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Huit Québécois sur dix profiteront d'une baisse d'impôt, dit Yves Séguin

6 décembre 2003  Québec
Québec — Il y aura environ 80 % des Québécois qui vont bénéficier des baisses d'impôt promises par les libéraux en 2004, a expliqué hier le ministre des Finances, Yves Séguin.

«Environ 80 % des Québécois ont un revenu moyen de 30 000 $. C'est à eux que fondamentalement les baisses d'impôt vont aller», a déclaré le ministre Séguin, tant à l'Assemblée nationale que devant la presse par la suite.

Ces baisses d'impôt devraient atteindre un milliard de dollars, «peut-être plus, ou moins, cela va dépendre de nos résultats financiers de fin d'année», a indiqué le ministre des Finances.

M. Séguin était invité à faire le point sur les engagements budgétaires du gouvernement Charest, engagements qui ont fait l'objet d'interprétations contradictoires au cours des derniers jours.

Il n'y aura pas de baisses pour les gens riches, a précisé le ministre. Qui est riche? «Les 75 000 $, 100 000 $ et plus», a répondu M. Séguin.

Le gouvernement remplira ses engagements d'investir plus dans la santé et dans l'éducation, et il baissera les impôts, comme il s'y est engagé, a promis M. Séguin.

On trouvera l'argent nécessaire ailleurs. Le ministre a donné deux exemples où des fonds pourraient être récupérés:
- les mesures fiscales aux entreprises, qui atteignent plus de quatre milliards de dollars par année, seront revues à la baisse. «J'ai l'intention de faire le ménage là-dedans», a dit M. Séguin;
- un plan de lutte «musclé» contre l'évasion fiscale sera annoncé sous peu. Il visera les riches, la contrebande et l'argent du crime organisé. C'est de 600 millions à un milliard de dollars par année qui pourront être récupérés, croit le ministre.

Le premier ministre Jean Charest a déclaré jeudi que les baisses d'impôt viseront pour 2004 les classes moyennes et les familles avec enfants, et non tous les contribuables. Ceci a amené l'opposition péquiste à soutenir qu'il s'agissait d'une autre remise en question des engagements pris pendant la dernière campagne électorale.

Le chef péquiste, Bernard Landry, est revenu à la charge hier, en soutenant que le gouvernement Charest avait procédé à «un bris de contrat spectaculaire en reniant cet engagement électoral».

Selon M. Landry, plus de 300 000 familles ont subi des hausses d'impôt depuis six mois, notamment par une hausse des tarifs d'électricité, des frais de garde, des primes d'assurance maladie et du coût du transport en commun.

Quant au chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, il a accusé le gouvernement «d'improvisation» en matière fiscale.

«Le ministre des Finances profite du fait que le premier ministre est à l'Île-du-Prince-Édouard pour le ramener à l'ordre. Cela témoigne de l'improvisation du gouvernement», a conclu M. Dumont.






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