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    Philippe Couillard

    Le fantôme de Porter

    Josée Boileau
    19 mars 2014 |Josée Boileau | Québec | Éditoriaux




     

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    Philippe Couillard s’est emporté mardi, alors qu’il était à nouveau interrogé sur son association avec Arthur Porter, ancien patron du CUSM et partenaire d’affaires du chef libéral. Outre de s’exclamer qu’il en avait « plein le dos », M. Couillard a ajouté : « Je ne tolérerai plus toute tentative de me lier par association à ce qui est reproché au Dr Porter dont il aura à répondre devant les tribunaux. » Soit. Mais ce que révélait Le Devoir ce jour-là ne concernait pas ses problèmes judiciaires, mais le statut d’une entreprise dont M. Couillard était partenaire et qui porte son nom.

     

    La firme Porter, Couillard et associés a été créée en contravention de la Loi sur la santé et les services sociaux, qui stipule que le directeur général d’un centre hospitalier, ce qu’était M. Porter à l’époque, ne peut occuper d’autres fonctions dans le domaine de la santé.

     

    M. Couillard avait été ministre, c’est le genre de disposition qu’il devait connaître. Semble-t-il qu’il a cru Arthur Porter lorsque celui-ci lui a dit que toutes les autorisations avaient été obtenues et cela lui a suffi. De toute manière, l’entreprise n’a jamais été active, a expliqué le chef libéral. Et pourtant là est le fond du problème : M. Couillard ne semble pas un homme très curieux, ce qui ramène à son jugement.

     

    On dit qu’Arthur Porter, aujourd’hui accusé de fraude et d’abus de confiance mais qu’on retrouve dans plusieurs dossiers sombres, était un maître dans l’art d’amadouer ses interlocuteurs. On s’attend néanmoins à ce que quelqu’un qui est prêt à se lancer en affaires avec un associé dépasse la séduction et ne lui laisse pas carte blanche. La confiance est une belle qualité, mais la frontière est mince qui la sépare de la naïveté ! Le constat vaut particulièrement en politique, lieu de tous les assauts pour qui veut arriver à ses fins. Un premier ministre doit savoir être vigilant. M. Couillard ne semble pas très doué à cet égard.

     

    Ses liens avec l’Arabie saoudite en sont un autre exemple, comme l’avait fait voir un reportage paru dans le National Post — qu’on ne peut guère taxer d’activisme séparatiste ! — en novembre 2011. Le quotidien s’était intéressé aux curieuses nominations, par le gouvernement conservateur, de messieurs Porter et Couillard au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité. M. Couillard siégeait au même moment au conseil consultatif mis en place par le ministre saoudien de la Santé. Or les hôpitaux de ce pays, disent des spécialistes du renseignement, sont soupçonnés de participer à l’application stricte de la charia qui y sévit, notamment des amputations. M. Couillard, cité ailleurs dans l’article, a refusé de commenter ce point. Il ne s’est d’ailleurs jamais trop épanché sur le contexte de son travail là-bas. Y avait-il là aussi carte blanche ?













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