Drainville se «prépare» pour la course

Il y pense. Il s’y prépare. L’ex-ministre Bernard Drainville a des vues sur la direction d’un « nouveau » Parti québécois indépendantiste jusqu’à la moelle.

 

« Je n’ai pas l’intention de faire semblant, donc je vous le dis ouvertement : oui, j’y pense et je m’y prépare », indique-t-il dans un billet mis en ligne mercredi soir sur son blogue. Mais le député de Marie-Victorin maintient le suspense sur sa participation à la course à la succession de Pauline Marois. « Ma décision n’est pas encore prise », soutient-il plus de quatre mois après le revers électoral du 7 avril dernier.

 

M. Drainville est cependant drôlement moins hésitant sur l’importance — de premier plan — à attribuer à l’indépendance du Québec dans le programme politique du PQ, et la façon d’y arriver. À ses yeux, le « point de départ » du « plan de match » du PQ doit être identique à son « point d’arrivée », c’est-à-dire la question d’un éventuel troisième référendum sur l’indépendance du Québec.

 

L’homme politique, ragaillardi par un séjour dans une Écosse en pleine campagne référendaire, pousse l’audace jusqu’à suggérer le libellé de la question à soumettre aux Québécois : « Voulez-vous que le Québec demeure une province du Canada [ou] devienne un pays indépendant ? » Un « grand moment démocratique » expliqué en une question de 13 mots.

 

M. Drainville invite les militants du PQ à y répondre sans tarder afin de convaincre une majorité de Québécois d’« embarquer avec [eux] ». « C’est là notre tâche principale des prochaines années et, peut-être même, de la prochaine décennie », fait valoir l’élu de l’opposition officielle. « Au-delà de la tentative pathétique de [l’ex-ministre fédéral de l’unité canadienne] Stéphane Dion de tout ramener à son absurde loi fédérale sur la clarté, ce qui doit nous intéresser, c’est de jeter les bases intellectuelles de ce plan pour réaliser l’indépendance », insiste-t-il.

 

Le député péquiste encourage les sympathisants de la cause indépendantistes à « ignorer » les « provincialistes », qui « vont [les] taxer de “déconnectés” » ou, encore mieux, à leur répondre coup pour coup, en les forçant à défendre le maintien du Québec, « une province comme les autres », au sein du Canada. « Face à nous, il y a ceux et celles qui défendent le maintien du statu quo pour le Québec, ceux et celles qui voudraient qu’on se contente de subir ces décisions sans réagir, ceux et celles qui souhaitent que le Québec demeure un sujet de la Couronne britannique. Bref, il y a ceux et celles qui souhaitent que le Québec demeure une province canadienne soumise aux décisions d’Ottawa, soumise aux décisions d’une autre nation. Des provincialistes », écrit M. Drainville sur son site Web. Près de 20 ans après le dernier référendum, « le fardeau de la preuve incombe aussi aux provincialistes ». « Franchement, il me semble beaucoup plus lourd à porter que le nôtre », juge-t-il.

 

L’ancien ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques presse son parti politique à « définir clairement » où il se range concernant l’avenir du Québec dans la fédération canadienne, à défaut de quoi les candidats du PQ seront appelés jour après jour à le faire durant la prochaine campagne électorale, vraisemblablement en 2018. « Si nous voulons être entendus des Québécois sur tous les autres enjeux, réglons d’abord la question fondamentale de notre raison d’être comme parti », écrit-il.

  

Exit le PQ souverainiste

 

Bernard Drainville demande à ses confrères et consoeurs de « s’assumer pleinement comme indépendantistes », puis tant qu’à y être à rejeter l’étiquette de « souverainistes ». Celle-ci laisse paraître « une timidité qui n’a plus sa raison d’être », est-il d’avis. « Notre objectif, c’est que le Québec prenne lui-même ses propres décisions, donc qu’il devienne un pays indépendant. »

 

L’ancien journaliste exhorte également les indépendantistes ayant trouvé refuge dans une autre formation politique au fil des dernières années à serrer les coudes autour d’un « nouveau PQ »« en phase avec [son] époque » et « carbur[ant de nouveau] à la fierté », quitte à ce qu’ils « brassent la cabane » d’ici au prochain rendez-vous électoral.

 

Le PQ est à l’heure des décisions : il désignera un nouveau chef et élaborera un nouveau programme politique. L’« occasion ne sera jamais aussi belle » pour le « renouveler », et le doter d’« un plan de longue haleine » pour réaliser l’indépendance du Québec.

Je n’ai pas l’intention de faire semblant : oui, j’y pense

83 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 14 août 2014 01 h 02

    La voie est libre...

