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    Parti libéral du Québec — Philippe Couillard

    Recentrer le débat sur les «vraies affaires»

    5 mars 2014 |Robert Dutrisac | Québec
    Philippe Couillard a beaucoup travaillé son ton et la simplicité de ses messages pour arriver à se faire le candidat des « vraies affaires », une expression dont le PLQ a fait le pilier de son slogan. Il entend opposer ses préoccupations aux « faux débats » du Parti québécois.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Philippe Couillard a beaucoup travaillé son ton et la simplicité de ses messages pour arriver à se faire le candidat des « vraies affaires », une expression dont le PLQ a fait le pilier de son slogan. Il entend opposer ses préoccupations aux « faux débats » du Parti québécois.
    «Le fardeau de la preuve, c'est du côté de ceux qui veulent changer l'état acutle des choses.» — Philippe Couillard, le chef du Parti libéral du Québec

    Québec — Philippe Couillard entend mener une campagne électorale rivée sur les préoccupations terre à terre de la population, loin de la charte de la laïcité dont il ne voudra pas parler spontanément, loin de ses velléités de signer la Constitution, une campagne axée sur la croissance économique, qu’il lie au maintien des services publics.

     

    Philippe Couillard a terminé son apprentissage : il se dit fin prêt à se lancer dans cette première campagne électorale à titre de chef du Parti libéral, campagne qu’il aborde « avec beaucoup d’enthousiasme », affirme-t-il dans une entrevue accordée au Devoir il y a quelques jours. « Aussi bizarre que ça puisse paraître, j’ai l’intention de prendre plaisir à l’expérience. »

     

    Nouveaux hommes forts

     

    Malmené par le départ du caucus libéral de la députée de La Pinière, Fatima Houda-Pepin, le leadership de Philippe Couillard est intact, soutient-il. « Un des signes de leadership, c’est d’être capable de s’entourer de personnes fortes », fait-il valoir. De nouvelles personnes fortes.

     

    « Le test ultime, c’est la capacité de recruter des candidats de haut niveau » dans « le climat actuel de cynisme relatif » qui frappe la classe politique. C’est le cas du caquiste repentant Gaétan Barrette, forte tête s’il en est, et des nouveaux candidats au profil économique que sont Martin Coiteux, Jacques Daoust et Carlos Leitao.

     

    Le message électoral du Parti libéral, Philippe Couillard le résume ainsi : « L’urgence au Québec, c’est de rétablir une économie prospère et des finances publiques saines, sinon il n’y a pas de choix à faire parce qu’il n’y a pas les moyens des choix. » Les thèmes électoraux seront regroupés « sous le grand vocable économique ».

     

    Le chef libéral parlera d’éducation et aussi de santé, une des principales préoccupations de la population, « en rappelant que, pour éviter qu’on ait des coupes comme on en a maintenant, il faut générer des moyens collectifs suffisants ».

     

    Depuis quelque temps, Philippe Couillard, qui se veut le candidat des « vraies affaires », comme l’annonce son slogan de campagne, tente de simplifier son discours. Il ponctue ses allocutions de tournures populaires, comme « pantoute », qui ne font pas très collège Stanislas, où il a étudié à Outremont. « Je suis quand même un citoyen comme les autres. J’ai accès à plusieurs niveaux de langage, avance-t-il. Je passe moins de temps à expliquer la genèse de l’idée pour arriver à l’idée et à la conclusion. » Il dit aussi avoir « plus de spontanéité dans ses discours ».

     

    Spectre référendaire

     

    Avant même que les hostilités électorales ne soient lancées, Philippe Couillard n’a pas hésité à brandir le spectre du référendum et de la « séparation », un mot que le chef libéral veut remettre au goût du jour. « La première chose que je vais faire, c’est de remettre la table du bon côté. Le fardeau de la preuve, c’est du côté de ceux qui veulent changer l’état actuel des choses, juge le chef libéral. C’est faux de dire qu’il y a une symétrie de fardeau. Le fardeau est sur ceux qui veulent retirer la citoyenneté canadienne aux Québécois. »

     

    Lui-même se définit « d’abord et avant tout comme Québécois », évitant l’écueil sur lequel s’était lancé son actuel président de campagne, Daniel Johnson, qui, en succédant à Robert Bourassa comme chef libéral en 1993, s’était déclaré « Canadian first and foremost ». Mais « un Québécois qui est également heureux de sa citoyenneté canadienne », ajoute Philippe Couillard.

     

    Sur le plan identitaire, le Parti libéral ne perdra pas de points en raison du débat sur la charte de la laïcité, croit-il, même chez les francophones en région. « Je pense que ça va être un dossier mineur. D’abord, ça fait longtemps que ça traîne. […] Ça va être bien difficile de faire vivre ça en campagne électorale. »

     

    À son avis, les enjeux identitaires qu’exploite le PQ sont à mille lieues des préoccupations réelles de l’électorat, du moins l’électorat que vise le Parti libéral, « l’électorat qui est changeant », cet électorat sans allégeance politique qui est en croissance dans toutes les démocraties avancées, fait-il observer. « Ce que les gens veulent entendre, c’est un discours qui est direct, qui parle des véritables préoccupations. Ce que je vais reprocher particulièrement au Parti québécois, c’est d’avoir des faux débats, des fausses urgences, des fausses priorités. »

     

    Philippe Couillard, de son nom de baptême Philippe Couillard de l’Espinay, particule qu’il a choisi de mettre de côté, s’intéresse à la philosophie, au philosophe présocratique Héraclite tout particulièrement. « Tout est flux, tout bouge, rien ne reste immobile, cite le chef libéral. S’il y a un endroit où c’est vrai, c’est bien en politique. » Héraclite, dit « l’Obscur », était reconnu cependant pour ses sentences énigmatiques. Mais c’est pour Napoléon que Philippe Couillard se passionne : en campagne, il traînera avec lui l’ouvrage de Serge Joyal Le mythe de Napoléon au Canada français, une brique de 576 pages qu’il lira « à petites doses », se promet-il.













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