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    Discours d’ouverture

    «Nous ne reculerons pas», jure Couillard

    Le PM est déterminé à réformer en profondeur l’État québécois

    22 mai 2014 |Robert Dutrisac | Québec
    Philippe Couillard a été applaudi par ses collègues libéraux lors de son discours.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard Philippe Couillard a été applaudi par ses collègues libéraux lors de son discours.

    Québec — Dans son discours d’ouverture de la 41e législature, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé son inébranlable détermination à accomplir dans l’urgence ce que Lucien Bouchard ou encore Jean Charest n’ont pu faire : réformer en profondeur l’État québécois pour venir à bout de ses problèmes structurels.

     

    « Nous ne reculerons pas devant l’ampleur de la tâche », a déclaré Philippe Couillard dans un discours qui a duré un peu plus d’une heure à l’Assemblée nationale. « Il faut agir de façon ferme, décisive. Nous le ferons. »

     

    « Nous entrons en fonction au moment où sonne l’heure des choix », a soutenu le premier ministre. « Nous avons débattu de mesures ponctuellessous un gouvernement ou un autre. Mais les vraies réformes ont été repoussées. Parce que ce Parlement était divisé. Ce qui aurait été souhaitable il y a 15 ans, ce qui aurait été nécessaire il y a 10 ans devient aujourd’hui une urgence. »

     

    Réforme de la fiscalité

     

    L’exercice doit dépasser le seul objectif à court terme d’équilibrer, par des coupes, le budget de l’État. « Nous effectuons présentement des compressions pour contenir le déficit. Il faut se sortir de ces contorsions de plus en plus pénibles. » Le Québec est aux prises avec un « déséquilibre structurel » qui représente, à ses yeux, « la plus grande menace à notre liberté de choix ». Il a promis « un Québec prospère, juste et libre de ses choix », cette dernière expression provenant de Robert Bourassa qui, lui, parlait de ses choix quant à l’avenir politique, et non pas simplement de choix budgétaires.

     

    « Nous avons tendu au maximum les élastiques de l’endettement et de la fiscalité, a soutenu le premier ministre. Il faut augmenter la colonne des revenus, non pas en imposant davantage, mais en créant plus de prospérité, tout en ramenant nos dépenses au niveau de nos moyens réels. »

     

    L’heure est aux compressions, mais les vraies réformes viendront l’an prochain avec les recommandations que rendra publiques la Commission sur la réforme de la fiscalité et la Commission permanente de révision des programmes de l’État.

     

    Philippe Couillard a prévenu que cette révision des programmes ne fera pas l’unanimité. « Des voix s’élèveront au nom de la protection des acquis, a-t-il prédit. Dans ce genre d’action, les consensus sont difficiles. Le gouvernement écoutera les divers points de vue, mais agira de façon nette et décisive. »

     

    La Commission sur la réforme de la fiscalité reverra tant le régime fiscal des particuliers que celui des entreprises. Si l’objectif consiste à réduire le fardeau fiscal, « particulièrement celui des familles de la classe moyenne », les hausses de tarifs ne sont pas exclues. « Nous rechercherons le meilleur équilibre entre l’impôt sur le revenu, la taxation et la tarification », a-t-il dit.

     

    Le développement du réseau des services de garde sera poursuivi, mais seules les familles de la classe moyenne ou à bas revenus seront « à l’abri d’un choc tarifaire ». Les familles mieux nanties pourraient toutefois payer plus cher, a-t-il évoqué plus tard sur les ondes de TVA.

     

    En matière de fiscalité des entreprises, Philippe Couillard a annoncé que l’aide aux entreprises sera revue. « Les sommes importantes qui y sont consacrées ne donnent pas le niveau de résultats souhaité », juge-t-il. Surtout, l’État est trop présent dans l’économie. « Il faut lui redonner son rôle de partenaire, de navigateur, plutôt que d’exécutant. Lorsqu’il investit dans un projet, il faut que les risques soient répartis équitablement entre nos partenaires et le contribuable », a-t-il indiqué au moment où son gouvernement remet en question les investissements publics dans la cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie, et dans l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti.

     

    Filière des hydrocarbures

     

    À ce dernier chapitre, le premier ministre a confirmé que son gouvernement soumettra l’ensemble de la filière des hydrocarbures à une évaluation environnementale stratégique (EES), comme le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, l’avait évoqué en matinée.

     

    En matière d’identité, Philippe Couillard a réitéré sa volonté de présenter un projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État « en tout respect de nos chartes des droits et libertés ». Il a noté la préoccupation, « chez nous comme ailleurs », que représente la coexistence des communautés. « Rappelons que le devoir premier d’une démocratie n’est pas d’assurer la dominance de la majorité, qui est acquise par le nombre, mais de protéger les minorités contre ses excès de pouvoir ou la discrimination », a-t-il affirmé, citant la communiste Rosa Luxemburg, morte pour la cause en 1919 : « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. » Et le premier ministre d’ajouter : « De celui ou celle qui agit autrement. »

     

    Si l’enjeu de la santé est essentiel, c’est l’éducation qui constitue sa priorité. « Nous allons insister sur l’apprentissage des langues. Le français qui nous définit comme peuple, l’anglais et les autres langues qui sont des fenêtres sur le monde. »

     

    Même si le français semble ainsi confiné à la sphère locale, Philippe Couillard y voit tout de même « un atout extraordinaire » dans la perspective du libre-échange avec l’Europe. Il a reconnu que la langue française « sera toujours sous pression au Québec » et a promis que son gouvernement restera vigilant.

     

    Le premier ministre a émaillé son discours de tous les engagements qu’il a pris pendant la campagne électorale. Pour Montréal et Québec, il s’est engagé à bannir le terme « créature » pour créer un deuxième « ordre » de gouvernement avec des pouvoirs et des moyens accrus.













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