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    La tension baisse d’un cran au PQ

    La présence-surprise de Pauline Marois a calmé le jeu samedi à Laval

    5 mai 2014 | Québec
    Guillaume Bourgault-Côté - Correspondant parlementaire à Québec
    Marco Bélair-Cirino
    La chef démissionnaire du PQ, Pauline Marois, à Laval samedi
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La chef démissionnaire du PQ, Pauline Marois, à Laval samedi
    La «pression» a eu raison de Sylvain Tanguay 

    Sylvain Tanguay – décrit comme un «grand militant» par Stéphane Bédard – a remis sa démission vendredi soir à l’exécutif national. «La pression était tellement forte sur lui qu’il a décidé de prendre cette décision-là», a précisé M. Archambault. M. Tanguay restera toutefois aux commandes du PQ jusqu’au 30 juin afin d’effectuer une «transition harmonieuse» avec son successeur. «Je vais passer à autre chose», a déclaré M. Tanguay, qui a l’impression d’avoir été la «cible» du mécontentement au sein du parti. «J’assume entièrement la responsabilité que j’avais [comme] directeur de la campagne», a-t-il dit à la presse.

    La présence inattendue de Pauline Marois lors du premier bilan post-électoral du Parti québécois a transformé en exercice plutôt serein ce qui s’annonçait un règlement de comptes amer. La chef démissionnaire du PQ est montée au front samedi pour faire face aux questions des militants déçus, ce qui a permis de « calmer le jeu » et d’éviter une séance de « lynchage ».

     

    Mme Marois s’est en effet présentée contre toute attente devant les quelque 150 membres du PQ réunis à huis clos dans un hôtel de Laval. Personne ne l’attendait, mis à part les membres de l’exécutif national. Après avoir retracé le fil de la campagne électorale, elle a répondu à toutes les questions des présidents de circonscriptions et de régions du PQ. Parfois émue, elle est revenue plusieurs fois sur l’entrée fracassante dans la course de Pierre Karl Péladeau, reconnaissant avoir sous-estimé ses impacts.

     

    En se prêtant à cet exercice, elle est parvenue à désamorcer la grogne qui sévissait dans les rangs du parti depuis la défaite historique du 7 avril dernier, selon des sources consultées par Le Devoir dimanche. « C’était très tendu avant qu’elle n’arrive. On sentait que ça allait être explosif. Si elle n’avait pas été là, franchement, ç’aurait été n’importe quoi. Mais qu’elle se présente, qu’elle réponde à toutes les questions, qu’elle joue son rôle de rassembleuse, ça a décontenancé et permis une discussion franche et sereine », a relaté une personne admise derrière les portes closes.

     

    « Demandez à nos présidents s’il y a eu du lynchage. Il n’y en a pas eu du tout, au contraire ! », a fait valoir le président du PQ, Raymond Archambault, après un « bilan de campagne » de plus de trois heures.

     

    Plusieurs militants craignaient de faire l’examen de la stratégie de campagne, en l’absence de ceux qui l’ont élaborée et déployée. Ils ont finalement pu interroger la chef, Pauline Marois, mais également le directeur général du PQ, Sylvain Tanguay. « Si Mme Marois et M. Tanguay n’avaient pas été là, ç’aurait été difficile de faire un véritable bilan de ce qui s’est fait au comité de stratégie, a reconnu M. Archambault. Il y a eu des réponses à toutes les questions. »

     

    Les militants ont pu « vider leur sac » avant la conférence nationale des présidentes et des présidents (CNPP), toujours prévue le 7 juin, s’est réjoui Éric Leduc, l’un des membres du comité exécutif national.

     

    Selon une source, le revers électoral a été « très dur » à encaisser pour Mme Marois. La chef démissionnaire « a pris sa part de blâme » samedi, reconnaissant notamment son échec à faire passer le message souhaité pendant les 33 jours de campagne.

     

    Le PQ n’a pas su tirer profit de son bilan et de son équipe de candidats, ont déploré un certain nombre de militants. L’ancien ministre de la Santé, Réjean Hébert, avait proposé son aide à l’état-major du parti, mais celle-ci n’« a pas été retenue », a fait remarquer le principal intéressé.

