«Nous ne reculerons pas», jure Couillard

Philippe Couillard a été applaudi par ses collègues libéraux lors de son discours.
Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard Philippe Couillard a été applaudi par ses collègues libéraux lors de son discours.

Québec — Dans son discours d’ouverture de la 41e législature, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé son inébranlable détermination à accomplir dans l’urgence ce que Lucien Bouchard ou encore Jean Charest n’ont pu faire : réformer en profondeur l’État québécois pour venir à bout de ses problèmes structurels.

 

« Nous ne reculerons pas devant l’ampleur de la tâche », a déclaré Philippe Couillard dans un discours qui a duré un peu plus d’une heure à l’Assemblée nationale. « Il faut agir de façon ferme, décisive. Nous le ferons. »

 

« Nous entrons en fonction au moment où sonne l’heure des choix », a soutenu le premier ministre. « Nous avons débattu de mesures ponctuellessous un gouvernement ou un autre. Mais les vraies réformes ont été repoussées. Parce que ce Parlement était divisé. Ce qui aurait été souhaitable il y a 15 ans, ce qui aurait été nécessaire il y a 10 ans devient aujourd’hui une urgence. »

 

Réforme de la fiscalité

 

L’exercice doit dépasser le seul objectif à court terme d’équilibrer, par des coupes, le budget de l’État. « Nous effectuons présentement des compressions pour contenir le déficit. Il faut se sortir de ces contorsions de plus en plus pénibles. » Le Québec est aux prises avec un « déséquilibre structurel » qui représente, à ses yeux, « la plus grande menace à notre liberté de choix ». Il a promis « un Québec prospère, juste et libre de ses choix », cette dernière expression provenant de Robert Bourassa qui, lui, parlait de ses choix quant à l’avenir politique, et non pas simplement de choix budgétaires.

 

« Nous avons tendu au maximum les élastiques de l’endettement et de la fiscalité, a soutenu le premier ministre. Il faut augmenter la colonne des revenus, non pas en imposant davantage, mais en créant plus de prospérité, tout en ramenant nos dépenses au niveau de nos moyens réels. »

 

L’heure est aux compressions, mais les vraies réformes viendront l’an prochain avec les recommandations que rendra publiques la Commission sur la réforme de la fiscalité et la Commission permanente de révision des programmes de l’État.

 

Philippe Couillard a prévenu que cette révision des programmes ne fera pas l’unanimité. « Des voix s’élèveront au nom de la protection des acquis, a-t-il prédit. Dans ce genre d’action, les consensus sont difficiles. Le gouvernement écoutera les divers points de vue, mais agira de façon nette et décisive. »

 

La Commission sur la réforme de la fiscalité reverra tant le régime fiscal des particuliers que celui des entreprises. Si l’objectif consiste à réduire le fardeau fiscal, « particulièrement celui des familles de la classe moyenne », les hausses de tarifs ne sont pas exclues. « Nous rechercherons le meilleur équilibre entre l’impôt sur le revenu, la taxation et la tarification », a-t-il dit.

 

Le développement du réseau des services de garde sera poursuivi, mais seules les familles de la classe moyenne ou à bas revenus seront « à l’abri d’un choc tarifaire ». Les familles mieux nanties pourraient toutefois payer plus cher, a-t-il évoqué plus tard sur les ondes de TVA.

 

En matière de fiscalité des entreprises, Philippe Couillard a annoncé que l’aide aux entreprises sera revue. « Les sommes importantes qui y sont consacrées ne donnent pas le niveau de résultats souhaité », juge-t-il. Surtout, l’État est trop présent dans l’économie. « Il faut lui redonner son rôle de partenaire, de navigateur, plutôt que d’exécutant. Lorsqu’il investit dans un projet, il faut que les risques soient répartis équitablement entre nos partenaires et le contribuable », a-t-il indiqué au moment où son gouvernement remet en question les investissements publics dans la cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie, et dans l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti.

