Une facture de 500 $ pour rencontrer Jean Charest

Des révélations sur le financement au PLQ ont été faites à la commission Charbonneau vendredi. En 2009, le parti de l’ancien premier ministre Jean Charest aurait facturé 500 $ par personne aux gens d’affaires pour rencontrer le politicien.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Des révélations sur le financement au PLQ ont été faites à la commission Charbonneau vendredi. En 2009, le parti de l’ancien premier ministre Jean Charest aurait facturé 500 $ par personne aux gens d’affaires pour rencontrer le politicien.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) aurait facturé 500 $ par tête pour permettre aux gens d’affaires de rencontrer le premier ministre Jean Charest en tête à tête, lors de l’inauguration du Musée de la Gaspésie, en 2009 à Gaspé.

 

C’est du moins ce qui ressort des correspondances internes de Roche, présentées en preuve vendredi à la commission Charbonneau, en lien avec le témoignage d’un ex-ingénieur de la firme (le témoin « A », rebaptisé « Jean Gagnon » par la commission).

 

Claude Lescelleur, qui s’est suicidé récemment, écrit la note suivante à André Côté, un vice-président de Roche : « Les gens du Parti libéral viennent de me téléphoner pour me dire qu’il y aura des rencontres privées avec [le] premier ministre. […] Pour les gens intéressés, le coût de cette rencontre est de 500 $ par personne. »

 

Le témoin « Gagnon » a aussi donné quelques exemples de pratiques discutables au PQ. En octobre 2008, un organisateur péquiste, Yvon Careau, a sollicité le président de Roche, Mario Martel, pour un souper gastronomique avec Pauline Marois, candidate dans Charlevoix.

 

Il lui a envoyé des bons de commande pour des billets (à 1000 $ l’unité) à son bureau de Roche. Le document précise que les dons doivent être faits par chèques personnels pour respecter la Loi électorale.

 

« Nous sommes d’ores et déjà convaincus que Mme Marois portera une oreille attentive à vos suggestions et préoccupations en cette soirée »,précise Yvon Carreau dans sa lettre de sollicitation.

 

Le témoin fait peu de distinctions entre les modes de financement des deux principaux partis. « Autant au PQ qu’au PLQ, tout ça était connu et dans les moeurs de l’époque », a-t-il répété.

 

La veille, M. « Gagnon » a aussi reproché à l’ex-chef de l’ADQ, Mario Dumont, d’avoir sollicité 100 000 $ de la firme. Le témoin anonyme complétera son témoignage lundi prochain.

 

Le financement illégal des partis politiques est « tombé dans la démesure » à partir du moment où Québec a offert des crédits d’impôt pour les contributions des particuliers, selon le témoin mystère.

 

Prête-noms

 

Les firmes de génie-conseil n’éprouvaient aucun mal à recruter des prête-noms pour justifier leurs dons. Ils leur demandaient de faire un chèque personnel de 400 $, ils les remboursaient en argent comptant sur-le-champ. Et les prête-noms recevaient à la fin de l’année fiscale « un cadeau » de 300 $ dans leur déclaration de revenus (soit la déduction fiscale pour le don de 400 $). « C’était très facile [de recruter des donateurs]. C’est un cadeau qu’on faisait aux gens », a dit le témoin anonyme, qui a travaillé chez BPR et chez Roche.

 

Le PQ, le PLQ et même l’ADQ sollicitaient directement les firmes de génie-conseil pour atteindre leurs objectifs de financement, a dit le témoin.

 

Il a réussi à établir un lien clair entre les contributions politiques de Roche et la capacité de la firme d’obtenir l’écoute des cabinets ministériels et d’influencer des décisions politiques en matière de contrats municipaux.

 

Roche a notamment pu utiliser les contacts de Marc-Yvan Côté auprès de Bruno Lortie, chef de cabinet de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, pour contourner les avis défavorables des fonctionnaires pour un contrat d’infrastructures en eau à Cloridorme. M. Lortie a tranché au nom de la ministre, en faveur de Roche. « On sentait que les fonctionnaires avaient un couteau sur la gorge », a dit le témoin.