    J'ai une grande admiration pour l'homme politique que vous êtes. Votre mandat de ministre, que vous avez rempli avec une rare maestria, me donne confiance, en tant que citoyen, que vous poursuivrez dans le sillon tracé, soit l'intégrité dans vos engagements. À ce titre, et selon mon humble opinion, je n'ai aucun doute que vous ferez un excellent chef de parti, un excellent premier ministre, car, d'ores et déjà, vous possédez les attributs et la stature d'un chef d'État.

    • Michel Richard - Inscrit 14 août 2014 09 h 26

      "rare maestria" ? il n'a rien accompli ! Son projet phare, la fameuse charte n'est jamais devenue loi. À part, ça, je n'ai pas souvenir de quelqu'accomplissement que ce soit.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 14 août 2014 18 h 24

      UNE QUESTION IMPARTIALE ?
      La question "de demeurer une province (comme les autres)" telle que développée dans le texte est plutôt tendancieuse. Premièrement, en ce qui concerne nos frontières, notre immense territoire et les avantages économiques, tel que la péréquation ; la province de Québec profite bien de faire parti du Canada, un pays en santé à tout points de vue. Deuxièmement, le Québec est différent des autres provinces, entre autres, pour sa culture dont la langue officielle française, ce qui en fait le vaisseau amiral pour le reste du Canada français (acadiens et autres franco-provinciaux) et le tout est devenu la vie quotidienne de nos élites (sport, artistes, etc.) et politiciens partout à travers le Canada et surtout déjà reconnu, en tant que nation, par la Cour Suprême et le parlement du Canada. Ce deuxième point requiert bien sûr l'oeuvre de la majorité de québécois qui ne veut pas reculer sur ces précieux acquis mais aller en chercher davantage, plutôt que de gaspiller nos énergies dans le même rêve utopique de souveraineté ou d'indépendance.

    • Gilles Charbonneau - Inscrit 14 août 2014 18 h 39

      Tout ce qu’il a fait c’est de diviser les Québécois avec des projets de loi controversés et qui ont été décriés par tout ce qui bouge.

      Là, il nous arrive avec un discours ou il veut changer (encore une fois) l’appellation du projet souverainiste, tout en l’entourant (encore une fois) d’une couche de brume afin d’essayer (encore une fois) de jeter de la poudre aux yeux des Québécois!

      Plus ça change, plus c’est la même chose avec le PQ, toujours de mauvais tours dans le but d’essayer de vendre un projet dont personne (sauf eux) ne veut!

    • Louka Paradis - Inscrit 14 août 2014 21 h 18

      M. Charbonneau, c'est bien connu, «quand on veut se débarrasser de son chien, on l'accuse d'avoir la rage.» Le projet de Loi 60 avait la faveur d'au moins 70 % de la population et trois partis sur quatre en appyait le contenu à 90%. Quant aux termes, c'est toujours bon de préciser leur sens et leurs connotations : cela n'est pas négatif a priori ; pourquoi toujours prêter de mauvaises intentions à ceux qui ne pensent pas comme soi ?

    • Pascal Normandin - Inscrit 15 août 2014 10 h 35

      Comme preuve de détermination, de clarté de vision, d'un renouveau par une approche confiante, résolue, battante, du "Nouveau PQ", Bernard Drainville nous annonce qu'il... "pense" à... "peut être" se porter candidat à la chefferie...

      :)

      Elle est vraiment très bonne

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 16 août 2014 14 h 05

      Bernard Drainville s'appuie lourdement sur le mécanisme Écosse-GB en le glorifiant..

      Qu'arrivera-t-il le 18 septembre si le référendum n'aboutit pa à l'indépendance?

      Comment extrapoler à partir de conditions tellement différentes? L'Écosse a bon espoir de pouvoir se rattacher à lUE malgré que l'Angleterre possède un véto..

      À quoi veut se rattacher le QC?

  • Cyr Guillaume - Inscrit 14 août 2014 02 h 59

    Bravo M.Drainville

    Chapeau M.Drainville. Fini les souverainistes, et vive les Indépendantistes pleinement assumés!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 14 août 2014 05 h 26

    Pourquoi pas ? … !

    « Voulez-vous que le Québec demeure une province du Canada [ou] devienne un pays indépendant ? » (Bernard Drainville, député, PQ)

    Que répondre ?

    Si oui ou non, peut-être que non ou oui ?

    Si on veut, on peut ?

    Pourquoi pas ? … ! - 14 août 2014 -

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 14 août 2014 10 h 39

      La question devrait se lire:

      « Voulez-vous que le Québec cesse d'être une province du Canada et devienne un pays indépendant ? »

    • Gilles Charbonneau - Inscrit 14 août 2014 18 h 43

      Une question claire, du genre de celle de l'Écosse.

