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    De grandes fondations privées inquiètes

    Les risques de la rigueur budgétaire

    Nous sommes préoccupées par l’accroissement des inégalités sociales, un phénomène qui suscite des appels à la vigilance de la part des organisations économiques les plus crédibles

    11 mars 2015 | Texte collectif* - Les signataires sont les dirigeants de fondations privées. | Québec

    Pour la première fois, des fondations québécoises prennent ensemble la parole pour exprimer leurs préoccupations et témoigner de l’inquiétude ressentie par les personnes, les familles et les communautés qu’elles appuient. Au moment où plusieurs programmes gouvernementaux sont remis en question et où la fiscalité fait l’objet d’un examen en profondeur, nous nous interrogeons sur les impacts possibles de ces changements sur la société.

     

    Nous sommes préoccupés en particulier par leur effet sur les inégalités sociales, un phénomène en hausse à l’échelle mondiale et qui suscite des appels à la vigilance de la part des organisations économiques les plus crédibles et, de plus en plus, de la part de leaders politiques reconnus.

     

    Un critère pour juger des réformes

     

    Nous souhaitons contribuer de façon constructive au débat en invitant le gouvernement du Québec à tenir compte de ces inquiétudes et à bien mesurer l’effet de ses projets de réforme sur les citoyens et sur les communautés.

     

    Il est évidemment nécessaire de gérer les finances publiques de manière responsable. Il est tout aussi important de veiller à ce que les services publics soient efficaces et atteignent leurs objectifs et c’est pourquoi, périodiquement, ceux-ci font l’objet d’une révision.

     

    Tout en gérant de manière responsable les deniers publics, nous invitons le gouvernement à orienter ses choix politiques en fonction des effets sur les inégalités sociales. Nous proposons qu’il adopte comme l’un des critères pour juger du bien-fondé d’une réforme que celle-ci réduise les inégalités, ou à tout le moins qu’elle ne contribue pas à les aggraver.

     

    Une société plus égalitaire : un gain pour tous et toutes

     

    Le Québec est la société la plus égalitaire en Amérique du Nord. Cette situation enviable est le résultat de choix collectifs et constitue un actif notable sur les plans économique et social. Les inégalités nuisent à l’économie, à la société et à la démocratie, les experts du monde entier en ont fait la démonstration. Notre action quotidienne sur le terrain partout au Québec nous permet d’en témoigner.

     

    Lorsque les inégalités augmentent, un fossé se creuse entre les citoyens. Comme les maillons d’une chaîne qui se distendent puis se rompent, les liens entre les membres de la société se brisent. C’est l’ensemble de la collectivité qui en souffre. Les problèmes sociaux s’aggravent et la pression s’accentue sur les services publics et communautaires dont le coût augmente. Tous les citoyens en sortent perdants.

     

    Dans les pays les plus inégalitaires, la criminalité est plus élevée et l’espérance de vie est plus basse qu’ailleurs. En revanche, on trouve parmi les pays les plus prospères et les plus performants sur le plan économique, les pays les plus égalitaires au monde.

     

    Au fil des ans, le Québec s’est doté d’un ensemble de moyens pour réduire les inégalités par la fiscalité, l’éducation, des services de santé et des services sociaux adéquats. Il s’agissait d’investir dans le potentiel de tous afin que chacun puisse être mis à contribution au meilleur de ses capacités. Lorsque chaque personne peut apporter sa contribution, l’économie et la société s’en portent mieux.

     

    Demeurons vigilants

     

    Il est sans doute temps, aujourd’hui, de revoir si les moyens que nous nous sommes donnés sont toujours les plus efficaces. Mais il est une chose que les Québécois ne remettent pas en question, c’est l’objectif d’une société qui donne sa chance à tout le monde. Nous croyons utile de rappeler ce grand consensus québécois illustré entre autres par l’adoption à l’unanimité de l’Assemblée nationale, en 2002, de la Loi sur l’élimination de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

     

    Malgré les efforts, le niveau d’inégalités est plus grand au Québec aujourd’hui qu’il y a 30 ans. Il faut donc demeurer vigilants. Les réformes seront d’autant plus efficaces qu’elles contribueront à la réduction des inégalités. Nous en sortirons tous gagnants, nous en sommes convaincus.

     

    *Ont signé ce texte les dirigeants de la Fondation Béati, la Fondation Berthiaume-Du-Tremblay, la Fondation des YMCA du Québec, la Fondation Dufresne et Gauthier, la Fondation Léa-Roback, la Fondation Lucie et André Chagnon, la fondation de la famille J.W. McConnell, la Fondation Solstice et la Fondation Y des femmes de Montréal.













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