Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Lettre

    Hypnose de masse?

    10 septembre 2014 | Dominique Scarfone Montréal, le 8 septembre 2014 | Québec

    Le gouvernement du Québec vient d’ouvrir un site Internet où les citoyens sont invités à faire des suggestions quant aux postes budgétaires où il serait préférable de couper. Un minidébat semble s’être engagé quant à la valeur de cette « consultation », où l’on fait valoir qu’elle n’est pas rigoureuse et que les résultats pourraient être biaisés par le fait que des groupes organisés peuvent « paqueter » la boîte à suggestions virtuelle, dans un sens ou dans l’autre, c’est-à-dire en faveur des choix « de droite » ou alors « de gauche ».

     

    J’ose espérer qu’aucun électeur le moindrement de gauche ne se laissera prendre à ce piège d’hypnotiseur. Le truc est en effet assez connu ; il relève des méthodes qu’utilisait le grand expert américain en hypnose, Milton Erickson. Celui-ci s’était distingué parmi ses pairs pour avoir développé des techniques hypnotiques qui n’ont rien à voir avec les manières auxquelles on s’attend habituellement. Chez lui, pas de pendule qu’on fait osciller devant les yeux en répétant « vous dormez ! ». Erickson obtenait en fait de bien meilleurs résultats par la voie indirecte.

     

    Il y avait dans son cabinet plusieurs fauteuils à la disposition du patient. Lorsque, au cours d’une consultation, venait le temps de passer à l’hypnose, Erickson indiquait la variété de fauteuils et demandait simplement : « Dans quel fauteuil préférez-vous être hypnotisé ? » Le patient, en indiquant son choix de fauteuil, ne remarquait pas qu’il venait aussi d’acquiescer à la suggestion qu’une fois assis il serait en état d’hypnose…

     

    De même, à la question « De quels services voulez-vous qu’on vous prive ? », on peut parier le ministre ne veut pas vraiment savoir notre réponse, qui de toute façon ne saurait être bien informée. Ce qu’il obtient, par contre, est l’acquiescement « hypnotique » à ses mesures d’austérité. Il vaut cependant la peine de remarquer que l’hypnose, dans ce cas, ne supprimera pas la douleur des amputations.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.