Moins de cours «Québec 101» pour les nouveaux arrivants

Les cours visés par la réduction de l’offre sont veux qui servent à donner aux nouveaux arrivants les clés pour comprendre le Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les cours visés par la réduction de l’offre sont veux qui servent à donner aux nouveaux arrivants les clés pour comprendre le Québec.

L’austérité frappe l’intégration des immigrants francophones : sans faire de bruit, le gouvernement Couillard vient de réduire l’offre de deux programmes destinés à faire connaître les valeurs québécoises aux nouveaux arrivants.

Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) diminuera de 25 %, à compter du 1er juillet, le nombre de séances données aux immigrants dans le cadre des programmes Premières démarches d’installation et Objectif intégration. Ces cours visent à donner aux nouveaux arrivants toutes les clés pour comprendre le Québec : comment trouver du travail, connaître les valeurs québécoises, inscrire ses enfants à l’école, obtenir une carte d’assurance maladie, et ainsi de suite.

Parce que la demande pour ces séances de formation diminue sans cesse, le gouvernement Couillard en offrira 25 % de moins. Le MIDI a informé les 19 organismes qui offrent ces cours, la semaine dernière, de sa décision de couper le nombre de séances offertes.

« On répond à la demande. Les cours sont toujours offerts, mais la demande diminue », explique Marie-Hélène Paradis, directrice de cabinet de la ministre Kathleen Weil. Elle ne pouvait préciser mercredi, jour de la fête nationale, quelle proportion des quelque 50 000 nouveaux arrivants suit ces formations chaque année.

« Ces programmes fonctionnent bien. On ne comprend pas pourquoi le ministère décide tout à coup d’en offrir moins », réplique Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

Le ministère ne fait aucun effort pour inciter les nouveaux arrivants à suivre ces cours, qui équivalent à une sorte de «Québec 101», explique-t-il. L’organisme presse le gouvernement depuis deux ans de mieux faire connaître l’offre de cours. « Il faut aller au fin fond de leur site Internet pour voir que les cours existent », dit Stephan Reichhold.

Il faut croire que les immigrants y vont, sur le site Web du ministère, parce que plusieurs jugent inutile de suivre les séances de formation, explique la représentante de la ministre Weil. « Il s’agit ici d’immigrants économiques, éduqués, qui parlent déjà français et qui savent où trouver en ligne les informations sur le Québec », dit Marie-Hélène Paradis.

Même les immigrants à l’aise en français ont besoin d’aide pour s’intégrer au Québec, croit Stephan Reichhold. La « grosse saison » de formation commence à peine, souligne-t-il. La majorité des immigrants arrivent au Québec durant les mois de juillet et d’août, en vue de la rentrée scolaire.

Le cours Premières démarches d’installation dure une demi-journée. La suite, Objectif intégration, s’étend sur cinq jours consécutifs. Ces séances de formation sont fort utiles, au moment où de vastes débats sur l’intégration et la radicalisation des immigrants prennent place non seulement au Québec, mais à la grandeur de la planète.

« Le gouvernement libéral annonce la réduction du nombre de formations aux immigrants en catimini, la veille de la fête nationale. Conjugué aux coupes en culture, ça diminue notre capacité de construire une nation », dit Amir Khadir, député de Québec solidaire.

« L’argent est pourtant là », ajoute-t-il. En vertu d’une entente avec Ottawa, le gouvernement fédéral verse 340 millions à Québec cette année pour l’intégration et la francisation des immigrants, rappelle Amir Khadir.

Levée de boucliers contre les coupes au Conseil des arts et des lettres

Le milieu culturel québécois s’insurge contre les coupes de 2,5 millions imposées par le gouvernement Couillard au Conseil des arts et lettres du Québec (CALQ). Ces compressions visent à diminuer les structures administratives et non les sommes versées aux artistes, a fait valoir mercredi la ministre de la Culture, Hélène David. Or, sur les 2,5 millions coupés, seule une somme de 500 000 $ se rapporte aux budgets de fonctionnement des organismes nationaux disciplinaires et de service, fait valoir le Mouvement des arts et lettres. « Inévitablement, les artistes sont touchés par les compressions », dit Stanley Péan, porte-parole du Mouvement. Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a souligné de son côté le moment symbolique de ces coupes en culture, qui surviennent en secret, en pleines célébrations de la fête nationale.
5 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 25 juin 2015 08 h 11

    La dragée empoisonnée

    Chaque année le fédéral transfert de plus en plus d'argent vu le nombre croissant d.immigrants non francophones vers le Québec. Le ministère de l'immigration du Québec n'a jamais réussi à dépenser tous les fonds dévolus et prévus à l'accueil, à l'intégration et surtout à la francisation des immigrants de sorte que chaque année le ministère périme des dizaines de millions qui font le bonheur du Conseil du Trésor. C'est une opération dédiée à l'appétit vampiriste dénaturant la mission de certains organismes ou ministères avec le concours de carriéristes silencieux sans étât d'âme. N'observe-t-on pas le même phénomène en santé et en éducation?

  • Robert Aird - Abonné 25 juin 2015 08 h 42

    Destructuration sociale

    Au lendemain de la fête nationale, le gouvernement Couillard poursuit sa politique de destructuration sociale, de démembrement du corps social, cette fois-ci en sabrant dans l’accueil aux immigrants, la culture et les arts. Confirmant une fois de plus que pour l’idéologie néolibérale, il n’y a pas de société, mais que des individus mis au service du capital qui doit être libéré de tous obstacles à sa domination hégémonique.

  • Raymond Labelle - Abonné 25 juin 2015 11 h 46

    Diminuer les ressources à l'accueil et à l'intégration...

    ...et annoncer son intention d'augmenter le seuil du nombre d'immigrants.

    Trouvez l'erreur.

  • Sylvain Bolduc - Abonné 26 juin 2015 20 h 29

    Détournement de fonds

    Le pire est que l'argent est là et il vient du fédéral, donc de nos impôts fédéraux. Qu'est ce que le gouvernement Couillard fera avec cet argent non-utilisé??? Dans la poche des ministres peut-être??

    Ceci est d'une indécence grotesque et du vol à plusieurs niveaux :(

  • Marc Tremblay - Abonné 27 juin 2015 13 h 56

    Baisse de la demande

    Ces cours devraient être obligatoires pour tous les immigrants.