 

Filière des hydrocarbures

 

À ce dernier chapitre, le premier ministre a confirmé que son gouvernement soumettra l’ensemble de la filière des hydrocarbures à une évaluation environnementale stratégique (EES), comme le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, l’avait évoqué en matinée.

 

En matière d’identité, Philippe Couillard a réitéré sa volonté de présenter un projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État « en tout respect de nos chartes des droits et libertés ». Il a noté la préoccupation, « chez nous comme ailleurs », que représente la coexistence des communautés. « Rappelons que le devoir premier d’une démocratie n’est pas d’assurer la dominance de la majorité, qui est acquise par le nombre, mais de protéger les minorités contre ses excès de pouvoir ou la discrimination », a-t-il affirmé, citant la communiste Rosa Luxemburg, morte pour la cause en 1919 : « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. » Et le premier ministre d’ajouter : « De celui ou celle qui agit autrement. »

 

Si l’enjeu de la santé est essentiel, c’est l’éducation qui constitue sa priorité. « Nous allons insister sur l’apprentissage des langues. Le français qui nous définit comme peuple, l’anglais et les autres langues qui sont des fenêtres sur le monde. »

 

Même si le français semble ainsi confiné à la sphère locale, Philippe Couillard y voit tout de même « un atout extraordinaire » dans la perspective du libre-échange avec l’Europe. Il a reconnu que la langue française « sera toujours sous pression au Québec » et a promis que son gouvernement restera vigilant.

 

Le premier ministre a émaillé son discours de tous les engagements qu’il a pris pendant la campagne électorale. Pour Montréal et Québec, il s’est engagé à bannir le terme « créature » pour créer un deuxième « ordre » de gouvernement avec des pouvoirs et des moyens accrus.

71 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 22 mai 2014 02 h 48

    Les choix

    Oui de toute évidence les seuls choix que Couillard peut faire pour les Québécois sont d'ordre budgétaires. D'abord il n'a pas l'envergure de Lévesque et de Bourassa, et il n'a pas la légitimité politique suffisante pour faire de son propre chef, des choix politiques pour les Québécois...

    • Danielle Houle - Abonnée 22 mai 2014 07 h 56

      Oui mais une majorité de Québécois ont, par un simple X sur un bout de papier, reporté au pouvoir ce parti vedette de la Commission Charbonneau. Ceux qui ont voté pour ce parti sont heureux et ceux qui n'ont pas voté n'ont pas droit de chialer selon moi. Pensons-y deux fois la prochaine fois dans l'isoloir.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 mai 2014 07 h 56

      Pas la légitimité politique? Ça prendrait quoi? Un gouvernement minoritaire élu par 32% de la population? Ou devrait-il être rongé par le doute en apprenant que 19% des électeurs voteraient pour le PQ si on leur donnait l'occasion de se donner un gouvernement vraiment légitime?

      En même temps, je comprends que vous ne lui accordiez pas votre confiance à cet égard. Le gouvernemet a indiqué très clairement son ferme propos de rendre des comptes à ses vrais patrons. Pas le peuple qui l'a élu, mais les agences de notation qui le tiennent en joue sous menace de décote. Mais entre nous soit dit, quel parti politique aurait les moyens de se soustraire à de tels diktats?

    • Florence Péloquin - Abonnée 22 mai 2014 08 h 09

      "Pas la légitimité politique suffisante ...."! Hé bien! Ça vous prend quoi, alors?

      Et puisque vous parler de faire des "choix politiques pour les Québécois", M. Couillard n'a pas de leçons à prendre en la matière, face à des dirigeants du PQ qui prétendent, avec le peu d'appui populaire qu'ils réusissent à obtenir, avoir le monoplole en la matière et vouloir l'enfoncer dans la caboche des Québécois ....

      "Pas l'envergure de Lévesque et Bourassa ....". Oui, certes, ces deux premiers ministres ont eu de l'envergure. Mais faudrait demander à M. Lisée ce qu'il pense de l' "envergure" de Bousassa, lui qui l'a outrageusement vilipendé!

