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    Des étudiants anglophones passent à l’offensive

    Des électeurs déposent une demande d’injonction en Cour supérieure contre le DGEQ

    2 avril 2014 |Philippe Orfali | Québec
    Samuel Harris est vice-président de l’Association étudiante de l’Université McGill, à Montréal.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Samuel Harris est vice-président de l’Association étudiante de l’Université McGill, à Montréal.




     

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    sur les élections

    À moins d’une semaine des élections, de jeunes Anglo-Montréalais passent à l’offensive. Depuis deux semaines, ils seraient des dizaines à s’être fait refuser le droit de voter le 7 avril. Leur crime ? D’avoir parlé anglais, disent-ils. Devant l’urgence de la situation et l’étendue du phénomène, ils se tournent maintenant vers les tribunaux en déposant une demande d’injonction à l’endroit du Directeur général des élections.

     

    Les personnes aptes à voter dont le nom ne figure pas sur la liste électorale ont jusqu’au 3 avril pour s’enregistrer auprès du directeur de scrutin de leur circonscription. Or, depuis quelques semaines, de nombreux jeunes adultes, principalement des étudiants des universités McGill et Concordia, peinent à convaincre le personnel électoral de leur octroyer le droit de vote. Et ce, même s’ils disposent de tous les documents requis par la loi et jurent qu’en plus d’être « résidents » de la province, ils ont bel et bien l’intention d’y demeurer pour les années à venir.

     

    Méfiance

     

    « On dirait que dès que les électeurs parlent anglais, ou dès qu’on détecte chez eux un accent anglais, il y a plus de soupçons, de méfiance », explique Samuel Harris, vice-président de l’Association étudiante de l’Université McGill. Sa fédération a reçu des dizaines d’appels et de courriels d’étudiants inquiets, affirmant avoir eu de la difficulté à inscrire leur nom sur la liste électorale. Et ce, alors que McGill, comme la plupart des universités québécoises, accueille jusqu’à jeudi un bureau de scrutin spécial afin d’encourager les jeunes à exercer leur droit de vote.

     

    La question de la charte de la laïcité et l’éventualité d’un référendum sur la souveraineté ont poussé de nombreux étudiants à s’intéresser davantage à la politique provinciale, selon M. Harris. Un état de fait dont on devrait se réjouir, dit-il. La réponse du personnel électoral est pourtant tout autre. « Dans les cas où les gens vivent, travaillent et ont l’intention de rester ici, on ne comprend pas pourquoi on assume que c’est de la fraude, qu’il y a une volonté de “ voler ” l’élection », explique l’étudiant de 23 ans.

     

    La voie des tribunaux

     

    Mardi, cinq étudiants de McGill ont déposé une demande d’injonction en Cour supérieure à l’endroit du Directeur général des élections afin de le forcer à leur octroyer le droit de vote le 7 avril. Tous Canadiens, tous domiciliés au Québec depuis plus de six mois. L’un d’entre eux, Brendan Edge, est même candidat du Parti vert du Québec dans la circonscription de Chomedey.

     

    Les étudiants sont représentés par l’avocat montréalais Julius Grey.

     

    « Vos racines sont trop ancrées en Ontario », aurait-on indiqué à l’un d’eux.

     

    Un autre, Matthew Satterthwaite, s’est fait dire au téléphone que les documents en sa possession permettraient d’attester de son admissibilité. Une fois rendu sur place, rien n’allait plus. L’étudiant s’était exprimé en français au téléphone, mais en anglais en personne. « Je crois que si je m’étais présenté en tant que francophone au moment de l’enregistrement, mes documents auraient été acceptés et j’aurais pu voter aux élections », assure-t-il dans les documents déposés devant la Cour.

     

    Pour Caroline Bourbonnière, une vice-présidente de la fédération étudiante de l’Université Concordia, il s’agit ni plus ni moins de tactiques de suppression des électeurs. « Nous ne disons pas que le DGEQ est biaisé, mais il y a certains employés qui traitent les étudiants hors Québec de manière différente que les autres. Ce sont des cas de discrimination. On souhaite que le DGEQ fasse enquête. »


    ***
     

    Des conditions à remplir pour voter

    Pour voter le 7 avril, il faut être inscrit sur la liste électorale, être un citoyen canadien âgé d’au moins 18 ans et, surtout, être « domicilié » au Québec depuis six mois.

    Plus qu’une résidence, le domicile est « une question de droit qui se manifeste par une intention » démontrée par des « comportements concrets », selon le DGEQ. Une personne doit prouver qu’elle a l’intention de s’établir durablement au Québec pour voter. Le Québec serait la seule province à distinguer le domicile de la résidence, semble-t-il.

     
     
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