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    Santé

    Croissance anémique des dépenses

    27 mars 2015 | Jessica Nadeau à Québec | Québec
    Le ministre des Finances, Carlos Leitão, et le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre des Finances, Carlos Leitão, et le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

    Le réseau de la santé devra composer avec une augmentation de ses dépenses d’à peine 1,4 %, une baisse importante par rapport aux années précédentes qui met le réseau de la santé sur le pied de guerre.

     

    Austérité oblige, le ministère de la Santé, qui représente 49,4 % du budget, écope lourdement. L’augmentation d’à peine 1,4 % est en dessous des coûts du système — augmentation des salaires, des coûts d’électricité, etc. — qui se chiffrent, année après année, à entre 3 et 4 %. Pour plusieurs, c’est donc l’équivalent d’une coupe en bonne et due forme.

     

    Mais la réorganisation du réseau de la santé, amorcée par la réforme de Gaétan Barrette, va permettre des économies substantielles, laisse entendre le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux. « On n’est pas obligé de tenir pour acquis que les coûts du système vont toujours rester ce qu’ils sont, a-t-il répondu. L’exercice de révision des programmes et des manières de faire nous permet de les réduire [les coûts]. Lorsqu’on dit mieux livrer les services à meilleurs coûts, ça fait partie de ça. »

     

    Dans le réseau de la santé, plusieurs étaient sous le choc jeudi, prédisant tous un impact inévitable sur l’accès aux soins. « Je suis indignée ! lance d’emblée Nancy Bédard, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec. Le ministre nous dit qu’il faut encore faire plus avec moins. Ça suffit ! On a déjà fait tout ce qu’on pouvait. »

     

    Elle dénonce « l’inadéquation » entre les exigences du ministre de la Santé, qui demande au réseau d’offrir plus de services, et le discours du ministre des Finances, qui présente « le budget le plus dur des dernières années ».

     

    À l’Association québécoise des établissements de santé (AQESSS), la directrice générale Diane Lavallée est elle aussi pessimiste. « Nous sommes à la veille d’une grande réforme et tout le monde sait qu’il faut injecter de l’argent pour mener ce genre de réforme. Avec un budget sous les coûts du système, il y a un risque de dérapage très grand. Et qui va en payer les frais ? »

     

    Au regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), le directeur général, Pierre Blain, se dit « préoccupé » et assure qu’il va « rester vigilant ». Il se réjouit toutefois de voir « beaucoup de petites mesures ciblées pour les clientèles vulnérables »,de même qu’un investissement de 20 millions en prévention.

     

    Le dernier volet de la grande réforme Barrette est le financement axé sur le patient, ce qui signifie que le financement des établissements de santé ne se fera plus sur une base historique, mais plutôt sur les actes.

     

    Ceci impliquera de moderniser des systèmes d’information pour être en mesure d’arrimer les données entre les différents établissements à travers le Québec et suivre la trajectoire de soins. Ceci nécessitera des investissements de 10, 20 et 40 millions pour les prochaines années.

     

    Au Parti québécois, le porte-parole pour le Conseil du trésor, Alain Therrien, dénonce la façon dont l’enveloppe est répartie. « Sur les 535 millions d’augmentation de dépenses en santé, plus de la moitié, 329 millions, va uniquement à l’augmentation de rémunération des médecins. Que reste-t-il pour l’accessibilité aux soins, pour les patients, les professionnels de la santé ou les soins à domicile ? » La taxe santé sera abolie, mais de façon graduelle à compter de 2017.













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