      Ne trouvez-vous pas que que vous êtes un peu vite en affaires pour juger de celle de M. Couillard? Et on peut se questionner sur l' "envergure" des Landry, Boisclair, Marois, et des aspirants-chefs comme Drainville, Lisée, .... M. Bouchard en avait, lui, de l'envergure, mais il est maintenant ostracisé par ceux qui jadis l'ont adulé.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 22 mai 2014 08 h 16

      «Pas la légitimité politique? Ça prendrait quoi?» - Richard Maltais Desjardins

      Les néolibéraux comme le PQ, la CAQ et le PLQ représentent les intérêts des entreprises et des corporations, alors qu'ils sont supposément les «représentants du peuple».

      Rien que pour ça, ce genres de partis politiques ne devraient même pas exister.

      Et ça., c'est sans compter que Couillard n'a jamais parlé d'austérité dans sa campagne électorale.

    • Luc Lavoie - Inscrit 22 mai 2014 11 h 21

      Pour mettre les pendules à l'heure, ce gouvernement a été élu (si on tient compte des abstentions) avec moins de 30% de la population.

    • Richard Laroche - Inscrit 22 mai 2014 13 h 45

      Un mandat de représentation n'a de légitimité que pour ceux qui sont en mesure d'influencer les actions de l'État en leur faveur et pour ceux trop stupides pour s'en rendre compte.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 mai 2014 08 h 30

      Monsieur Lavoie

      Pour mettre les pendules à l'heure, le gouvernement précédent avait été élu (si on tient compte des abstentions) avec moins de 18% de la population.

      Ce qui ne l'empêchait pas de se comporter comme s'il avait été plébiscité. À défaut d'avoir consenti à se plier au verdict populaire, qui lui commandait de collaborer avec les autres partis, il a forcé la population à lui indiquer plus clairement les voies de la démocratie...

      Monsieur Laroche

      va pour la première partie de votre affirmatin, mais je ne vois pas en quoi le fait de ne pas se rendre compte qu'une frange de l'électorat se donne les moyens de ses aspirations serait spécialement une marque de stupidité ni en quoi cela entacherait la dignité morale de la prétention à la légitimité des autres. Mon commentaire est-il obscur? Le vôtre était pour le moins...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 mai 2014 16 h 55

      Madame Salette :

      « ce genres de partis politiques ne devraient même pas exister. »

      à défaut de pouvoir les bannir, il faudrait peut-être alors, par souci de démocratie, interdire aux gens de voter pour eux ?

  • michel lebel - Inscrit 22 mai 2014 03 h 16

    Un politique intello!

    Un premier ministre qui cite Montaigne, Saint-Ex et Rosa Luxembourg! Je n'ai jamais vu cela au Québec! Et qui prend les allures du maréchal Foch, héros français de la Grande Guerre, en disant:'' Nous ne reculerons pas." Foch fut un très grand militaire victorieux, privilégiant toujours l'offensive. Quels seront les résultats finals du politique intello Couillard? À suivre...


    Michel Lebel
    Normandie

    • Danielle Houle - Abonnée 22 mai 2014 07 h 58

      Couillard a certainement subi l'influence de Foch, ce glorieux Français. Il ne faut pas oublier que la France est très près des Iles Jersey que Couillard connait bien...

    • Christian Fleitz - Inscrit 22 mai 2014 09 h 45

      Intello ! quel mot injurieux semble-t-il pour certains ? Ne croyez-vous pas que les ceux qui ont fait avancer la science, la médecine, les techniques, qui vous permettent votre mode de vie actuel ne l'était-ils pas, intello ?

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 22 mai 2014 10 h 01

      Il cite Rosa Luxembourg... l'a t-il lu au moins ?
      Probablement pas. C'est certainement un conseiller du discours qui lui a dit de citer cette phrase là.

      C'est drôle, les libéraux sont toujours à la défense des minorités (riches, anglophones, allophones) quand ça fait leur affaire. Lorsque la jeunesse étudiante fait grève pour contrer une attaque frontale à ses conditions matérielles, là on utilise les grenades assourdissantes, la matraque et les gazs lacrymogènes.

