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    Coupes en culture et en formation

    Être et avoirs

    Josée Boileau
    25 juin 2015 |Josée Boileau | Québec | Éditoriaux

    Le gouvernement du Québec, au premier chef la ministre de la Culture Hélène David, vient d’échouer haut la main au test de la pertinence et de la délicatesse dans sa gestion aveugle de l’austérité.

     

    À quelques heures de la Fête nationale, ce gouvernement a annoncé à des organismes qui n’avaient rien vu venir trois coupes directement liées à l’identité d’un peuple : réduction à compter du 1er juillet (demain quoi !) des sessions d’accueil destinées aux immigrants francophones ; abolition de dizaines de postes à Bibliothèque et Archives nationales du Québec ; compressions de 2,5 millions de dollars au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), une première dans l’histoire de l’institution.

     

    Ne prenons pas les gens pour des imbéciles : en dépit des justifications officielles, la coïncidence des dates est en soi un message. Mesdames et messieurs, comprenez-le bien, le souci d’être ne vaut pas pipette face à nos problèmes d’avoirs. Mais allez, c’est pas si grave : regardez-nous, présents, souriants, et heureux d’être tous rassemblés au défilé de la Fête nationale… La vie continue, personne ne meurt. D’ailleurs, qu’est-ce qui est coupé ? Un rien, quelques millions.

     

    Et c’est ainsi que la déstructuration sociale avance. Le gouvernement dira par exemple que les sessions d’accueil et d’orientation pour les immigrants francophones sont peu utilisées. Mais sont-elles publicisées, valorisées ? L’aide à l’intégration doit pourtant être plus soutenue que jamais au Québec, car elle a bien des faiblesses, et cela compte d’autant plus si le projet gouvernemental est d’accueillir encore plus d’immigrants. Mais cela correspond bien à l’actuelle idéologie libérale, qui est que chacun compte sur ses propres moyens.

     

    Quant à la culture, rions un peu. Il faudrait croire qu’en ne coupant pas directement les artistes mais simplement les organismes avec lesquels ils font affaire, la vitalité du milieu ne sera pas touchée. Il est vrai que ce n’est pas une bourse que l’on retire quand on abolit une mesure d’aide à la coproduction, comme on vient de l’annoncer, juste une possibilité que le gouvernement complète un financement obtenu hors Québec par un artiste débrouillard. Son projet s’en trouve menacé ? Allons artiste, encore un effort, trouve toi-même une autre façon de te financer ! Facile à dire alors que les compressions s’additionnent présentement en culture, de l’abolition des Conférences régionales des élus à la coupe de 15 % imposée aux Conseils régionaux de la culture, et maintenant le CALQ.

     

    La ministre David était jusqu’ici applaudie pour sa capacité à limiter les dégâts que cause ailleurs l’administration libérale. Elle vient enfin de faire sa part, celle d’affaiblir la collectivité.













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