Les femmes accusent un recul à l’Assemblée nationale

Kathleen Weil, Maryse Gaudreault et Christine St-Pierre pourraient toutes se voir confier un ministère. Mais Philippe Couillard ne promet pas la parité au Conseil des ministres.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Kathleen Weil, Maryse Gaudreault et Christine St-Pierre pourraient toutes se voir confier un ministère. Mais Philippe Couillard ne promet pas la parité au Conseil des ministres.

De 41 en 2012, elles ne sont plus que 34. Les élections de lundi ont vu élire moins de femmes, ramenant leur présence aux proportions de 2007. Les élues occuperont 27 % des sièges, contre près de 33 % en 2012.

 

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a élu 18 députées, soit autant qu’en 2012, mais la proportion de femmes élues au sein de la formation politique passe de 36 % à 26 %. Parmi elles, plusieurs politiciennes d’expérience, mais aussi de nouvelles venues à la feuille de route importante, comme Hélène David, élue dans Outremont.

 

De son côté, le Parti québécois (PQ) a fait élire 8 femmes sur 30 députés, contre 17 sur 54 en 2012. Il y a recul là aussi. Une seule nouvelle venue parmi elles, soit la pharmacienne Diane Lamarre. Des candidates vedettes comme Martine Desjardins ou Gyslaine Desrosiers ont perdu leur pari.

 

La Coalition avenir Québec (CAQ) fait légèrement mieux qu’en 2012, avec 6 femmes sur 19 députés, dont quatre nouvelles venues : Lise Lavallée, Sylvie d’Amours, Claire Samson et Chantal Soucy.

 

Québec solidaire (QS), avec trois députés, pourra compter sur deux femmes, dont Manon Massé, qui devient la première femme à représenter sa circonscription.

 

« Je suis frappée par le recul de la représentation des femmes, confie la professeure à l’Université d’Ottawa Manon Tremblay. Ça fait bien mentir cette idée voulant qu’à chaque élection, les femmes progressent. Ce n’est absolument pas le cas. »

 

« Ce n’est pas l’électorat qui discrimine les femmes, mais bien les machines de partis », selon Mme Tremblay. En effet, une fois candidates, les femmes ont autant de chances que les hommes d’être plébiscitées.

 

C’est pourquoi Esther Lapointe, directrice générale du Groupe Femmes, politique et démocratie, en appelle de nouveau à une représentation équitable de candidates et de candidats obligatoire. « L’élection de lundi montre bien que, sans mesures contraignantes, nous n’arriverons pas à la parité naturellement avant, quoi, 100 ans encore ? », dit-elle.

 

Elle espère que des femmes seront tentées par la course à la chefferie du Parti québécois. « Sinon, je vois encore l’horizon s’éloigner », déplore-t-elle.

 

Conseil des ministres paritaire?

 

Le 8 mars, lors de la Journée des femmes, Philippe Couillard a refusé de s’engager à former un Conseil des ministres paritaire, comme avait réussi à le faire son prédécesseur, Jean Charest, en 2007. Il a plutôt indiqué qu’il viserait une « zone paritaire » où les femmes occuperaient de 40 à 60 % des postes de ministre.

 

La liste de libérales élues ayant déjà occupé des fonctions ministérielles compte Dominique Vien, Lise Thériault, Christine St-Pierre, Kathleen Weil, Marguerite Blais, Julie Boulet et Nicole Ménard.

 

D’autres, comme Stéphanie Vallée, Filomena Rotiroti, Francine Charbonneau, Lucie Charlebois ou Maryse Gaudreault, comptent désormais une feuille de route importante comme députée et pourraient aspirer à des fonctions plus importantes.

 

« M. Couillard peut compter sur plusieurs femmes d’expérience, il n’aura pas d’excuse de ne pas leur faire une place de choix au Conseil des ministres », constate la politicologue Manon Tremblay.