      Quel discours hypocrite.

    • Rodrigue Guimont - Inscrit 22 mai 2014 13 h 36

      Par son étalage de son érudition, M. Couillard ne pourra jamais nous faire oublier que c'est toujours la même équipe, aujourd'hui confrontée à la corruption, qui nous a conduits collectivement dans ce gouffre financier.

      L'arrivée de trois banquiers férus de droite économique n’y changera rien. La corruption est rentable pourvu que l’on ne se fasse pas prendre.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 mai 2014 17 h 11

      Monsieur Rozzi,

      Rosa Luxembourg, c'est Sam Hamad qui le lui a refilé après l'avoir acheté en croyant que c'était un guide touristique...

  • Yves Côté - Abonné 22 mai 2014 04 h 02

    Monsieur le PM a raison...

    "Ce qui aurait été souhaitable il y a 15 ans, ce qui aurait été nécessaire il y a 10 ans devient aujourd’hui une urgence", dit Monsieur Couillard.
    Et selon moi, il a vraiment raison.
    Et il est plus que temps de travailler et de ne plus reculer "devant l’ampleur de la tâche". Oui, "il faut agir de façon ferme, décisive" et "nous le ferons".
    Pardon ?
    Je suis devenu soudainement libéral ?!
    Mais non, mais non.
    Je n'ai pas lu l'article ?
    Mais oui, mais oui je l'ai fait.
    Seulement, je prend exemple sur mon Premier Ministre pour m'occuper des vrais affaires. Donc, je ne garde que ce qui me semble aller dans mon sens...
    Et bien sûr : Vive le Québec qui se prépare pour la liberté !

    • Francois Parent - Inscrit 22 mai 2014 07 h 18

      Vous oubliez que les libéraux ont fait perdre des millions aux contribubles dans les PPP et la construction du CSUM et Porter est l'ancien associé de Couillard et il est accusé de la plus grande fraude au pays. Je vois plutôt un parti qui se lave de son incompétence à gérer nos finances en prenant pour cible nos services sociaux. Le Gros problème ce n'est pas le coût de nos sercices mais de la corruption et de la saine gestion de nos finances.

    • Danielle Houle - Abonnée 22 mai 2014 07 h 59

      Vous feriez un excellent politicien car à la lecture de votre texte je suis tout mêlé et je n'ai rien compris :-)

    • Yves Côté - Abonné 22 mai 2014 09 h 39

      Messieurs Parent et Hone, ce petit texte matinal est de l'ironie.
      Ce que je ne permets qu'avec les politiciens et autres "désireux" de pouvoir...
      De toute évidence, je pense que c'est raté !!!
      Merci quand même de m'avoir lu.

  • Clairmont Perreault - Inscrit 22 mai 2014 04 h 09

    discours d'ouverture de notre Premier Ministre

    Nous sommes tous dans ce même bateau qui naviguons maintenant sur une mer économique déchainée et devons prendre chaqu'un nos responsabilités avec le gouvernement afin de traverser ce remous redoutable avant d'heurter le récif tout proche là où nous conduirait toute mutinerie. J'ai déjà navigué au long cours depuis plus de 40 ans sur mon voilier et dans la tempête, je peux vous dire qu'il est impératif d'avoir la fidélité de toute l'équipage, sinon...?

    Je peux aussi vous dire qu'après avoir passé la tempête, nous éprouvons tous une merveilleuse joie en apercevant les berges acceuilantes.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 22 mai 2014 07 h 11

      Les politiques d'austérités.. Ça fait depuis le mandat de Lucien Bouchard qu'on les imposent aux citoyens ordinaires, pendant qu'on graissent les compagnies à coups de milliards. Ça ne fonctionne pas! Même le très à droite FMI ( Fond monétaires International) est d'accord!

      Cou donc.?

      Y'as-tu juste au Québec qu'on est incapable de comprendre pas ça??

