Et après le 1er juillet?
Des centaines de ménages risquent de se retrouver sans logement lundi prochain à cause de la pénurie qui frappe plusieurs villes du Québec. Nos gouvernements ont mis sur pied des services de dépannage, ce qui est bien. Mais il est certain que la solution à long terme ne viendra pas des gouvernements, à moins de leur demander de se faire promoteurs immobiliers.
La pénurie de logements à laquelle nous sommes confrontés n'est pas due au manque de logements sociaux mais au manque de logements tout court. On aura beau construire quelques milliers d'unités de HLM de plus chaque année, cela ne suffira jamais à ramener le taux d'inoccupation à un niveau d'équilibre. Au rythme où vont les choses, bientôt ce ne seront plus seulement des pauvres qui cogneront à la porte des gouvernements mais des familles dont les revenus leur permettraient de se loger en temps normal.
La construction de HLM par l'État entraîne une charge importante pour les contribuables. Un logement neuf habité par une personne seule à l'aide sociale coûte au bas mot 1000 $ par mois aux gouvernements, comme le rappelle une étude publiée cette semaine par l'Institut économique de Montréal. Cela n'inclut même pas le mince loyer payé par l'occupant. Bien sûr, il existe d'autres formules moins coûteuses, celle des organismes sans but lucratif par exemple. Mais là n'est pas l'idéal non plus, sauf pour une infime minorité de citoyens dont l'état de pauvreté s'allonge dans le temps pour des raisons particulières. Il y a donc des limites à privilégier cette solution alors que la majorité des gens qui traversent un épisode de pauvreté s'en sortent la même année et qu'un logement au prix du marché coûte entre 400 $ et 600 $, et non 1200 $ par mois comme un HLM neuf.
Si les logements sociaux sont si chers, c'est évidemment parce qu'ils exigent une infrastructure de soutien lourde qui est elle-même coûteuse. Mais c'est aussi parce que les coûts de construction sont élevés. Avec des prix de loyer qui tournent autour de 500 $ à 600 $ par mois, les Québécois sont parmi les locataires les plus chanceux. Or cette chance est en train de se retourner contre eux. En 2002, les coûts réels de construction d'un logement neuf justifient un loyer mensuel entre 700 $ et 900 $ alors que le prix moyen des loyers est de 500 $. N'importe où, ailleurs au Canada, la même unité de logement sera louée le double... Qui donc est assez stupide pour construire de tels logements à Montréal au lieu de se lancer dans la vente de condos?
Diverses mesures doivent donc être envisagées afin de retrouver le chemin de l'équilibre. Ces solutions ne peuvent pas venir d'un investissement accru des gouvernements dans la construction. Le rôle de l'État doit se limiter à une aide de dernier recours. Pour le reste, il lui faut favoriser l'émergence de conditions stimulantes pour la construction, sans subventions à gogo qui ne vont que fausser les règles du marché à moyen terme. Par exemple, en déréglementant l'industrie de la construction pour les immeubles de moins de quatre logements, comme c'était le cas avant le retour du Parti québécois au pouvoir; par exemple encore en faisant une place plus grande au jeu de l'offre et de la demande dans la fixation des prix du loyer, réservant pour la Régie un rôle d'arbitre des différends et de sanction contre les individus qui ne respectent pas leurs obligations.
En attendant une politique du logement qui ne soit pas seulement une politique du logement social, Québec pourrait à tout le moins abolir la date du 1er juillet comme date universelle de renouvellement des baux. Parce qu'elle force tous les constructeurs à livrer leurs maisons à la même date et tous les locataires à partir à la chasse en même temps, cette date du 1er juillet devient un facteur de hausse des coûts et d'aggravation d'une crise dont les conséquences seraient plus facilement «gérables» si des logements se libéraient régulièrement, tout au long de l'année.
La pénurie de logements à laquelle nous sommes confrontés n'est pas due au manque de logements sociaux mais au manque de logements tout court. On aura beau construire quelques milliers d'unités de HLM de plus chaque année, cela ne suffira jamais à ramener le taux d'inoccupation à un niveau d'équilibre. Au rythme où vont les choses, bientôt ce ne seront plus seulement des pauvres qui cogneront à la porte des gouvernements mais des familles dont les revenus leur permettraient de se loger en temps normal.
La construction de HLM par l'État entraîne une charge importante pour les contribuables. Un logement neuf habité par une personne seule à l'aide sociale coûte au bas mot 1000 $ par mois aux gouvernements, comme le rappelle une étude publiée cette semaine par l'Institut économique de Montréal. Cela n'inclut même pas le mince loyer payé par l'occupant. Bien sûr, il existe d'autres formules moins coûteuses, celle des organismes sans but lucratif par exemple. Mais là n'est pas l'idéal non plus, sauf pour une infime minorité de citoyens dont l'état de pauvreté s'allonge dans le temps pour des raisons particulières. Il y a donc des limites à privilégier cette solution alors que la majorité des gens qui traversent un épisode de pauvreté s'en sortent la même année et qu'un logement au prix du marché coûte entre 400 $ et 600 $, et non 1200 $ par mois comme un HLM neuf.
Si les logements sociaux sont si chers, c'est évidemment parce qu'ils exigent une infrastructure de soutien lourde qui est elle-même coûteuse. Mais c'est aussi parce que les coûts de construction sont élevés. Avec des prix de loyer qui tournent autour de 500 $ à 600 $ par mois, les Québécois sont parmi les locataires les plus chanceux. Or cette chance est en train de se retourner contre eux. En 2002, les coûts réels de construction d'un logement neuf justifient un loyer mensuel entre 700 $ et 900 $ alors que le prix moyen des loyers est de 500 $. N'importe où, ailleurs au Canada, la même unité de logement sera louée le double... Qui donc est assez stupide pour construire de tels logements à Montréal au lieu de se lancer dans la vente de condos?
Diverses mesures doivent donc être envisagées afin de retrouver le chemin de l'équilibre. Ces solutions ne peuvent pas venir d'un investissement accru des gouvernements dans la construction. Le rôle de l'État doit se limiter à une aide de dernier recours. Pour le reste, il lui faut favoriser l'émergence de conditions stimulantes pour la construction, sans subventions à gogo qui ne vont que fausser les règles du marché à moyen terme. Par exemple, en déréglementant l'industrie de la construction pour les immeubles de moins de quatre logements, comme c'était le cas avant le retour du Parti québécois au pouvoir; par exemple encore en faisant une place plus grande au jeu de l'offre et de la demande dans la fixation des prix du loyer, réservant pour la Régie un rôle d'arbitre des différends et de sanction contre les individus qui ne respectent pas leurs obligations.
En attendant une politique du logement qui ne soit pas seulement une politique du logement social, Québec pourrait à tout le moins abolir la date du 1er juillet comme date universelle de renouvellement des baux. Parce qu'elle force tous les constructeurs à livrer leurs maisons à la même date et tous les locataires à partir à la chasse en même temps, cette date du 1er juillet devient un facteur de hausse des coûts et d'aggravation d'une crise dont les conséquences seraient plus facilement «gérables» si des logements se libéraient régulièrement, tout au long de l'année.
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