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    Tous avec Péladeau pour le «pays»

    Douze personnalités indépendantistes se prononcent

    12 mars 2014 |Marco Fortier | Québec
    Les signataires estiment que Pierre Karl Péladeau peut garder ses actions dans l’empire Québecor malgré les <em>«inquiétudes bien légitimes</em> […] <em>au sujet de l’indépendance des médias».</em>
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les signataires estiment que Pierre Karl Péladeau peut garder ses actions dans l’empire Québecor malgré les «inquiétudes bien légitimes […] au sujet de l’indépendance des médias».




     

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    Des membres influents du mouvement souverainiste serrent les rangs derrière l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau, candidat vedette du Parti québécois (PQ), décrit comme la bougie d’allumage d’un mouvement vers le « pays » à bâtir.

     

    Douze personnalités indépendantistes, dont les ex-premiers ministres Jacques Parizeau et Bernard Landry, invitent les souverainistes à se rallier derrière le propriétaire de l’empire Québecor, malgré les craintes pour l’indépendance de la presse soulevées par sa candidature. Elles rejettent aussi les virulentes critiques adressées dans le passé au magnat des médias, qui a déclenché 14 lockouts au cours des dernières années.

     

    L’engagement politique de ce membre en vue de la communauté d’affaires envoie un « puissant signal » qui ravive la flamme souverainiste, écrivent les 12 signataires dans une lettre qu’a fait circuler l’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe. Ils appellent à renforcer la vaste coalition de souverainistes de tous les horizons, de gauche comme de droite, mise sur pied par René Lévesque il y a quatre décennies.

     

    « Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu un coup de tonnerre comme ça au Québec », résume Lisette Lapointe, ex-députée du Parti québécois élue mairesse de la petite municipalité de Saint-Adolphe-d’Howard, dans les Laurentides, en novembre dernier.

     

    Mme Lapointe — mariée à Jacques Parizeau — a claqué la porte du PQ en juin 2011 avec trois autres députés, plus impatients que Pauline Marois de « bâtir un pays ». Pour elle, l’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau redonne vie au rêve souverainiste. Tous les signataires joints par Le Devoir partagent le même enthousiasme.

     

    Ils estiment que Pierre Karl Péladeau peut garder ses actions dans l’empire Québecor malgré les « inquiétudes bien légitimes […] au sujet de l’indépendance des médias ». « M. Péladeau a quitté toutes ses fonctions, il s’est engagé à placer ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard et à respecter les lignes directrices du code d’éthique de l’Assemblée nationale », indique la lettre.

     

    Des critiques du passé

     

    En entrevue au Devoir, Gilles Duceppe — qui est maintenant chroniqueur invité au Journal de Montréal — a jugé probable qu’obliger Pierre Karl Péladeau à vendre ses actions reviendrait « à faire en sorte que Québecor passe à des mains étrangères, ce qui n’est pas souhaitable ».

     

    C’est l’ex-chef bloquiste qui a pris l’initiative de cette lettre, et qui a contacté chacun des signataires. « Je n’ai pas parlé à Pauline Marois depuis quelques mois,dit-il. Ça vient de moi, et c’est mon droit le plus strict de m’exprimer. » Il n’a pas envoyé la lettre à Lucien Bouchard, parce qu’il « s’implique très peu en politique partisane », dit-il.

     

    Les signataires de la lettre d’appui à Pierre Karl Péladeau sont tous identifiés à l’aile progressiste du mouvement souverainiste. Lise Payette, Louise Harel, Gérald Larose, Marc Laviolette, Jean Doré, Jean-Paul L’Allier, Jean Garon et Viviane Barbot se rallient ainsi au propriétaire de Québecor, même si plusieurs d’entre eux l’ont vivement critiqué dans le passé.

     

    Le syndicaliste Gérald Larose avait ainsi qualifié l’attitude de Québecor de « démente », dans la foulée du lockout de 21 mois au Journal de Montréal, de 2009 à 2011. L’ex-ministre Louise Harel, elle, avait rendu visite aux 253 employés mis en lockout, dès le début du conflit de travail. Et Lise Payette avait renoncé à sa chronique dans le Journal de Montréal pour protester contre l’attitude de Pierre Karl Péladeau face à ses employés. Depuis, elle signe une chronique dans Le Devoir.

     

    La souveraineté d’abord

     

    « Je ne peux pas être d’accord avec le déclenchement d’un lockout comme seule solution quand il y a une menace de grève », maintient Lise Payette.

     

    « Je crois qu’au Parti québécois, il y aura assez de monde autour de lui pour lui faire faire une réflexion à ce sujet,ajoute l’ex-ministre péquiste. M. Péladeau peut apprendre des choses. Il est dans une période d’évolution. Il peut se rendre compte que [le lockout] était une erreur. Je ne désespère pas des gens. »

     

    « Au-delà de toutes les querelles, ça reste quelqu’un que je respecte. Même dans nos différends, il a été correct avec moi », ajoute Lise Payette. Après le conflit au Journal de Montréal, Pierre Karl Péladeau l’a invitée à dîner et lui a offert de revenir dans le giron de Québecor. Mme Payette a refusé et a préféré poursuivre sa collaboration avec Le Devoir.

     

    Louise Harel, ex-ministre péquiste (notamment de l’Emploi et de la Solidarité) et ex-candidate à la mairie de Montréal, salue aussi l’engagement politique de Pierre Karl Péladeau. « L’ancienne ministre de l’Emploi reste totalement sur ses positions. […]J’ai un préjugé favorable aux travailleurs et je dirais même que j’ai un préjugé favorable aux syndicats. Mais je pense que malgré tout, pour la suite de l’histoire du Québec, l’arrivée de Pierre Karl Péladeau est une bonne nouvelle », dit-elle.

     

    Jean Doré, ex-maire de Montréal, se porte lui aussi à la défense du propriétaire de Québecor. Il s’indigne lorsqu’on lui rappelle les craintes entourant l’indépendance des médias de Québecor. « Est-ce qu’on est dans un procès ? Ça m’a horripilé, toutes les intentions malveillantes qu’on lui prête », dit-il.

     

    « Pierre Karl Péladeau n’est pas un saint. Le lockout au Journal de Montréal aurait dû être moins long. Mais on doit applaudir le fait qu’il a le courage de s’impliquer en politique. »


    Avec Guillaume Bourgault-Côté et Jeanne Corriveau

     
     
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