    • Serge Lemay - Inscrit 22 mai 2014 08 h 16

      Une tempête crée par la des infrastructures corrompus par le gouvernement libéral des dix dernières années, une tempête que certains navires ont allègrment traversée vers les Bahamas, une tempête de revenchards qui agite le gobelet des travailleurs syndiqués afin de renforcer les profits outranciés des banques et du grand patronat. Quand on voit que Trans-Canada s'en vient avec un pipeline qui transportera cent soixante cinq millions de litre de bitumineux par jour et que cela ne rapportera que un huit millième de cent par litre !

      Et on a l'audace de venir nous dire que l'on a des programmes sociaux trop luxueux au moment où l'on apprend que l'on a payé une Bentley à l'ami Porter !!!

      On nous prend vraiment pour des imbéciles !

    • Chantale Desjardins - Abonnée 22 mai 2014 08 h 35

      chacun...Maintenant, il faut passer de la parole aux actes...C'est plus ardu qu'un discours...Et Porter sera toujours dans le paysage...

  • Christian Montmarquette - Inscrit 22 mai 2014 06 h 08

    L'austérité n'est pas obligatoire, c'est un choix politique

    Au risque de me répéter..

    Il n'y aurait «aucun» besoin d'appliquer des politiques austérité pour les citoyens, si l'État du Québec cessait de graisser les entreprises de «10 milliards» par année en cadeau de toutes sortes. L'austérité n'est pas obligatoire, c'est un choix politique.

    Cessons de gaver les banques et les corporations et le modèle Québécois et la social-démocratie sera protégée.

    Réféfrence :

    Beaux gros cadeaux de Noël aux B.S. corporatifs

    « Le Québec peut être l’endroit où la taxe à la consommation est de loin la plus élevée en Amérique du Nord et qui subventionne le plus avec des fonds publics les entreprises, soit au moins 10 milliards$ l’an, incluant les tarifs préférentiels d’électricité, les prêts sans intérêt, les congés d’impôt, etc. Je mets au défi quiconque du PQ, de la CAQ ou du patronat de me contredire.» - Léo-Paul Lauzon, 30/12/13

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 mai 2014 08 h 09

      Une question pas du tout réthorique:

      j'entendais dans le radio ce matin l'exemple d'Electrolux, à qui les américains ont consenti de très généreux incitatifs de toutes sortes pour les convaincre de déménager en Pennsylvanie. L'exemple d'Airbus aussi.

      Dans quelle mesure l'État québécois peut-il se soustraire à la concurrence à laquelle les pays se livrent pour attirer le corporate welfare? Jusqu'où devra-t-on aller dans la réduction des «charges sociales» et dans «l'assouplissement» de nos lois du travail pour les «accommoder»?

      En somme, madame Salette, je ne sais pas si nous devons tant nous inquiéter des turpitudes supposées ou réelles de nos dirigeants que des contraintes qui pèsent sur les économies qui se livrent concurrence dans ce marché mondialisé de la pauvreté.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 22 mai 2014 08 h 26

      À Richard Maltais Desjardins,

      «j'entendais dans le radio ce matin l'exemple d'Electrolux, à qui les américains ont consenti de très généreux incitatifs de toutes sortes pour les convaincre de déménager en Pennsylvanie.» - Richard Maltais Desjardins

      Les entreprises qui s'installent au Québec devraient être soumises à des règles de responsabilités sociales. Nombre d'entre-elles ont été grassement subventionnées comme GM à Blainville, et on déménagé avec le pactole et qui plus est, en rasant les installations pour s,assurer que l'industrie ne s'en remette pas. Avons-nous besoin de tels voyous corporatif? Assurément que non!

      Que l'État crée donc les emplois lui-même, et qu'il en assure la qualité et la pérennité .. Et ne venez-pas me dire que nous sommes incapables de fabriquer nos propres aspirateurs au Québec..!

      Tout ceci, alors que tout ce que recherche Couillard, c'est de réduire la fonction publique..! Pourquoi ne pas créer nous-même nos propres sociétés d'État et des emplois que NOUS contrôlons au lieu de financer des entreprises étrangères avec l'argent du peuple?

