Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Le contrôle d’Ottawa sur l’immigration fait des Néo-Québécois des fédéralistes, estime Maka Kotto

    21 mars 2015 | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Maka Kotto
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Maka Kotto

    Le député péquiste Maka Kotto n’en démord pas : Pierre Karl Péladeau a raison sur le fond. Les immigrants, plongés à leur arrivée dans la symbolique canadienne, entrent dans le giron fédéraliste. Par contre, l’obstacle pour les souverainistes n’est pas l’immigration, mais le système d’immigration contrôlé par Ottawa.

     

    « Ce ne sont pas les immigrants qui sont en jeu, c’est le système taillé sur mesure pour isoler […] les francophones du Québec », a commenté Maka Kotto lors d’une mêlée de presse vendredi, avant de prendre part à une interpellation de la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, à l’Assemblée nationale.

     

    « Il y a un système qui fait en sorte que, quand on vient de l’étranger, tous les symboles [qu’on] traverse nous inculquent de façon subliminale, je dirais, une notion d’appartenance au Canada, pas au Québec », a souligné le député de Bourget, qui a dit parler de son expérience quand il y a un peu plus de 20 ans il a fait les démarches pour immigrer au Canada. L’immigrant est « loyal » à cette symbolique, d’autant plus qu’il prête serment pour obtenir sa citoyenneté. « Le Québec n’a pas de structure pour répondre à la compétition fédérale. » C’est l’ambassade du Canada qui délivre le visa, les douanes canadiennes qui accueillent l’immigrant, les autorités fédérales qui accordent le statut de résident permanent, a rappelé le Camerounais d’origine.

     

    Ce système, « c’est un obstacle en soi » pour les souverainistes. « Le sentiment d’appartenance, il va être au Canada, pas au Québec. Ça demande beaucoup d’efforts, une volonté pour que des néo-Québécois, des Québécois d’adoption fassent le pas vers le mouvement souverainiste », a fait valoir le député de Bourget. Le débat doit se faire, selon lui.

     

    Lui-même, à son arrivée au Québec, fut « intégré à la sphère fédéraliste ». Il a même milité pour le Parti libéral du Québec. « Ç’a pris cinq ans pour m’amener à voir la complexité de la question nationale », a-t-il relaté. Il a fallu qu’il rencontre Pierre Falardeau qui lui a expliqué la situation du Québec « en faisant des parallèles avec l’Afrique, l’Amérique latine où des gens se sont battus pour leur liberté ».

     

    « Nous ne contrôlons pas notre immigration, avance Maka Kotto. Le Québec joue un rôle mineur dans le processus d’immigration et d’intégration. »

     

    Que le Canada, avec ses symboles, accueille les immigrants à leur arrivée, et non pas le Québec, « c’est quoi le problème ? » a dit Kathleen Weil. « C’est normal, on est dans un pays, le Canada, a-t-elle dit. Ils sont heureux d’être au Canada ; il faut le savoir. »

     

    Ce fut toujours le cas, a-t-elle rappelé. « Je suis fédéraliste. Alors, moi, je ne peux pas vous dire que c’est un problème. »













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.