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    La stratégie du «bon gouvernement» péquiste est vouée à l’échec, selon Gilbert Paquette

    14 avril 2014 |La Presse canadienne | Québec
    <em>« Quand on est dans un cul-de-sac, on ne se demande pas s’il faut un autre conducteur pour foncer dans le mur. On trouve d’abord un autre chemin »</em>, affirme Gilbert Paquette.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Archives « Quand on est dans un cul-de-sac, on ne se demande pas s’il faut un autre conducteur pour foncer dans le mur. On trouve d’abord un autre chemin », affirme Gilbert Paquette.
    Il ne faut surtout pas remettre en question l’objectif du Parti québécois de faire la souveraineté du Québec, parce que c’est plutôt la stratégie utilisée par cette formation politique depuis le référendum de 1995 qui est à l’origine de la démobilisation.

    C’est ce que croit le président du Conseil de la souveraineté du Québec, l’ancien ministre du cabinet de René Lévesque, Gilbert Paquette.
     
    Selon lui, il est temps de trouver une autre approche que celle de se faire élire comme un « bon gouvernement ». Et Gilbert Paquette prévient que ce n’est pas un simple changement de chef au PQ qui fera sortir la souveraineté du « cul-de-sac » dans lequel elle se trouve. « Quand on est dans un cul-de-sac, on ne se demande pas s’il faut un autre conducteur pour foncer dans le mur. On trouve d’abord un autre chemin », précise M. Paquette.
     
    Selon lui, la stratégie d’opérer un « bon gouvernement » en attendant les « conditions gagnantes » pour tenir un référendum a carrément été rejetée par la population, parce qu’elle est « passive, défensive, et en même temps déstabilisante ».

    Prêter le flanc
     
    Gilbert Paquette affirme qu’en essayant de « façon pathétique » de reporter la discussion sur l’avenir du Québec hors de la période électorale, on laisse aux adversaires toute la place pour dénaturer le projet d’indépendance, pour le limiter à « l’épouvantail » du référendum. Il se demande combien de fois les souverainistes vont répéter ce scénario « débilitant ».
     
    Ce qui a été rejeté, selon lui, ce n’est pas l’indépendance, puisqu’elle n’a pas vraiment été défendue, et surtout, parce qu’on ne l’a pas préparée depuis près de vingt ans. Gilbert Paquette ajoute que la jeune génération, en particulier, n’a jamais entendu parler de ce projet emballant d’émancipation nationale. Il souligne que, malgré tout, l’appui à l’indépendance reste étonnamment solide, autour de 40 %.
     
    Le président du Conseil de la souveraineté du Québec déclare qu’au cours des quatre prochaines années, il faudra travailler sur une nouvelle approche comme celle fondée sur la « souveraineté populaire », précisant que les partis politiques n’en sont que les instruments.
     
    Gilbert Paquette estime que la création du Parti québécois a été le résultat d’un mouvement populaire profond, mais qu’avec le temps, l’indépendance s’est instrumentalisée, menée par une classe politique bien intentionnée, mais en partie déconnectée d’une part de la population.
     
    Il soutient qu’il faut un changement de cap, soit « départisaniser » la démarche vers l’indépendance par sa prise en charge, par la société civile, sur la base de la souveraineté populaire.
     
    Selon M. Paquette, outre le renforcement du mouvement indépendantiste, la convergence des partis souverainistes doit également être à l’ordre du jour, car il faudra que la prochaine élection « ramène » une majorité d’indépendantistes à l’Assemblée nationale. Il insiste sur le fait de former une large coalition en faveur de l’indépendance, de la gauche à la droite, quelles que soient les allégeances partisanes, les classes sociales ou l’origine ethnoculturelle des citoyens. Cette diversité, ajoute-t-il, appelle à une coalition de tous les partis et des mouvements nationalistes, sociaux, écologistes, féministes et économiques. « C’est à cette condition que l’indépendance se fera », conclut-il.


    Par Louis Cloutier












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