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    Le PQ est-il devenu «ringard»?

    Avec la charte, on a laissé s’amalgamer religion et immigration, permettant certaines expressions d’ignorance, de fausses craintes et de peur de l’étranger

    7 juin 2014 | Pierre Céré - Candidat du Parti québécois dans Laurier-Dorion aux dernières élections | Québec

    Si les chiffres parlent, ils peuvent aussi hurler : le Parti québécois a fait un score de 25 % aux dernières élections, plancher historique depuis 1970. Chez les 18-25 ans, le PQ était en quatrième position. À Montréal, le vote s’est effondré. Normalement, quand on veut connaître les grandes tendances qui s’affirmeront au cours des prochaines années, on regarde du côté de la jeunesse. Inquiétude…

     

    Si des élections avaient lieu aujourd’hui, les résultats seraient encore pires, le PQ glisserait au 4e rang… chez les 18-45 ans ! Parmi les gens que j’ai rencontrés au cours des dernières semaines, certains ont exprimé l’idée que le PQ n’est plus en phase avec la société, ni avec sa jeunesse, encore moins avec les idées émergentes ; que, trop drapé dans le passéisme, il a manqué son passage à la modernité. Se pourrait-il qu’il y ait du vrai là-dedans et qu’un danger de ringardisation le guette ?

     

    Faire le bilan devient un exercice incontournable. Le bilan d’une campagne et de ses stratégies, bien sûr, mais aussi l’examen des tendances lourdes qui semblent s’installer depuis quelques années.

     

    En voici quelques éléments. Plusieurs, nous avons eu ce sentiment que la campagne du PQ n’avait été menée qu’au seul gré de sondages et moins par des convictions s’inscrivant dans un projet de société. Si on parle de la charte — il faut bien le faire —, s’il s’agissait d’une réponse somme toute normale aux intrusions du religieux dans l’espace public, il devenait inconvenant qu’on laisse s’amalgamer religion et immigration, permettant certaines expressions d’ignorance, de fausses craintes et de peur de l’étranger. Les communautés immigrantes se sont senties ostracisées. Il fallait engager un dialogue ; cela n’a pas été fait. Il fallait trouver un point de rencontre entre toutes ces forces qui s’exprimaient, apporter certaines modifications, celle proposée par Guy Rocher par exemple. Somme toute, il fallait régler cette question avant de déclencher des élections. Cela n’a pas été fait. Nous aimons ce « travaillons ensemble ». Nous ne l’avons pas fait. Il y a là une leçon.

     

    Il y a eu un indéniable effet PKP : l’effet-surprise sinon ahurissant du poing dans les airs, la confusion des communications par la suite et aussi, ne l’oublions jamais, la réaction épidermique des milieux syndicaux. Ce qui devait nous renforcer nous a paradoxalement affaiblis. Ce qui aurait dû être rassemblement a débouché sur un manque de cohésion.

     

    Le PQ ne peut se permettre de faire de la politique comme les autres, il y trahit son âme. Il doit redevenir le parti de ses militants où l’espace de discussion et de débat est décloisonné. Celui de la sincérité parce qu’habité par le feu sacré, celui du pays, celui du changement, celui du peuple.

     

    Il faut mobiliser l’espoir, redonner confiance en nos institutions, démontrer l’importance de notre modèle social et comment on peut continuer à le développer. Il faut répondre aux chevaliers de l’apocalypse avec la force innovatrice qui caractérise notre société et notre parti, il faut faire acte d’écoute et de pédagogie, le faire sans cesse et inlassablement, comme une oeuvre toujours inachevée, toujours perfectible, le faire dans le doute, avec passion, mais foncer !

     

    Notre destin comme nation doit s’accomplir. Cette question est intrinsèquement liée à ce que nous sommes. Force est de constater que l’approche mise en place par le Parti québécois depuis un certain nombre d’années n’a plus l’écoute. Il faut remuer tout cela, s’inscrire dans une démarche de reconstruction, chercher à rebâtir de nouvelles majorités. Les idées ne manquent pas.

     

    Nous sommes sociaux-démocrates : nous sommes le seul parti au Québec à l’être. Nous sommes souverainistes ; nous incarnons l’instrument de ce grand projet historique. Nous demeurons mobilisés. Voilà qui devrait nous vivifier.













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