Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    François Blais confirme la fin des élections scolaires au Québec

    Le ministre de l’Éducation, François Blais, a été reçu froidement vendredi par les commissions scolaires réunies en congrès à Laval. Celles-ci craignent de disparaître à cause des nombreux changements à la démocratie scolaire déjà annoncés par le gouvernement.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de l’Éducation, François Blais, a été reçu froidement vendredi par les commissions scolaires réunies en congrès à Laval. Celles-ci craignent de disparaître à cause des nombreux changements à la démocratie scolaire déjà annoncés par le gouvernement.

    La fin approche pour les commissions scolaires telles qu’on les connaît, a martelé à nouveau vendredi le ministre de l’Éducation François Blais. Des déclarations dont le ton ont « sidéré » la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, qui promet de riposter.

     

    Réunis en congrès à Laval, les commissaires n’auraient pu servir un accueil plus glacial au ministre de l’Éducation. Seules quelques personnes ont applaudi François Blais au terme de son discours, au cours duquel il a réitéré son intention de mettre fin aux élections scolaires, de réformer la taxe scolaire et d’en finir avec les postes de commissaires, pour laisser davantage la place aux parents.

     

    « Les élections scolaires posent problème au Québec et [elles] ont peu [de] reconnaissance de la population. On peut se donner des organisations démocratiques, avec des personnes qui reçoivent des mandats d’une communauté sans passer par le suffrage universel, qui est un héritage du XIXe siècle », a déclaré le ministre Blais en point de presse. Un projet de loi devrait être présenté en ce sens dès l’automne, a-t-il promis.

     

    S’il s’est montré très clair au sujet de sa volonté de réformer les commissions scolaires, il s’est fait avare de commentaires quant à la forme que pourraient prendre ces structures modifiées.

     

    Il a également rappelé que le gouvernement libéral a l’intention de fusionner certaines commissions scolaires, et promis de revoir la perception de la taxe scolaire, qui rapporte chaque année près de 2 milliards de dollars aux commissions scolaires.

     

    Les commissaires scolaires — ils étaient près de 200 réunis à Laval — ont juré de contre-attaquer. Élus démocratiquement — par moins de 5 % de la population —, ils disposent de toute la légitimité nécessaire, a assuré Josée Bouchard, présidente de la FCSQ, brandissant un sondage mené pour le compte de la Fédération.

     

    « La population n’est pas dupe, a-t-elle dit au sujet d’un éventuel nouveau mode de sélection des commissaires. Elle sait que cela ouvre la porte toute grande à des nominations partisanes et à des conflits d’intérêts potentiels, alors que le seul intérêt des élus scolaires est la réussite des élèves. »

     

    Remplacer par quoi ?

     

    Selon le sondage, 59 % des Québécois seraient contre des « conseils d’administration privés ». Une proportion semblable s’est montrée favorable à la tenue d’élections scolaires et municipales simultanées. Ce sondage a été mené du 13 au 21 mai, auprès de 1077 répondants, et sa marge d’erreur est de 4,1 %.

     

    L’élimination des élections scolaires est une bonne chose, selon le professeur en sciences de l’éducation Jean Bernatchez. Toutefois, il faudra faire attention de les remplacer par autre chose, ou carrément éliminer la taxe scolaire, a-t-il estimé dans un colloque de l’Acfas, à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

     

    Ces personnes pourraient être élues d’abord présidents de leurs conseils d’établissement, ajoute-t-il. « Il pourrait à ce moment-là y avoir une structure intermédiaire et ces gens-là pourraient jouer la joute politique entre eux. »

     

    M. Bernatchez, père de quatre enfants, a consacré beaucoup de temps dans ce genre d’instances. Il concède que ce type de bénévolat est parfois frustrant parce que les conseils d’établissement se butent trop souvent au pouvoir sans partage des directions d’écoles. Si l’élimination des élections scolaires entraîne l’abolition de la taxe, cela mènera à un débat beaucoup plus large. « Il s’agirait de voir où on va aller chercher cet argent-là. »













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.