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    Yves Bolduc s'excuse... mais le milieu du livre attend des gestes concrets

    27 août 2014 |Mélanie Loisel | Québec

    Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, a finalement présenté ses excuses, mardi matin, en promettant d’exiger que les commissions scolaires rétablissent les budgets des bibliothèques pour l’achat de livres. Après ses déclarations controversées rapportées dans Le Devoir, son mea culpa a été relativement bien accueilli dans le milieu scolaire et celui du livre, mais tous espèrent que le ministre Bolduc passera de la parole aux actes.

     

    « On ne sait pas encore comment il va exiger que les commissions scolaires rétablissent les budgets », note d’emblée Benoît Prieur, de la Table de concertation du livre. « La seule façon pour nous qu’il puisse le faire, c’est de modifier les règles budgétaires et de faire en sorte que cette mesure fasse l’objet d’une reddition de comptes. S’il n’y a pas ce changement, on ne sera pas heureux. »

     

    En fait, M. Prieur soutient que le ministre doit rapidement répondre à quelques questions primordiales : quelles sommes vont être dégagées pour l’achat de livres ? Est-ce qu’il y aura une reddition de comptes pour forcer les commissions scolaires, à la fin de l’année, à démontrer qu’elles ont bien utilisé l’argent pour l’achat de livres ?

     

    Au cabinet du ministre Bolduc, on a confirmé, mardi soir, que le ministre « ferait le nécessaire afin que les commissions scolaires protègent les budgets dédiés à l’achat de livres et reconduisent les 15 millions de dollars qui y étaient consacrés ».

     

    Lors de sa sortie, mardi matin, le ministre Bolduc n’a toutefois donné aucun détail sur ce qu’il compte faire pour s’assurer de maintenir les budgets pour l’achat de livres, alors que les commissions scolaires font face à des compressions budgétaires et que plusieurs d’entre elles ont déjà adopté leur budget pour 2014-2015. Il s’est contenté de dire qu’il va « exiger que les budgets soient protégés », après s’être défendu d’avoir minimisé l’importance de la lecture et de l’achat de nouveaux livres dans les bibliothèques scolaires. « Je suis très malheureux de la déclaration que j’ai faite. Ç’a été une déclaration très malhabile », a-t-il avoué.

     

    Long terme

     

    Malgré ses excuses, le milieu scolaire et l’industrie du livre affirment qu’ils l’auront à l’oeil ces prochaines semaines pour s’assurer que les budgets seront disponibles. « Du développement de collection, ça se fait sur du long terme et, dans les écoles, on développe une bibliothèque scolaire en fonction des exercices pédagogiques des enseignants », a mentionné Marie-Hélène Charest, la présidente de l’Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS).

     

    Son association vient d’ailleurs de faire parvenir un mémoire au ministre Bolduc pour lui brosser un portrait de la situation et pour réclamer la mise sur pied d’un comité de travail afin d’encadrer les bibliothèques scolaires. « Parce qu’on est tanné d’essayer de convaincre, année après année, que c’est important d’investir dans la lecture. Une école sans livres, ce n’est pas une école », rappelle Mme Charest.

     

    Dans le plan d’action de lecture de 2005, le gouvernement s’était engagé à investir 8,3 millions de dollars chaque année, en plus d’exiger obligatoirement 6,4 millions de dollars des commissions scolaires. Ces 15 millions de dollars ont permis aux bibliothèques scolaires de rattraper leur retard.













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