Barrette veut revoir l’encadrement

Gaétan Barrette compte répondre à l’appel de la Corporation des thanatologues du Québec.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Gaétan Barrette compte répondre à l’appel de la Corporation des thanatologues du Québec.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, entend mettre au pas l’industrie funéraire québécoise en révisant « toute la réglementation » entourant le « fonctionnement » des salons funéraires. « Je ne sais pas si “ ressusciter [le projet de loi 83] est un terme approprié pour le sujet, mais, certainement, on pourrait s’y “ réadresser ” de façon spécifique, et on le fera », a-t-il promis.

Le gouvernement libéral pourrait « en temps et lieu » redonner vie au projet de loi 83 déposé par le ministre Yves Bolduc en 2012, mais mort au feuilleton lors du coup d’envoi de la campagne électorale. Au pouvoir durant 18 mois, « [les élus du] Parti québécois, manifestement, ne se sont pas intéressés au sujet », a lancé M. Barrette.

L’élu n’entend pas légiférer « spécifiquement » et « uniquement » sur les rites funéraires, chamboulés par de nouvelles moeurs. « Il y a l’ensemble de l’oeuvre qui manifestement peut poser problème. Il y a eu des épisodes évidemment dans les dernières années qui l’ont démontré. […] On doit surtout s’adresser à toute la réglementation qui entoure cette activité-là », a-t-il affirmé à la sortie du caucus des élus libéraux mercredi.

Le projet de loi 83 prévoyait un nouveau régime juridique applicable aux activités funéraires afin d’assurer la protection de la santé publique, mais également le respect de la dignité des personnes décédées. Il encadrait notamment la disposition des corps réduits en cendres, dont ceux abandonnés dans les salons funéraires, et le transport de cadavres.

Appel à l’aide

La présidente de la Corporation des thanatologues du Québec, Valérie Garneau, a sollicité l’« aide » du ministre Gaétan Barrette afin d’empêcher que « des funérailles ne deviennent [au Québec] un banc d’essai pour tester les limites de la décence humaine ». Elle presse le gouvernement libéral de dépoussiérer la Loi sur les inhumations et les exhumations, adoptée il y a 40 ans, à un moment où les rites de l’Église faisaient foi de tout dans les entreprises de pompes funèbres.

Elles craignent de voir certains acteurs de l’industrie québécoise satisfaire toutes les demandes des familles endeuillées, y compris les plus incongrues, comme celle rapportée par les médias louisianais d’asseoir un défunt dans une chaise, une paire de lunettes soleil sur le bout du nez, en train de simuler une partie de cartes. « [Les acteurs de l’industrie] ont besoin de nouveaux repères que seul [le ministère de la Santé] peut donner », a fait valoir Mme Garneau.

4 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 20 novembre 2014 09 h 52

    Et si le mandat

    de revoir les rites funéraires, d'en faire la liste, de consulter la population, de présenter des recommandations au ministre pour un cadre approprié à notre temps, était offert à l'Ordre des travailleurs sociaux et des consultants conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ) ?

    Cette réalité de l'après-décès comporte tellement d'impacts psyhosociaux. Plus tout cela sera bien fait, respectant les volontés de la personne décédée tout en respectant le cadre sociétal que se sera donné notre société, mieux les deuils se vivront, plus les familles demeureront unies.

    L'après-décès apporte un lot d'intérêts. Des plus nobles souvent aux plus ignobles parfois. Doivent primer les intérêts de la personne décédée et de ses proches.

    Selon moi, le pourcentage des incinérations annuellement est de beaucoup plus que 70 %. Quelqu'un a les chiffres officiels?

    Le temps est venu de revoir collectivement cette loi. Non seulement par les thanatologues mais par tous les organismes concernés.

    Entre temps, continuons de laisser naître davantage au Québec une culture de responsabilisation des personnes en ce qui regarde leur mourir et les suites à leur décès. La dignité passe par le libre-choix et par cette responsabilisation; ainsi que bien des santés.

    Merci monsieur le Ministre de prendre en main ce dossier. Environ 65 000 personnes décèdent annuellement au Québec. Si chaque décès touche en moyenne au-moins 30 personnes, cela veut dire que près de 2 millions de personnes sont touchées. Si l'après-décès se passe «bien et même très bien», bien des santés seront bonifiées, tenant au loin bien des maladies.

    Vive une belle célébration funéraire appropriée et personnalisée pour honorer toute une vie !

  • Sylvain Auclair - Abonné 20 novembre 2014 11 h 56

    Mais attention...

    À ne pas tenir compte QUE des doléances des acteurs de l'industrie. Les clients ont aussi leur mot à dire.

  • Sébastien Vigneault - Inscrit 20 novembre 2014 17 h 19

    Il en mène large

    En quoi ce dossier concerne le ministre de la santé? Donner lui donc l'éducation un coup partit, au moins on serait débarassé de l'incompétent Bolduc!

  • Cyr Guillaume - Inscrit 20 novembre 2014 23 h 08

    Ce n'est peut-être pas une mauvaise idée.

    Puisque celà ne semble pas avoir été fait depuis très longtemps, ce n'est peut-être pas une mauvaise chose, mais je commence à trouver que cet homme à beaucoup trop de pouvoir en ces mains.