 

  • France Labelle - Inscrite 9 avril 2014 06 h 56

    Le retour de Pôpa a raison

    La politique au Québec est pour plusieurs une partie de hockey qui surtout une affaire de Boys.
    Un ami libéral (immuable) plaidait pour l'économie. Lorsque je lui ai demandé s'il connaissait le programme économique (ridicule) de son parti, il m'a répondu que la politique n'était pas sa spécialité. Les libéraux étaient son club, c'est tout.

    • François Dandurand - Inscrit 9 avril 2014 09 h 07

      pas le choix môman est partie

  • Robert Morin - Inscrit 9 avril 2014 09 h 17

    Pas de cadeau

    La politique sans aucune surprise est le meilleur exemple de la quête du pouvoir. C'est la réalité de l'humain et elle évolue lentement. Je crois que la résistance immédiate à l'élection de plus de femmes provient ... des femmes ! La soumission au maître qu'il soit canadian ou mâle, c'est du pareil au même. S'affranchir de cette impuissance requiert une prise de conscience qui se fait graduellement. Et pas de façon réactionnelle ou par peur mais profondément par amour. Je rend hommage à Pauline Marois qui représente à mes yeux une très grande politicienne. Sa contribution à notre société est immense.

  • Donald Tremblay - Inscrit 9 avril 2014 12 h 40

    Quoi d'autres

    Avec la perte de Léo et de Martine, il y a une perte de jeune aussi... une chance de Maka kotto a passé, car il y aurait eu une perte de noir et il y a une perte d'immigrant avec Fatima et quoi d'autres....

  • Marie-Denise Côté - Inscrite 9 avril 2014 16 h 44

    Une femme de coeur et de carrière exceptionnelle.

    Je n'ai pas pu faire de commentaire éloge à Mme Marois suite à l'article:"La Dame de Béton passe au Jardin" pcq les commentaires étaient fermés.Mais je me permets de dire ici:1) D'abord, un gros Merci à Mme Marois et Félicitations pour cette belle carrière de plus de 35 ans en politique.
    2) Pour nous les femmes, vous avez été tout un modèle à suivre et nous vous en remercions.
    3) Ce que je retiens de Mme Marois, c'est d'abord et avant tout, sa très grande force de caractère. Rappelons-nous, lorsqu'elle était chef de l'opposition au printemps 2012 et que, jour après jour,elle était humiliée par Jean Charest pcq elle portait le carré rouge. Et malgré toutes ces humiliations,elle est toujours restée sereine et digne.
    4)Ce que je vais retenir également, c'est son curriculum vitae impressionnant et son parcours exceptionnel en politique:Ministère de la Santé,Ministère de l'Éducation, Ministère des Finances et autres...Il faut le faire...
    5) Et que dire de ses belles qualités humaines:Mme Marois a été capable de compassion envers les gens éprouvés;rappelons-nous:La tragédie au Lac Mégantic.
    6)Ce que j'ai apprécié également,c'est son intégrité de même que celle de son conjoint même si on a essayé de les salir, on n'y est jamais parvenu.
    Par contre, ce qu'elle méritait pas:
    C'est d'être traitée comme elle l'a été:1) par les animateurs de radios-poubelles qui sont même allés jusqu'à dire:"Votez pour n'importe qui, sauf pour Pauline"; cette phrase sent "le macho" à plein nez.
    2) C'est d'être huée à la Conférence de Mme Hilary Clinton. C'eux qui ont fait cela ont manqué de classe et de savoir-vivre.

    Bref, encore une fois, Merci Mme Marois et vos petits sourires en coin, votre sens de l'humour, de même que vos réponses aux journalistes courtes et subtiles vont nous manquer.
    Profitez bien de la vie et de votre belle famille, vous le méritez.
    Une admiratrice qui vous a beaucoup appréciée Marie-Denise Côté

    • Gaetane Derome - Abonnée 9 avril 2014 22 h 56

      J'appuis votre commentaire Mme Cote.