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    Sondage Léger – Institut du Nouveau Monde

    À l’ère de la génération «réaliste»

    Les 18-34 ans tournent le dos à la révolution sociale

    13 avril 2015 |Marco Fortier | Québec
    «La nouvelle génération pose un regard pessimiste, on peut même dire réaliste, sur la société», estime Michel Venne, directeur général de l’INM.
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir «La nouvelle génération pose un regard pessimiste, on peut même dire réaliste, sur la société», estime Michel Venne, directeur général de l’INM.

    Ils veulent bien changer le monde, mais un pas à la fois. La révolution, c’est pour les autres. La grève aussi. La génération des 18-34 ans se considère comme « réaliste » et ne compte plus sur l’État, les entreprises ou les syndicats pour améliorer la société.

     

    Un nouveau sondage explique les hauts et les bas du mouvement de contestation étudiante : les jeunes sont aussi sages, prudents et pragmatiques que leurs aînés. Ils occupent le centre du spectre politique et craignent de laisser un héritage négatif aux générations futures.

     

    Ils se distinguent de l’ensemble de la population en étant écologistes; ils sont plus divisés que le reste des Québécois au sujet de l’exploitation du pétrole. Les jeunes se montrent aussi davantage entrepreneurs que leurs prédécesseurs, révèle un sondage Léger mené pour l’Institut du Nouveau Monde (INM).

     

    « Les jeunes disent qu’il y a des problèmes sociaux et qu’ils voudraient contribuer à les résoudre, mais ils ne sont pas sûrs qu’on va réussir à renverser l’ordre des choses », dit Michel Venne, directeur général de l’INM.

     

    « Ça explique le contexte social actuel. La grève étudiante ne lève pas. Les jeunes qui veulent changer le monde sont minoritaires. Ils se heurtent à la résistance des plus vieux et de leur propre génération. Certains des jeunes qui militent pour un changement social se sont radicalisés », explique-t-il.

     

    « La nouvelle génération pose un regard pessimiste, on peut même dire réaliste, sur la société », ajoute Michel Venne. Ce sondage fait partie de L’état du Québec, une publication de l’Institut du Nouveau Monde qui fait le point sur 20 enjeux chauds et qui sera lancée cette semaine.

     

    Oui au pétrole

     

    Ce vaste sondage a été mené entre le 23 et le 27 février 2015 auprès de 1062 répondants âgés de 18 ans et plus. Les enquêtes d’opinion menées par Internet sont non probabilistes et ne comportent pas de marge d’erreur. Les données finales du sondage ont été pondérées à l’aide des données du recensement de 2011 selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, la région et le niveau de scolarité de façon à garantir un échantillon représentatif de la population, selon la firme Léger.

     

    Plus de six électeurs sur dix (63 %) sont favorables à l’exploitation du pétrole au Québec, révèle le sondage. Les 18-34 ans sont toutefois moins convaincus que le reste de la population : 48 % disent oui au pétrole québécois et 41 % sont en désaccord.

     

    Curieusement, même s’ils approuvent l’exploitation du pétrole, 72 % des répondants (et 78 % des 18-34 ans) affirment que la protection de l’environnement doit passer avant tout. Toutes les générations sont sceptiques par rapport à l’élimination des hydrocarbures : un électeur sur cinq (21 %) croit que le Québec sera sans pétrole d’ici 25 ans. Une majorité claire de 64 % des citoyens croit tout de même que la voiture électrique est une voie d’avenir pour le Québec.

     

    Les jeunes comptent d’abord sur eux-mêmes pour assurer leur avenir. Plus de la moitié des 18-34 ans (53 %) ont déjà songé sérieusement à fonder une entreprise et à devenir leur propre patron. C’est davantage que les 35-54 ans (49 %) et beaucoup plus que les 55 ans et plus, qui ont pu compter sur des emplois stables et permanents. À peine 29 % des baby-boomers ont déjà pensé à se lancer en affaires.

     

    Une société divisée

     

    La population en général, y compris les jeunes, paraît divisée sur la pertinence des compressions budgétaires imposées par le gouvernement Couillard ; 45 % des répondants trouvent que les réformes vont trop vite et qu’il faut les ralentir. Une proportion comparable trouve plutôt que la révision des programmes se fait à la bonne vitesse (21 %) ou qu’elle va trop lentement (22 %).

     

    Les Québécois sont aussi partagés sur la place des gouvernements pour assurer le bon fonctionnement de la vie en société (économie, emplois, services, environnement, etc.) ; 36 % des répondants trouvent que l’État n’est pas assez présent ; 26 % affirment qu’il est trop présent et 27 %, qu’il est juste assez présent. Les 18-34 ans sont du même avis dans des proportions comparables.

     

    Par contre, les inégalités entre les riches et les pauvres préoccupent 56 % des Québécois. Les inégalités entre pays riches et pays pauvres sont jugées moins importantes : 24 % des répondants s’en préoccupent.

     

    Le sondage confirme aussi que les 18-34 ans accordent moins d’importance à la souveraineté du Québec qu’il y a 20 ans : au référendum de 1995, ils appuyaient le Oui à 60 %. Ils ne sont plus que 39 % à prôner la souveraineté (contre 37 % de la population).

     

    Au fond, la génération montante a les mêmes rêves que les plus vieux, indique le sondage : fonder une famille et bien gagner sa vie.













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