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    Référendum sur la souveraineté

    «J’ai rarement été aussi pessimiste»

    Jean-François Lisée se dit surpris de la réaction des Québécois

    29 mars 2014 |Robert Dutrisac | Québec
    Jean-François Lisée a accompagné sa chef, Pauline Marois, lors d’une annonce concernant la Charte de la langue française.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jean-François Lisée a accompagné sa chef, Pauline Marois, lors d’une annonce concernant la Charte de la langue française.




     

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    L’inaltérable optimisme qui anime Jean-François Lisée s’est évanoui : le ministre sortant ressent un profond pessimisme quant à la possibilité de tenir un référendum lors d’un prochain mandat majoritaire d’un gouvernement du Parti québécois.

     

    « Franchement, moi, j’ai toujours été optimiste [au sujet de] la souveraineté, vous savez. J’ai rarement été aussi pessimiste que maintenant », a livré l’ex-conseiller de Jacques Parizeau, vendredi en matinée, en marge d’une conférence de presse au cours de laquelle la chef péquiste, Pauline Marois, s’est engagée à faire adopter une nouvelle Charte de la langue française.

     

    La réaction des Québécois à l’évocation d’un référendum dans cette campagne — réaction dont s’est emparé le Parti libéral du Québec — a surpris Jean-François Lisée. « J’ai été très frappé du signal qui a été envoyé par les Québécois au début de cette campagne. Très frappé. »

     

    « Le message était beaucoup plus fort que je ne le pensais. Alors il faut respecter ça. […] Les électeurs ont toujours raison », a ajouté le ministre sortant.

     

    À l’écoute

     

    « C’est sûr que ça me désole, a-t-il dit. Il y a une grande crainte de l’échec. Et on la partage ; elle est légitime. » Même certains souverainistes « pensent qu’on ne gagnera pas. Ça fait qu’ils ne veulent pas de référendum. Je les comprends. On les écoute. Donc, c’est ça ; l’analyse est aussi simple que ça ».

     

    « Un référendum dans le [prochain] mandat, on le voit bien : comme l’a dit Mme Marois, ils n’en veulent pas. S’ils n’en veulent pas, il n’y en aura pas. Alors, on va se concentrer sur autre chose », a poursuivi Jean-François Lisée.

     

    Est-il encore « pressé » de faire la souveraineté, comme il le déclarait devant des étudiants de l’Université de Montréal la semaine dernière. « Tous les souverainistes veulent faire la souveraineté avant-hier. C’est sûr. Mais on est réaliste », a-t-il souligné.

     

    En revanche, avec un gouvernement péquiste, « l’avenir est ouvert » si les Québécois, « d’ici quatre ans », en viennent à ressentir « un désir » de faire la souveraineté. « Si c’est les libéraux qui sont là, et qu’ils [les Québécois] ont ce désir-là, l’avenir va être fermé », a prévenu Jean-François Lisée.

     

    Pour sa part, Pauline Marois a réitéré que l’élection portait sur le choix d’un gouvernement. « Est-ce que l’on constate que les Québécois sont prêts maintenant à tenir un référendum et est-ce que c’est l’objet du débat ? Non », tranche-t-elle. La chef péquiste ne partage toutefois pas le pessimisme de son candidat dans Rosemont. « J’ai une tendance plutôt optimiste, a-t-elle dit. Ça fait un bel équilibre dans notre équipe. »

     

    En après-midi, Pierre Karl Péladeau, qui participait à une conférence de presse sur l’économie verte avec Pauline Marois et une brochette de ministres sortants, s’est montré surpris de l’état d’esprit actuel de Jean-François Lisée. « J’ai toujours été optimiste en affaires comme en politique, a-t-il signalé. Ça m’étonne que Jean-François soit pessimiste parce que lui aussi, c’est un optimiste de nature. »













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