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    Une opération «livres à la poste» cible Bolduc

    Un étudiant souhaite un envoi massif au ministre pour regarnir les bibliothèques scolaires

    26 août 2014 |Mélanie Loisel | Québec
    Sébastien Talbot espère que le ministre Bolduc recevra des milliers de livres par la poste.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Sébastien Talbot espère que le ministre Bolduc recevra des milliers de livres par la poste.

    Quelle lecture recommanderiez-vous au ministre de l’Éducation, Yves Bolduc ? Après ses déclarations controversées rapportées la semaine dernière dans Le Devoir, Sébastien Talbot a senti le besoin d’agir, comme simple citoyen, pour garnir les rayons des bibliothèques scolaires. Et l’idée qu’il a eue est loin d’être compliquée à réaliser : pourquoi chaque citoyen n’enverrait-il pas un livre au ministre Bolduc ?

     

    En tout cas, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) y croit et a déjà décidé d’appuyer cette initiative citoyenne.

     

    « Sa sortie sur les bibliothèques scolaires, je la trouve ridicule, elle n’est pas digne d’un ministre, d’un membre crédible du gouvernement », lance Sébastien, étudiant en danse contemporaine, qui a décidé de lancer sur Facebook le concours : Envoyez un livre au ministre Bolduc, un peu comme l’avait fait l’auteur Yann Martel en envoyant régulièrement un livre au premier ministre Stephen Harper.

     

    « L’objectif est de remplir ses bureaux de livres en espérant que ces livres seront redistribués aux bibliothèques scolaires », poursuit-il avant d’insérer dans une enveloppe les livres Futurs pas possibles d’Isaac Asimov et Danse et santé de Sylvie Fortin.

     

    Cette initiative, qui est officiellement lancée ce mardi, suscite déjà de l’intérêt. La CSN s’est engagée à relayer l’information sur ses réseaux sociaux en plus d’inciter ses organisations affiliées et les fédérations professionnelles à en faire autant. « Souvent, on parle de l’apathie de la population, mais ce n’est pas si vrai que ça. Il faut encourager ce genre d’initiative, et on espère que ça prendra de l’ampleur », indique Louis-Serge Houle, le directeur des communications de la CSN en confiant qu’il aimerait bien envoyer Madame Bolduc : paroles et musiques au ministre de l’Éducation. « La Bolduc était très engagée socialement, elle était près de la population, peut-être que le ministre Bolduc pourrait lui aussi se rapprocher des besoins de la population. »

     

    Des centaines de suggestions

     

    Plus d’une centaine d’internautes ont également fait connaître les titres des livres qu’ils enverront au Cabinet du ministre de l’Éducation à Québec. Certes, il y a déjà sur la Toile des suggestions peu subtiles telles que Les lois fondamentales de la stupidité humaine ou Monsieur Avare, mais certains citoyens ont fait des propositions avec un peu plus de finesse comme le livre pour enfants Les habits neufs de l’empereur. 

     

    « J’ai pensé lui envoyer La part de l’autre d’Éric-Emmanuel Schmitt, qui reflète bien les choix qu’on fait selon notre parcours de vie », confie Marjorie Dunlop Brière. Cette enseignante en danse au primaire et au secondaire croit qu’il est important que chaque citoyen s’engage pour favoriser la lecture chez les enfants. « Avec les technologies, les enfants sont en train de perdre une part de créativité, et la lecture demeure un bon moyen pour activer leur imagination. Mais pour ça, il leur faut des livres motivants », dit-elle.

     

    « Pour ma part, je compte lui envoyer Le bourgeois gentilhomme de Molière. Le personnage principal du livre, Monsieur Jourdain, me fait penser à M. Bolduc. Il va voir tout le monde comme s’il savait tout, mais dans le fond, il ne sait pas de quoi il parle réellement », affirme Antoine Turmine, étudiant à la maîtrise à l’UQAM.

     

    D’ici les deux prochaines semaines, Sébastien Talbot espère que le ministre Bolduc recevra des milliers de livres par la poste. Il souhaite assister à la naissance d’un grand mouvement citoyen pour démontrer au ministre Bolduc à quel point ses propos sur les bibliothèques scolaires étaient inappropriés et qu’il est important d’initier les enfants à une variété de lecture. « Si les bibliothèques n’ont pas un répertoire intéressant, les jeunes vont se retourner sur Internet où ils auront accès à des textes, qui sont la plupart du temps, écrits n’importe comment », signale-t-il.

      

    Couillard critiqué

     

    L’auteur de livres jeunesse Jacques Pasquet trouve aussi qu’il est important de lutter pour l’accès à de la littérature de qualité dans les bibliothèques scolaires. Il a d’ailleurs pris l’initiative d’envoyer une lettre au ministre Bolduc, mais aussi une autre au premier ministre Philippe Couillard. « On tire beaucoup sur le messager dans cette histoire. M. Bolduc a fait une maladresse qui me choque, mais il a été choisi par un premier ministre qui s’en est rapidement lavé les mains, et c’est à lui que revient la responsabilité ultime de choisir des ministres compétents », tient-il à rappeler. Comme il l’indique dans sa lettre à M. Couillard, M. Pasquet trouve que « cette attitude hypocrite est indigne d’un véritable politicien ».

     

    Le Parti québécois a d’ailleurs demandé lundi au premier ministre combien de temps il allait tolérer M. Bolduc dans un poste aussi important. « Le premier ministre est peut-être lui-même embarrassé par son ministre et il a des décisions à prendre. M. Bolduc doit avoir la prestance qu’il faut pour être ministre de l’Éducation et, à mon avis, il ne l’a pas du tout », a mentionné Nicole Léger, la porte-parole du PQ en matière d’éducation primaire et secondaire.

     

    M. Couillard a refusé de commenter cette sortie des péquistes, qui en ont profité pour exiger de nouveau la démission d’Yves Bolduc.













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