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    Rétablir les ponts entre le Québec et les Franco-Ontariens

    12 août 2015 | Gilles Levasseur - Professeur de gestion et de droit à l'Université d’Ottawa | Québec

    Les Franco-Ontariens saluent la visite du ministre Jean-Marc Fournier le 1er août dernier lors des célébrations commérant les 400 ans de présence française en Ontario. En remettant une plaque commémorative soulignant à la fois les liens historiques et étroits qui unissent le Québec et l’Ontario et l’importance du rôle joué par les francophones dans la fondation et le développement du Canada, le gouvernement du Québec reconnaît le combat acharné des Franco-ontariens dans leur quête d’une existence à l’égalité du groupe majoritaire.

     

    Le Québec a un rôle essentiel dans le rayonnement du français, incluant sa promotion, sa protection, sa pérennité et sa vitalité au Canada. Le gouvernement du Québec doit assumer un vrai leadership au sein du Canada comme le principal foyer de la présence de francophones. Ceci comprend un engagement ferme auprès de tous les francophones du Canada.

     

    Relations tendues

     

    L’expérience des relations entre le Québec et les francophones vivant à l’extérieur de cette province a souvent été difficile, voire tendue, au cours des 40 dernières années. Ceci est initialement marqué par les États généraux de 1967, où les francophones hors Québec ont été abandonnés au profit d’une identification territoriale québécoise. Les francophones de l’Ontario ont délaissé le concept de Canadien français pour devenir Franco-Ontariens, se repliant principalement sur le gouvernement du Canada et par la suite auprès du gouvernement ontarien afin de trouver des outils leur permettant de se développer et de s’épanouir. Le Québec est devenu par suite de son cheminement identitaire isolé des francophones hors Québec.

     

    Les combats juridiques en droit linguistique devant les tribunaux canadiens par les francophones hors Québec ont souvent été objet de conflits et d’incompréhension par ces derniers. Dans bien des cas, le Québec n’a pas été disposé à prendre des mesures ouvertes et positives afin de favoriser le développement et l’épanouissement des droits linguistiques des francophones hors Québec par crainte de l’effet boomerang auprès de la minorité anglophone québécoise.

     

    Un domaine où ceci a été notable est dans les causes scolaires. Le Québec a souvent pris une position juridique qui a contredit la volonté des francophones hors Québec dans leur quête d’une amélioration de leurs droits linguistiques. En garantissant les droits aux francophones hors Québec, ces mêmes droits et principes juridiques pourraient s’appliquer avec une adaptation nécessaire aux Anglo-Québécois. Le Québec n’était pas prêt à prendre ce risque au profit des francophones vivant à l’extérieur du Québec.

     

    Début de rapprochement

     

    Les Franco-Ontariens désirent un rapprochement avec le Québec dans tous les domaines de la société. Il faut accentuer les échanges institutionnels comme dans le monde universitaire, la santé, l’éducation et la culture. Ceci doit aussi comprendre une solidarité juridique dans la revendication de droits linguistiques des communautés francophones canadiennes.

     

    La déclaration de Toronto, signée le 21 novembre dernier entre les premiers ministres de l’Ontario et du Québec, est un pas important dans le rétablissement de ponts entre le Québec et les Franco-Ontariens. Cette entente ouvre la porte à une plus grande coopération entre les deux provinces et dans l’épanouissement de la langue française au Canada. Le dossier sur Radio-Canada est un excellent exemple de cette volonté de travailler de concert ; les compressions effectuées dans les services en français à Radio-Canada sont inacceptables, et l’intervention des deux gouvernements est vitale afin d’assurer que les services de cette institution fédérale sont sauvegardés avec les ressources nécessaires afin qu’elle puisse jouer pleinement son rôle quant au rayonnement de la vie française d’une mer à l’autre.

     

    Il faut continuer ce rapprochement et ceci doit aussi inclure le domaine de l’économie, créateur de la richesse et des moyens afin de se donner les outils pour un développement et un épanouissement de la vitalité française au Canada.













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