    • Chantale Desjardins - Abonnée 22 mai 2014 08 h 40

      Bonne réplique...Viviane Salette
      Si on allait chercher l'argent qu'on nous a volé, on aurait réglé une bonne partie du déficit. Charest doit toujours $300 000 ($75 000 par année) plus l'impôt car c'est devenu au noiré

    • Francois Gougeon - Inscrit 22 mai 2014 09 h 01

      Et puis quand les compagnies dégagent et que l'on est pris à payer de l'assurance emploi et du bien-être social pour les chômeurs, on fait quoi? Vous pensez qu'elles ne partiront pas? Laissez-moi en douter, le Québec ne fait que perdre des emplois dans le secteur manufacturier depuis les dernières années, et cela malgré les subventions, alors imaginez sans.
      On est dans un contexte de compétition mondiale. Les pays en développement ont faim et sont prêts à travailler pour beaucoup moins, ce qui semble faire l'affaire de nos concitoyens qui apprecient le café, les bidules électroniques et les voitures moins chers.
      Alors comment compter vous soustraire le Québec à cette compétition mondiale?
      Si on subventionne les entreprises, c'est parce que le gouvernment fait le calcul que cela coûte moins cher qu'un taux de chômage élevé.
      Pourquoi la gauche est toujours prête à défendre les emplois des fonctionnaires mais n'hésiterais pas à mettre en jeu des emplois privés?

    • Christian Montmarquette - Inscrit 22 mai 2014 10 h 16

      À Francois Gougeon ,

      «uand les compagnies dégagent et que l'on est pris à payer de l'assurance emploi et du bien-être social pour les chômeurs, on fait quoi? » - Francois Gougeon

      1) Le but des entreprises n'est pas la création d'emplois, mais la maximisation des profits, notamment par l'automatisation et la réduction de personnel

      2) Que le gouvernement les créent donc lui-même ses foutus d'emplois au lieu de nous mettre constamment à la merci d'entreprises qui nous exploitent et ne nous donne rien en retour. À ce que je sache la Société des alcool rapporte un milliard par année et Hydro-Québec trois milliards par année.. À quand une voiture électrique entièrement Québécoise? À quand Pharma-Québec pour fabriquer nos propres médicaments. et même, pourquoi pas une banque nationale de l'État au Québec? On est pas plus bêtes que les autres et les deniers publics devraient être investis dans des sociétés d'État qui créent des emplois durables, rentables, payants et de bonne qualité.

      C'est incroyable comme on semble manquer d'imagination au Québec.

      C'est bien connus, les partis néolibéraux comme le PQ, la CAQ et le PLQ privatisent les profits et socialisent les couts et les pertes.

    • Francois Gougeon - Inscrit 22 mai 2014 13 h 08

      @ Vivianne Salette :
      Donc, ce que vous voulez, c'est une économie completement controlée par le gouvernement, c'est à dire le communisme. Dites-le clairement et militez pour cela si vous y croyez vraiment.
      Vous devez cependant comprendre que "les deniers publics" comme vous dites, proviennent en majeur partie de l'impôt et des taxes que le gouvernement prélève sur les emplois privés et les transactions commerciales. Il ne restera plus grand chose pour financer votre PharmaQc ou d'autres "emplois durables" si ceux-ci disapraissent.
      D'ailleurs, le but des entreprises est aussi de fournir des biens de consommation et services aux prix les plus bas, ce que la population semble apprécier grandement. Pas sur que les gens seraient pret à sacrifier leur produits pas chers pour faire une transition vers une économie locale. Les gens déscendent dans la rue dès qu'on menace un peu leur pouvoir d'achat et sont souvent supporter par les associations syndicale et la gauche en général.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 mai 2014 15 h 46

      Madame Salette

      on ne peut qu'être d'accord avec tout ce que vous souhaitez, mais c'est hélas tout ce qu'on peut.

