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    Pauline Marois démarre la campagne à l’abri des questions

    6 mars 2014 |Marco Bélair-Cirino | Québec
    Pauline Marois n’a accordé que trois entrevues à des journaux locaux mercredi.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois n’a accordé que trois entrevues à des journaux locaux mercredi.




     

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    La chef du Parti québécois, Pauline Marois, s’est isolée mercredi dans une bulle hermétique. Elle a esquivé les questions des journalistes affectés à la couverture de la campagne électorale.

     

    Mme Marois a acquiescé à trois demandes d’entrevue de journaux régionaux, c’est-à-dire celles du Nouvelliste, de L’Écho de Maskinongé et de L’Écho de Trois-Rivières.

     

    La première ministre sortante a ainsi fait la sourde d’oreille aux cris des chefs libéral Philippe Couillard et caquiste François Legault, dont les journalistes tentaient de se faire l’écho.

     

    Après s’être entretenue quelques minutes avec son attachée de presse, Marie Barrette, la chef péquiste s’est arrêtée en milieu d’après-midi devant une mêlée de journalistes. « Mon attachée de presse a dit : “ Avez-vous dit que vous alliez leur parler ? ” Je ne leur parle plus ! », a-t-elle blagué. « Ce n’est pas vrai. Dans les jours qui viennent, on va avoir l’occasion de se parler longuement. »

     

    Sa garde rapprochée a prévu une première période de questions jeudi de 10 h 25 à 10 h 35. Dix minutes chrono.

     

    La première ministre a pourtant multiplié les apparitions publiques mercredi à l’occasion de sa première journée de campagne.

     

    La caravane péquiste s’est dirigée tout droit vers l’aluminerie de Deschambault où Mme Marois a salué un groupe d’employés massés à l’extérieur des installations du groupe Alcoa. « Quand je vous vois, je sais pourquoi je fais de la politique. [C’est] pour faire en sorte qu’on ait de meilleurs emplois », a-t-elle déclaré d’une voix étouffée par un mur de journalistes, photographes, caméramans, preneurs de son. Le gouvernement péquiste a dissipé il y a 10 jours les craintes de fermeture des trois alumineries Alcoa au Québec en concluant une nouvelle entente d’approvisionnement en électricité entre la multinationale américaine et Hydro-Québec, a-t-elle rappelé, au côté de son « maudit bon candidat » dans la circonscription de Portneuf, Hugues Genois.

     

    Le Parti québécois a marqué des points auprès des travailleurs des alumineries en danger et de leurs proches, est persuadé un travailleur contractuel à l’usine de Deschambault depuis huit ans. « Il y en a plein qui n’ont pas voté pour Pauline. Je le sais. Mais là, d’après moi, ça va virer de bord », a-t-il fait valoir dans un échange avec Le Devoir.

     

    Briguant les suffrages sous la bannière du Parti québécois, M. Genois a salué la conclusion d’un accord entre le gouvernement du Québec et Alcoa avant le coup d’envoi de la campagne électorale. « [Cette] entente gagnant-gagnant […] est bien tombée avant la campagne électorale », a-t-il confié.

     

    M. Genois compte aussi miser sur la charte de la laïcité afin de déloger le député sortant, le caquiste Jacques Marcotte.

     

    Pauline Marois a ensuite mis le cap — la charte de la laïcité sous le bras — sur la région de la Mauricie où l’élection de nouveaux députés ouvrirait la porte à un gouvernement majoritaire du Parti québécois. « L’opposition qui est devant nous bloque le gouvernement sur des projets fondamentaux. […] La charte [propose] un État qui respecte des valeurs fondamentales, l’égalité entre les hommes et les femmes et la neutralité de l’État : c’est ça, notre projet de charte. Oui, nous allons la faire adopter le jour où nous serons majoritaires », a déclaré Mme Marois, juchée sur une chaise de bois dans le Pub O’Centro situé dans le centre-ville de Trois-Rivières.

     

    En plus des journalistes, les faits et gestes de Mme Marois étaient épiés par le metteur en scène Yves Desgagnés appelé en renfort afin de « travailler sur la communication publique » de la chef péquiste. « Elle va faire des points de presse à partir de [jeudi]. Cette première journée, elle avait un emploi du temps tellement incroyable ! »

    ***


    En temps et lieu

    Le Parti québécois est formé de « souverainistes pressés » et de « souverainistes pas pressés ». Le candidat dans la circonscription de Portneuf, Hugues Genois, se décrit lui comme « un souverainiste en temps et lieu ». Le président de la Chambre de commerce régionale de Saint-Raymond ne voit pas à l’horizon un référendum sur l’indépendance du Québec. « Je ne pense pas dans le premier [mandat après l’élection d’un gouvernement majoritaire]. On pourra peut-être attendre », a-t-il dit. « Les gens peuvent avoir confiance que je ne me lancerai pas dans un projet à l’aveuglette. » Pour rassurer les « gens [qui ont] peur de l’incertitude », le Parti québécois « va travailler fort pour rassembler toutes les conditions ».













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