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    Commission Charbonneau

    Une facture de 500 $ pour rencontrer Jean Charest

    14 juin 2014 |Brian Myles | Québec
    Des révélations sur le financement au PLQ ont été faites à la commission Charbonneau vendredi. En 2009, le parti de l’ancien premier ministre Jean Charest aurait facturé 500 $ par personne aux gens d’affaires pour rencontrer le politicien.
    Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Des révélations sur le financement au PLQ ont été faites à la commission Charbonneau vendredi. En 2009, le parti de l’ancien premier ministre Jean Charest aurait facturé 500 $ par personne aux gens d’affaires pour rencontrer le politicien.
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    la commission Charbonneau

    Les principaux témoignages

    Le Parti libéral du Québec (PLQ) aurait facturé 500 $ par tête pour permettre aux gens d’affaires de rencontrer le premier ministre Jean Charest en tête à tête, lors de l’inauguration du Musée de la Gaspésie, en 2009 à Gaspé.

     

    C’est du moins ce qui ressort des correspondances internes de Roche, présentées en preuve vendredi à la commission Charbonneau, en lien avec le témoignage d’un ex-ingénieur de la firme (le témoin « A », rebaptisé « Jean Gagnon » par la commission).

     

    Claude Lescelleur, qui s’est suicidé récemment, écrit la note suivante à André Côté, un vice-président de Roche : « Les gens du Parti libéral viennent de me téléphoner pour me dire qu’il y aura des rencontres privées avec [le] premier ministre. […] Pour les gens intéressés, le coût de cette rencontre est de 500 $ par personne. »

     

    Le témoin « Gagnon » a aussi donné quelques exemples de pratiques discutables au PQ. En octobre 2008, un organisateur péquiste, Yvon Careau, a sollicité le président de Roche, Mario Martel, pour un souper gastronomique avec Pauline Marois, candidate dans Charlevoix.

     

    Il lui a envoyé des bons de commande pour des billets (à 1000 $ l’unité) à son bureau de Roche. Le document précise que les dons doivent être faits par chèques personnels pour respecter la Loi électorale.

     

    « Nous sommes d’ores et déjà convaincus que Mme Marois portera une oreille attentive à vos suggestions et préoccupations en cette soirée »,précise Yvon Carreau dans sa lettre de sollicitation.

     

    Le témoin fait peu de distinctions entre les modes de financement des deux principaux partis. « Autant au PQ qu’au PLQ, tout ça était connu et dans les moeurs de l’époque », a-t-il répété.

     

    La veille, M. « Gagnon » a aussi reproché à l’ex-chef de l’ADQ, Mario Dumont, d’avoir sollicité 100 000 $ de la firme. Le témoin anonyme complétera son témoignage lundi prochain.

     

    Le financement illégal des partis politiques est « tombé dans la démesure » à partir du moment où Québec a offert des crédits d’impôt pour les contributions des particuliers, selon le témoin mystère.

     

    Prête-noms

     

    Les firmes de génie-conseil n’éprouvaient aucun mal à recruter des prête-noms pour justifier leurs dons. Ils leur demandaient de faire un chèque personnel de 400 $, ils les remboursaient en argent comptant sur-le-champ. Et les prête-noms recevaient à la fin de l’année fiscale « un cadeau » de 300 $ dans leur déclaration de revenus (soit la déduction fiscale pour le don de 400 $). « C’était très facile [de recruter des donateurs]. C’est un cadeau qu’on faisait aux gens », a dit le témoin anonyme, qui a travaillé chez BPR et chez Roche.

     

    Le PQ, le PLQ et même l’ADQ sollicitaient directement les firmes de génie-conseil pour atteindre leurs objectifs de financement, a dit le témoin.

     

    Il a réussi à établir un lien clair entre les contributions politiques de Roche et la capacité de la firme d’obtenir l’écoute des cabinets ministériels et d’influencer des décisions politiques en matière de contrats municipaux.

     

    Roche a notamment pu utiliser les contacts de Marc-Yvan Côté auprès de Bruno Lortie, chef de cabinet de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, pour contourner les avis défavorables des fonctionnaires pour un contrat d’infrastructures en eau à Cloridorme. M. Lortie a tranché au nom de la ministre, en faveur de Roche. « On sentait que les fonctionnaires avaient un couteau sur la gorge », a dit le témoin.













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