      S'agissant par exemple de fabriquer nos propres aspirateurs, c'est sûr que nous pourrions le faire avec une société d'état, avec profits raisonnables et salaires décents. Mais on ne le pourrait pas très longtemps, parce que les gagne-petits préfèreraient acheter des réguines chinoises pour moitié moins cher... à la condition de ne pas avoir perdu leurs jobs à cause de représailles anti-protectionnisme.

      L'imagination? Le courage et d'autres vertus encore? Accordons-nous donc un préjugé favorable pour se faire un fond. Mais ma question ne portait pas sur ce que nous voulons, mais pouvons réellement.

      Un mot sur la légitimité du gouvernement. Vous aurez bien sûr compris au deuxième paragraphe de mon commentaire à Gilles Théberge que je ne la lui reconnais qu'au titre de gouvernement élu... pour aménager les conditions d'un ordre économique politique dont il n'a aucun pouvoir effectif de le changer. Même si QS réussissait à faire élire un gouvernement majoritaire, ce qui me plairait bien, les pressions extérieures seraient sans doute telles que l'imagination, le courage et les autres vertus devraient céder le pas à cette rationalité économique mondiale implacable. Vous ne pensez pas?

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 22 mai 2014 18 h 04

      M. Gougeon..Vous avez tout à fait raison..Madame Salette fait un retour au communisme, qui, comme chacun le sait, a été la victime de la Nature Humaine après 70nans d'essai...

      C'est fatiguant, dans ce forum, d'entendre constamment le "bashing" des cies privées, des consortiums et autres organismes privés...Mais ce sont eux qui ont les capitaux à investir pour créer la richesse...

      Ce que le QC a besoin est plus de citoyens riches qui peuvent acheter des maisons plus chères pour que l'ensemble de l'immobilier prenne en valeur..On a besoin de plus de riches qui consomment plus d'objets de luxe pour que la TPS rapporte plus aux coffres de l'état...On a besoin de plus d'investisseurs privés pour rendre l'économie plus dynamique...

      Et, oui; ce n'est ni vous ni moi qui avons les moyens de créer des jobs...Alors pourquoi laisser s'établir un climat qui donnerait l'impression que ces investisseurs ne sont pas les bienvenus!

    • Christian Montmarquette - Inscrit 22 mai 2014 18 h 52

      C'est quand même incroyable que des gens croient encore que ceux-là même qui ont plongé le Québec dans la dèche seront ceux qui vont nous en sortir!

      Aussi incroyable, que lorsque vous placez des gens face à des solutions concrètes pour régler leurs problèmes, ils préfèrent encore leurs vieux problèmes à des solutions, et en vous traitant de communiste par dessus le marché.

      Sachez que «non» QS ne veut pas «tout» nationaliser (lisez donc le programme) mais l'État doit prendre les moyens nécessaires pour dispenser les services indispensables au fonctionnement d'une société juste et évoluée.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 22 mai 2014 19 h 17

      «t, oui; ce n'est ni vous ni moi qui avons les moyens de créer des jobs...Alors pourquoi laisser s'établir un climat qui donnerait l'impression que ces investisseurs ne sont pas les bienvenus!» - Sol Wandelmaier

      - Qui vous parle de vous et moi? Personne.

      Mais l'État dispose des moyens nécessaires pour changer les choses.

      Ne prenons que la Caisse de dépôt : 245 milliards d'actifs!

      Et quels seraient les revenus d'une banque du Québec?

      Des milliards probablement.

      Je n'ai jamais dit qu'il ne devait y avoir que UNE banque.

      Mais pourquoi laisser tout le pactole au privé? quand le gouvernement se plaint qu'il manque d'argent?

      Et si vous ne me croyez pas moi.. Peut-être croirez-vous Josée Legault.. À moins que vous de la traitiez elle aussi de communiste...

