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Dumont accuse les libéraux de berner les citoyens

20 décembre 2003  Québec
Québec - Le Parti libéral de Jean Charest a menti à la population pour se faire élire le 14 avril dernier, selon le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont.

«Le gouvernement nous a menti pour se faire élire», a prétendu M. Dumont, hier, en traçant le bilan de la dernière session parlementaire des huit premiers mois de l'administration Charest.

Il a fait valoir que le Parti libéral s'était engagé, en campagne électorale, à se battre pour défendre la classe moyenne, mais depuis qu'il est aux commandes de l'État, il a fait «exactement le contraire».

Comme l'avait fait la veille le chef de l'opposition, Bernard Landry, M. Dumont a tracé un portrait très sombre des débuts du gouvernement libéral.

En conférence de presse, M. Dumont a carrément accusé M. Charest d'avoir «berné» la population en lui offrant divers «cadeaux de Noël» dont elle aurait bien pu se passer, dont les hausses des tarifs de garderie, d'électricité et du tabac, qui frappent «de plein fouet» la classe moyenne.

«Nous, on a dit la vérité aux gens. Cela a donné les résultats que ça a donnés, mais les libéraux n'ont pas donné l'heure juste avant les élections, puis il y a un paquet de monde qui sont tombés en bas de leur chaise, en voyant l'écart entre les discours électoraux et la réalité après», a-t-il dit.

Pourtant, le gouvernement libéral avait pris des «engagements très précis», a-t-il insisté, quant à la réduction du fardeau fiscal des Québécois, avec un souci particulier pour les gens de la classe moyenne.

Globalement, Mario Dumont reproche à M. Charest de prendre des décisions sans expliquer à la population la finalité de ses gestes, bref de gouverner sans vision politique d'ensemble.

Résultat: un climat de tension s'installe et, les uns après les autres, les gens cessent de croire au gouvernement, selon le chef de l'ADQ. «On a l'impression qu'à part le Conseil du patronat, il n'a plus tellement d'alliés.»

Par ailleurs, M. Dumont dit avoir fini par surmonter la défaite du 14 avril, alors qu'il y a environ un an les sondages indiquaient qu'il avait de bonnes chances de former le prochain gouvernement. Il dit trouver de l'encouragement dans le fait que près d'un Québécois sur cinq a voté pour son parti, qui est «en croissance» d'une élection à l'autre, alors que le Parti québécois décline, selon lui.

«On a un devoir de porter devant l'Assemblée nationale les préoccupations de ces gens-là», a-t-il dit, en reconnaissant, philosophe, que la politique était «une science inexacte».






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