Québec coupe malgré l’augmentation des transferts fédéraux

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Les organismes qui se chargent de l’intégration des immigrants s’insurgent contre les coupes imposées au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) alors qu’augmentent les sommes versées au Québec par le gouvernement fédéral, qui paie la note.

 

« C’est la première fois que le gouvernement coupe dans le programme d’intégration. On n’a jamais vu ça », a déploré Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

 

La ministre Kathleen Weil a révélé, mercredi, que le gouvernement imposait une coupe de 4,7 millions au MIDI pour l’année en cours, dont 3 millions visent les services de francisation et d’intégration.

 

320 millions

 

Or, alors que Québec réduit ses dépenses en immigration, Ottawa, qui paie la presque totalité des coûts, continue année après année d’augmenter ses transferts, a fait remarquer Stephan Reichhold. Ainsi, en 2012-2013, le gouvernement fédéral a versé 284,5 millions à Québec pour l’immigration ; cette somme s’est élevée à 320 millions l’année suivante, soit 35 millions de plus, un montant qui sera reconduit cette année, selon les prévisions du ministère. « Où va cet argent ? », s’est demandé le directeur.

 

Kathleen Weil a expliqué que le Québec accueille moins de réfugiés, ce qui diminue les frais. Or, s’il est vrai que le nombre de réfugiés que le Québec a accueillis a diminué de 1700 à 1000 l’an dernier, il augmentera à 1600 cette année, a signalé M. Reichhold.

 

La ministre a indiqué que Québec engage des dépenses de 325 millions pour l’immigration, soit 5 millions de plus que ce que débourse Ottawa. Son ministère dispose d’un budget de 160 millions, mais il verse une compensation de quelque 165 millions pour des dépenses en emploi et solidarité, en éducation et en santé aux trois ministères concernés.

 

Ces transferts sont « opaques » et on ne sait précisément sur quels critères ils sont faits, estime le directeur de la TCRI. On ne sait pas avec certitude si la totalité des sommes versées par Ottawa pour l’immigration sert à cette fin, juge-t-il. Surtout, certains besoins ne sont toujours pas comblés ; par exemple, aucun programme ne vise les réfugiés analphabètes en particulier, a-t-il noté.