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    Les cyclistes montréalais sont-ils gérables?

    D’accord pour partager la route avec eux, mais à six conditions

    20 juillet 2015 | Paul de Grandmont - Saint-Lazare-de-Vaudreuil | Québec
    Les cyclistes ont des droits, bien sûr, mais ils devraient aussi accepter les responsabilités qui en sont le corollaire.
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir Les cyclistes ont des droits, bien sûr, mais ils devraient aussi accepter les responsabilités qui en sont le corollaire.

    Depuis quelques années, on presse instamment automobilistes et cyclistes de partager la route. Mais il semble qu’on ne demande qu’aux automobilistes d’assumer cette responsabilité. Pourrait-on aussi responsabiliser les cyclistes ?

     

    Actuellement, c’est le free-for-all. Les cyclistes n’ont aucune obligation et ils font à peu près ce qu’ils veulent et quand ils le veulent, souvent au détriment des autres usagers de la route. Car, par qui est commise la majorité des infractions les plus criantes aux règlements de la circulation à Montréal ?

     

    Je veux bien croire qu’il y a des problèmes qui ne sont pas le fait des cyclistes eux-mêmes, par exemple les pistes cyclables, mais, à la base et avant tout, il y a un énorme problème de comportement des cyclistes montréalais.

     

    Je ne connais pas beaucoup d’automobilistes qui grillent fréquemment les feux rouges, ne respectent systématiquement pas les panneaux d’arrêt, empruntent souvent à contresens les rues à sens unique et roulent régulièrement sur les trottoirs. C’est pourtant le cas d’une grande partie des cyclistes montréalais. Les cyclistes ont des droits, bien sûr, mais ils devraient aussi accepter les responsabilités qui en sont le corollaire.

     

    Six mesures

     

    Je suggère donc les mesures suivantes, qui ont pour but de les responsabiliser davantage et qui, si adoptées, en feraient des usagers plus respectueux des lois et avec qui il serait enfin agréable de cohabiter.

     

    Immatriculation — Que toutes les bicyclettes soient immatriculées, comme les véhicules automobiles. Ainsi, en cas d’accident, les propriétaires pourraient être retrouvés. De même, s’ils étaient blessés et n’ont pas de papiers, il serait plus facile de communiquer avec leurs proches.

     

    Permis — Que les cyclistes détiennent un véritable permis de conduire, même s’il est différent de celui des automobilistes. On l’exige des automobilistes, alors pourquoi pas des cyclistes, qui assument les mêmes risques et peuvent être à l’origine d’accidents aussi graves ? Imposons au cycliste les mêmes exigences qu’à l’automobiliste. Un cycliste qui risque de perdre son permis de conduire deviendra sans doute un cycliste plus prudent et plus respectueux des lois.

     

    Assurance — Que tous les cyclistes souscrivent à une assurance « automobile », peu onéreuse cependant, comme les autres usagers de la route. S’ils ont à l’origine d’un accident, leur dossier routier pourrait en être affecté, leur faute serait portée à leur dossier, ils seraient tenus responsables de leurs actes et les autres usagers de la route pourraient être dédommagés après entente entre leurs assureurs respectifs.

     

    Formation — Que tous les cyclistes suivent un cours, même léger, de conduite automobile. Plusieurs n’ont pas de voiture et n’ont aucune notion de ce qu’est la circulation automobile, son flux, son rythme, ses règles les plus élémentaires. Il faut, bien sûr, critiquer l’automobiliste qui, en tournant à droite, heurte un cycliste qui, venant sur sa droite, a voulu poursuivre tout droit. Mais le cycliste aurait-il pu anticiper, pour sa part, le mouvement de l’automobiliste ?

     

    Équipement — Que tous les vélos soient équipés d’un feu avant et d’un feu arrière puissants pour être bien vus en tout temps. Les feux actuels sur les vélos sont tout au plus une mauvaise blague.

     

    Répression — Que des sentences sévères, mais justes, semblables à celles qu’on impose aux automobilistes, soient infligées à tout cycliste transgressant un règlement de la circulation, quel qu’il soit.

     

    Dans ces conditions, et à ces seules conditions, je veux bien, moi, partager mes trajets montréalais avec des partenaires routiers qui seraient soudainement devenus beaucoup plus disciplinés et respectueux des lois.













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