Le fils à papa

L’actuel député de Gaspé et critique du PQ en affaires municipales, Gaétan Lelièvre, aurait intercédé pour que Roche embauche son fils ingénieur, alors qu’il était directeur général de la Ville de Gaspé. Roche n’a pas hésité longtemps avant de trouver un poste au fils du plus haut fonctionnaire municipal de la ville. « Ce sera payant pour nous à court comme à long terme. C’est comme donner ça à Gaétan… mais indirectement », écrit un employé de Roche au témoin anonyme, dans un courriel. Ce genre de petites attentions faisait aussi partie du modèle d’affaires de Roche, une firme très présente sur le marché des contrats municipaux, dans l’est du Québec.

Le fils à papa

 

L’actuel député de Gaspé et critique du PQ en affaires municipales, Gaétan Lelièvre, aurait intercédé pour que Roche embauche son fils ingénieur, alors qu’il était directeur général de la Ville de Gaspé. Roche n’a pas hésité longtemps avant de trouver un poste au fils du plus haut fonctionnaire municipal de la ville. « Ce sera payant pour nous à court comme à long terme. C’est comme donner ça à Gaétan… mais indirectement », écrit un employé de Roche au témoin anonyme, dans un courriel. Ce genre de petites attentions faisait aussi partie du modèle d’affaires de Roche, une firme très présente sur le marché des contrats municipaux, dans l’est du Québec.

Brian Myles
3 commentaires
  • Denis Miron - Inscrit 14 juin 2014 07 h 12

    Allez Lola, remets du rimmel à tes cils


    Comme le démontre si bien Garnotte, l’ex-premier ministre Jean Charest a fait, cette semaine, l’envie des prostituées . On comprend mieux maintenant comment sous son règne, la gestion politique du Québec avait parfois souvent des allures de bordels.Il fallait parfois aller se refaire une beauté , se faire maquiller d’honneur en France en recevant les insignes de commandeur dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Tous les prostituées savent très bien que pour faire ce métier, il n’y a pas plus important que l’apparence pour séduire la clientèle.
    Le PLQ a tenté d’élever Jean Charest au niveau des grands batisseurs qu’ont été les Adélard Godbout, Jean Lesage et Robert Bourassa. Alors, s’il faut vraiment lui accordé ce titre, donnons lui le titre de grand batisseur de l’état-bordel, maintenant que le mascara s’estompe tout en beurant le tour de ses yeux…allez Lola, remet du rimmel à tes cils.
    On comprend pourquoi il aura vraiment tout tenté pour éviter d’avoir à mettre en place une commission d’enquête.
    «Est-ce ainsi que les hommes vivent et leurs baisers au loin les suivent» Aragon

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 16 juin 2014 07 h 21

    Bâtisseur Charest !

    Oui, bâtisseur d'un état boulversé et ténébreux.

  • Guy Desjardins - Inscrit 16 juin 2014 08 h 18

    Je crois que le Parti Libéral...

    Pour un an il pourra siéger. Et après une demande collective à une démission de ce Parti pour qui les Québécois(es) ont voté sans connaîtrent tous les magouilles des Libéraux et Péquistes. C'est un cadeau que la population vient de leur faire. Si les québécois(es) votent encore pour eux il faudra se plier à la décision et on vivra avec. La Commission Charbonneau a arrêter ses travaux durant les élections et je me demande encore qui en a fait la demande express, ce qui a eu pour but de ne pas avoir voter en connaissance de cause. Nous avons un Parti au pouvoir par défaut. Il n'est cependant pas normal de cacher à la population le droit au savoir et à la vérité. Ce n'est pas rien à ce que l'on a entendu du témoin A. Actuellement si on se fi aux dires, beaucoup de députés siègent encore au Parlement et ont été cité par des témoignages accablants. Cependant ils ont droit à une défense mais si ils sont reconnu coupable...Il devrait y avoir une petite gène pour ces personnes, mais j'en doûte car... "J'men rappelle pas et je n'ai rienvu".