      Est-ce que le Québec devrait devenir un pays indépendant?

      Clair et précis, sans ambiguité!

  • Florence Péloquin - Abonnée 14 août 2014 05 h 26

    "Un plan de longue haleine ...."

    Devrait-on parler de "calendes péquistes" ?

  • Sol Wandelmaier - Inscrite 14 août 2014 05 h 45

    M.Drainville symbolise l'échec du PQ...

    ...aux élections d'avril 2014...En charge de la Charte, il n'a pas montré de flexibilité pour amener à son bord la CAQ, par exemple...

    M. Drainville cristallise la pire déconfiture du PQ..Comment espère-t-il faire oublier ce fait?

    Ce n'est pas en changeant les termes: indépendance au lieu de souveraineté qu'il va convaincre ceux qui ont dit: NON le 07 avril...

    Bernard Drainville devrait comprendre que la rhétorique n'est plus suffisante pour obtenir la majorité désirée. Couillard a gagné en parlant d'économie...Mais, l'économie est le talon d'Achille du PQ..

    Il sera très interessant de voir quelle pirouette permettra au PQ de renaitre!

    • Benoit Toupin - Abonné 14 août 2014 09 h 58

      Trouvez-vous vraiment que l'économie va mieux sous les libéraux? Il ne suffit pas de le dire, faudrait surtout que cela se voit. Le PQ n'a rien à envier au PLQ en ce qui à trait à l'économie, bien au contraire.

    • Jacques Pruneau - Inscrit 14 août 2014 10 h 07

      Couillard a gagné parce que les Québécois, surtout anglophones de l'Ouest de Montréal, ont encore eu peur. Couillard en bon élève de Charest, a menti sur une histoire de lutte entre un referendum et les "vraies affaires!" Et beaucoup sont tombés dans le Liberal panneau.
      Au sujet de l'économie qui est la branche forte de ce Parti, il faut se rappeler de la Commission Charbonneau, de Bolduc franc-comme l'or et de bien d'autres dont je ne ferai l'étalage car les gens savent.
      Comme une bonne Libérale, vous mélangez une élection le 7 avril avec un referendum. Celui de 1995 nous a été volé par les fédérastes, on ne fera pas toujours la même gaffe!
      Au fait, vous vous souvenez du % total pour faire ce Gouvernement majoritaire? Assez aberrant.
      Vivement l'Indépendance du Québec. Nous sommes écoeurés d'entendre parler des "vraies affaires" alors que nous savons que les décisions se prennent ailleurs.
      Jacques Pruneau.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 14 août 2014 11 h 54

      L'ouverture envers la CAQ a été bloquée par Mme Marois et non B. Drainville.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 14 août 2014 14 h 00

      @Mr Francoeur, Pruneau et Toupin...Tous les trois repondez à côté du sujet...
      -!- Est-ce que M. Drainville sera le sauveur du PQ?
      -2- Le dossier "Économie" concerne, non pas les fluctuations du moment, mais ce que vous présenterez comme avantages économiques aux québécois pour vouloir se séparer..
      -3- La corruption-collusion n'a pas touché seulement le PLQ- Rappelez-vous du couple Marois-Blanchet..On n'a pas été au fond de ce sujet..
      -4- Le défi, pour le PQ sera de se réinventer pour réussir ce à quoi il n'a pas réussi en 40 ans.

      Qui vivra, verra!

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 14 août 2014 16 h 44

      Madame Wandermaier,

      Je souhaite vivement que M. Drainville fasse renaître le sphynx de ses cendres. Tout le monde la sait, un Québec souverain est plus que viable économiquement. La corruption dont les libéraux ont affligé le Québec n'est nullement comparable à ce qui a pu (ce n'est pas prouvé) se produire au PQ. Tout le monde sait que le PLQ a ou a voulu salir le PQ en le mettant dans la même boîte "Après moi le déluge" vous connaissez ? Le PQ a passé très près de la victoire en 40 ans. Si vous avez lu Philpot et Lester, vous connaissez les dessous de ces tristes affaires. Le balancier va revenir un jour ou l'autre.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 15 août 2014 21 h 52

      M. Francoeur..La façon de convaincre que le QC serait viable économiquement serait de présenter le budget de l'an UN à la population. Tout le reste consiste à demander un chèque en blanc...

      Le QC est viable comme pays, sans aucun doute. La question est de savoir à quel niveau de standard de vie..avec une dette écrasante dont le service est cautionné indirectement par le Canada..avec des programmes sociaux ne pouvant pas être maintenus au niveau actuel. Et avec une monaie gérée par un pays étrangé..

      Le temps est passé des paroles creuses, des concepts vagues et de réthorique partisanne..