il y avait place aux différences d’approche.

     

    Véronique Hivon avait le même ton lorsque, aux côtés de son chef la semaine dernière, elle a fait état de sa manière d’aborder son nouveau mandat. Il ne s’agit pas, a-t-elle expliqué, de remettre l’existence des autres partis en question, mais de trouver les points de convergence qui feront avancer la souveraineté. Juste avant qu’elle ne prenne la parole, M. Péladeau avait d’ailleurs eu cette précision, nouvelle dans la bouche d’un dirigeant du parti : « Le Parti québécois n’a pas le monopole en cette matière. »

     

    Or si, lors de son élection comme chef, à la mi-mai, M. Péladeau avait aussitôt tendu la main aux autres formations, il semblait bien que cela restait encore et toujours dans le but de ramener au bercail les indépendantistes éparpillés. Lors du point de presse de la semaine dernière, il était d’ailleurs constamment question de s’adresser aux souverainistes en tant que personnes, notamment au moyen de la nouvelle approche de tournées sur le terrain et de formation que le PQ est en train de mettre en place. Québec solidaire a aussitôt réagi en soulignant qu’il est bien ouvert à la discussion, mais qu’en matière électorale, le parti est là pour de bon, et ce, en présentant des candidats dans toutes les 125 circonscriptions que compte le Québec.

     

    La question se pose donc : s’il ne s’agit que d’échanger sur les bienfaits de la souveraineté et d’en renforcer l’argumentaire, en quoi une telle stratégie menée sous l’égide du Parti québécois est-elle différente de ce qui existe déjà pour rassembler les souverainistes, organisations en tout genre où l’on trouve des membres de parti comme des gens qui rejettent les affiliations officielles ? Ces organismes sont eux-mêmes réunis sous le parapluie de OUI Québec, ou Organisations unies pour l’indépendance, qui a par ailleurs une table de concertation où siègent des représentants du PQ, de QS, d’ON et du Bloc québécois. Parler, donc ? Mais on le fait déjà ! Ce qu’il faut, c’est le pas de plus, celui qui permet d’envisager l’action : le pouvoir.

     

    Évidemment, cette échéance est encore loin, et la volonté nette de Pierre Karl Péladeau de profiter des trois années qui viennent d’ici aux élections au Québec pour renforcer une offensive souverainiste est à saluer. Les souverainistes fatigués de voter pour l’opposition à Ottawa, ce qui fait la force du NPD ici depuis quatre ans, fatigués aussi des vieux discours et du piétinement, ne sont pas pour autant des fédéralistes en attente. Cela, QS et ON l’ont compris depuis bien plus longtemps que le PQ. Mais celui-ci aura-t-il l’humilité d’être vraiment à leur écoute ? Et QS, lui, arrivera-t-il à dépasser son rejet du terrible PKP ? Et quelle est donc, à terme, la mission précise de Véronique Hivon ? Le Parti québécois le sait-il lui-même ?













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.