     

    Selon M. Hébert, le comité de stratégie électorale a perdu le « contrôle » de la campagne en raison de faux pas. Ainsi, l’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau a été mal scénarisée. Cela dit, l’ancien dirigeant de Québecor n’était pas un mauvais choix : des hommes d’affaires de sa trempe peuvent être des « actifs extrêmement intéressants » pour accélérer la cadence vers le pays du Québec, et « bâtir » celui-ci. « [Mais, la] stratégie n’a pas marché », a soutenu M. Hébert.

     

    L’ancien député de Repentigny, Scott Mackay, a abondé dans ce sens. « On avait une des meilleures équipes, un excellent programme, et on n’a pas pu passer ce message », a-t-il affirmé. Mais il a invité ses confrères et ses consoeurs à ne pas chercher des boucs émissaires à la déroute du PQ, qui s’est soldée par l’élection de 30 députés (– 24) et l’appui de 25,38 % de l’électorat (– 6,6 points). « Ce serait beaucoup trop simple que de se limiter à vouloir faire rouler des têtes. […] Ça prend une introspection. »

     

    Parler de souveraineté

     

    En « cré [ant] l’impression de l’imminence d’un référendum » avec le poing levé pour le pays de M. Péladeau, « les libéraux ont été plus habiles », a ajouté le président de la circonscription de Beauharnois, Marc Laviolette.

     

    Il a appelé une nouvelle fois le PQ, un parti souverainiste, à dévoiler au grand jour son « option ». « La stratégie du bon gouvernement, ça fait longtemps que ça dure au Parti québécois, ça ne marche pas. Il faut que tu parles de souveraineté, avant, pendant et après l’élection », a insisté M. Laviolette. Il reproche à la garde rapprochée de Mme Marois d’avoir laissé au Parti libéral du Québec le champ libre. Les troupes de Philippe Couillard ont fait leurs choux gras d’un éventuel nouveau référendum, mais ae sont bien gardées de parler de l’enjeu derrière, c’est-à-dire l’indépendance du Québec. « Quarante-deux pour cent des Québécois sont pour la souveraineté. Le PQ fait 25 %. Le problème, ce n’est pas les Québécois, ni l’option. C’est notre façon de travailler ! », a lancé le président du club politique SPQ Libre. « C’est nous-mêmes qui nous sommes battus ! » a-t-il ajouté, faisant écho à un texte de Jacques Parizeau.

     

    Selon l’ancien premier ministre, le PQ a tort de croire que « de parler ouvertement de souveraineté fait perdre des votes ». M. Parizeau déplore que le PQ ait eu recours encore une fois à une « espèce de supercherie » consistant à parler exclusivement — ou presque — d’un « bon gouvernement » pour se faire confier les rênes d’un gouvernement majoritaire. La souveraineté du Québec n’est pas « une sorte de drapeau que l’on agite de temps à autre devant les militants de façon à les garder en appétit et dans les rangs », a-t-il souligné dans une chronique au Journal de Montréal. Le parcours pour accéder au pays nécessitera à la fois « beaucoup de préparation et d’études, d’explications et de promotion ».

     

    Il s’agit d’« une belle contribution » à la réflexion du parti, a indiqué Raymond Archambault, appelé à commenter le texte de M. Parizeau. « [C’est le] bon message. »

     

    La difficulté de parler du projet souverainiste avec les jeunes a été souvent mentionnée durant la réunion à huis clos. « Mme Marois a reconnu qu’il y a un gros travail à faire pour les convaincre, qu’il faut adopter un discours plus moderne. Meech et Charlettetown, pour les jeunes, ça ne veut pas dire grand-chose », a indiqué un membre du PQ au Devoir.

     

    Le PQ doit « réaffirmer » ses « deux orientations fondamentales » de social-démocratie et de souveraineté, a fait valoir M. Hébert. Selon lui, l’« option » doit être « beaucoup plus claire » lors de la prochaine campagne électorale. « Au cours des dernières années, des dernières décennies même, on a été plus des “référendistes” que des souverainistes. On a proposé le référendum alors qu’on n’a jamais mis à jour l’option de la souveraineté depuis 1995. Il y a toute une génération de jeunes qui n’ont pas entendu parler des avantages de la souveraineté », a déclaré l’ancien député de Saint-François.

     
     
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