Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Villes intelligentes

    Voir au-delà du sans-fil

    16 mai 2015 | Arnaud Stopa - Collaborateur | Québec
    Pour rendre la vie plus facile à ses citoyens, Sherbrooke a lancé une application qui rappelle quel bac sortir la veille du ramassage des poubelles.
    Photo: Ville de Sherbrooke Pour rendre la vie plus facile à ses citoyens, Sherbrooke a lancé une application qui rappelle quel bac sortir la veille du ramassage des poubelles.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    La ville intelligente n’est pas qu’un concept réservé aux grandes aires urbaines. Un peu partout en région, des villes s’arment des nouvelles technologies pour servir leurs citoyens et gagner la bataille du développement économique, tout en rivalisant d’ingéniosité pour se démarquer des autres villes.


    Rio de Janeiro, Taïpei, Astana, Edmonton et Sherbrooke. Que peuvent bien avoir en commun la ville estrienne et ces grandes villes ? Elles ont toutes été sélectionnées dans le top 21 des villes intelligentes en octobre dernier, selon l’organisme indépendant Intelligent Community Forum.

     

    « Les mesures que nous avons mises en place ont eu droit aux honneurs : ça fait toujours plaisir d’être dans un palmarès, mais on fait ça avant tout pour les citoyens », dit avec modestie Bernard Sévigny, maire de Sherbrooke.

     

    Ce qui a fait la différence, selon lui, c’est l’investissement dans un ensemble d’outils qui rend la vie plus facile, tant pour la mairie que pour les citoyens. L’exemple le plus simple est celui de la collecte des déchets. Trois bacs sont utilisés pour le recyclage, le compost et les autres déchets. « Chaque semaine, il y a une rotation dans ces trois bacs, explique-t-il. Il y a une application qui permet de rappeler la veille, quand on sort les poubelles, quel bac sortir. C’est un exemple simple, mais un exemple d’utilité pour le citoyen. »

     

    La ville intelligente est un concept né dans les années 1990, pour comprendre l’évolution des besoins d’une ville et la réponse efficiente que peuvent apporter les nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC) dans l’administration et la gestion des villes. Cet aspect a pris de l’ampleur depuis que l’accès nomade à Internet se généralise et que les téléphones intelligents poussent à l’extrême les possibilités de personnalisation de l’environnement de l’usager, selon Frédéric Bove, responsable projets et développement au pôle de recherche de HEC Montréal. « La ville intelligente, c’est un lien entre les différents besoins d’une ville, entre les services et les besoins de l’usager dans un souci d’efficacité. Et plus le citoyen peut participer aux liens, plus il fera remonter ses besoins. »

     

    Et, comme chaque ville a des besoins différents, chacune développe des expertises uniques. « La ville intelligente, ce n’est pas un départ en soi, mais un moyen pour arriver à atteindre des objectifs, continue Frédéric Bove. Chaque ville est différente, on ne peut pas copier-coller des mesures. »

     

    Pourtant, même si les villes jouent fort des coudes entre elles pour se démarquer l’une de l’autre, elles doivent aussi faire preuve de solidarité. Par exemple, la gestion des paies a été développée à Lévis en collaboration avec Sherbrooke. Pour son édile, « il faut s’unir pour pouvoir développer des applications et des solutions pour minimiser les coûts […] et ne pas être à la merci des entreprises ».

     

    Michel Angers, maire de Shawinigan, parle plutôt d’« interrelation » entre tous les acteurs. « Une ville intelligente, ce n’est pas un ramassis de technologies. C’est une réflexion pour favoriser l’interrelation entre les citoyens et l’hôtel de ville dans un cadre de développement durable. »

     

    Le développement durable est effectivement l’un des buts premiers pour les villes. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’il n’est qu’une partie de la réponse aux besoins des villes. « Ce concept intervient à 100 %, mais il ne faut pas l’opposer aux différents aspects [technologique, écologique, social]. Rien ne va l’un contre l’autre, tempère Frédéric Bove. Proposer du wi-fi dans les rues répond à un besoin de services pour les étudiants qui ne peuvent pas se payer Internet chez eux. Ça aide au développement public et social. »

     

    Le développement des NTIC est une façon d’attirer de l’activité en région, croit Michel Angers. Avec son wi-fi dans les bus et son projet de feux de circulation intelligents, il estime que « c’est un moyen pour les régions de se démarquer et d’attirer les entreprises, car tous les projecteurs sont sur Montréal et Québec ». L’objectif avoué est de faire de l’ancienne cité de l’acier et de l’électricité un technopôle. L’arrivée de CGI en octobre 2014, leader mondial en conseil NTIC, porteur de 300 emplois, est un premier pas. « Shawinigan est très engagé dans la nouvelle économie durable. On souhaite créer un écosystème numérique, en lien avec le cégep et l’Université du Québec à Trois-Rivières. »

     

    L’investissement dans les outils de la ville intelligente est aussi, à terme, bénéfique pour les finances de la Ville. « En optimisant les ressources et les outils de gestion, la conséquence est effectivement une baisse des coûts », convient Bernard Sévigny, qui a mis en place l’accès wi-fi sur la majeure partie de son territoire, un système d’alerte des crues ou encore un outil d’efficience pour le déneigement.

     

    Mais son confrère de Shawinigan voit dans l’utilisation des NTIC un avantage autre que la simple optimisation des opérations de déneigement, par exemple. « Le résultat du service à la population est plus gratifiant que les économies de déneigement. Les citoyens sont de plus en plus informés et veulent être de plus en plus informés, c’est la responsabilité des élus d’y répondre. »













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.