      « Si ces gouvernements font aujourd’hui des déficits d’opération, c’est principalement parce qu’ils ont eux-mêmes privé l’État de revenus importants. » - Josée Legault

    • Francois Gougeon - Inscrit 22 mai 2014 21 h 44

      @ Vivianne Salette :
      Si j'ai parlé de communisme c'est parce que vous l'avez suggéré. Dire que l'État Québecois peut produire des aspirateurs pour remplacer les entreprises privées, ca ressemble pas mal à ca.
      Mais cela ne marcherait pas pour une raison bien simple : à moins d'obliger les Québecois à acheter ces aspirateurs, vous n'arriverez pas à les vendre car vous n'arriverez jamaise à compétitionner avec les prix du marché international. Alors vous devez absolument créer un système coercif pour écouler cette marchandise. Ceci est l'idée même du communisme, le contrôle des moyens de production et le rationnement des biens distribués à une population captive.
      En passant je respecte un communiste qui défend son idéologie mais vous semblez n'avoir que de bonnes intentions sans avoir réelement réfléchi aux conséquences de vos propositions.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 23 mai 2014 08 h 21

      À Francois Gougeon,

      «Dire que l'État Québecois peut produire des aspirateurs pour remplacer les entreprises privées, ca ressemble pas mal à ça» (au communisme).

      Vous dites que vous resopecter le communisme et passer le reste de votre commentaire à essyer de le démolir. Alors, permmetez-moi d'en douter.

      Et ne mêlez-pas communisme et socialisme; vous faites l'amalgame des adversaires de la social-démocratie.

      Quand le Québec a a foutu des compagnies dehors et a nationalisé l'assurance automobile, est-ce que c'était du communisme?

      - Avez-vous pensé que si Électrolux avait foutu le camps, ce n'était parce que les balayeuses étaient trop chères, mais à cause de la cupidité de l’entreprise?

      - Avez-vous pensé qu'Électrolux aurait pu être transformée en coopérative de travail et remise entre les mains des travailleurs-euses?

      - Avez-vous pensé qu'il y aurait pas mal de monde qui préféreraient acheter des produits fabriqués au Québec si on leur en donnait seulement le choix?

      Et au bout du compte, si malgré tout, la rentabilité était si difficile à atteindre, nous serions 100 fois mieux de soutenir des coopératives de travail en échange d'une entente de responsabilités sociales, que de financer des multinationales qui se foutent des travailleurs et dont le seul but est de faire le plus de profits possibles au mépris de la sécurité d'emploi et des citoyens du Québec.

      Pour paraphraser De Gaulle..

      Impossible n'est pas québécois.

    • Francois Gougeon - Inscrit 23 mai 2014 13 h 37

      À voir le comportement des Québecois et autres Nord-Américains, oui, je doute fortement que les gens vont se ruer pour acheter des produits plus chers d'ici.
      Et je n'ai nul part démolit le communisme. Ce que je tente de faire, c'est vous montrer que vos solutions ne s'appliquent pas dans le contexte global actuel à moins de s'isoler completement du commerce international. Si vous croyez que le rôle de l'État s'étend à la production de bien de consommation tel une aspirateuse, et bien vous vous rapprochez bien plus du communisme dans le spectre idéologique.
      Pour ce qui est de l'assurance automobile, c'est très différent. L'assurance est un service local, qui ne peut être "produit" en Chine et vendu au Québec. C'est pas du tout comme un aspirateur.
      Mais la véritable question est : croyez-vous que l'on pourrait avoir un État viable ou tout le monde travaille pour l'État? D'où alors provienne les entrées d'argent pour le gouvernement? Surtout que j'imagine que vous vous opposez à l'exploitation de gaz naturel ou autres matières premières.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 23 mai 2014 14 h 03

      Vous rêvez de "L'État Providence" pour tous, madame Salette et cela pourrait être louable..Les pays scandinaves sont un clair succès dans la ligne des états socialisants...Le concensus est difficile, quoique réalisable..Les suèdois paient jusqu'à 60% de taxes pour assurer les programmes sociaux...C'est l'idéal mais utopique dans un contexte nord-américain oû le QC ne peut pas éviter les forces du marché...