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    Consultation sur le projet de loi

    La charte serait «nécessaire» pour prévenir l’intégrisme

    22 janvier 2014 |Marco Bélair-Cirino | Québec









    Consultez tous nos textes sur la Charte des valeurs québécoises

    Québec — La burqa, le niqab et le tchador symbolisent l’« oppression de la femme » aux yeux du chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, mais pas le hidjab, s’explique mal Rakia Fourati.

     

    « Qu’il soit rouge, vert, noir, porté d’une façon élégante avec des boucles d’oreille, avec un maquillage ou sans maquillage, ça reste toujours un symbole […] qui est l’intégrisme, qui est la soumission sous toutes ses formes », a soutenu mardi la femme d’origine tunisienne devant les membres de la commission parlementaire chargée d’étudier la charte de la laïcité du gouvernement péquiste.

     

    Arabie saoudite

     

    Le chef de l’opposition garde sans doute des souvenirs différents des siens de son séjour en Arabie saoudite, a souligné Mme Fourati, qui a vécu sept ans dans le royaume de la péninsule arabique. « [M. Couillard, qui a mis sur pied le service de neurochirurgie de Dharam en Arabie saoudite de 1992 à 1996], ne pourra jamais sentir ni connaître la réalité des choses comme moi, je l’ai vécue », a-t-elle indiqué. « Quand il mange, il mange avec les hommes. Il ne sait pas que la femme, elle, attend à côté que les hommes terminent de manger pour qu’on leur donne à manger après. Dans la rue, il ne sait pas qu’il y a la police religieuse, avec un petit bâton, qui vient me donner des coups sur les jambes quand mon foulard tombe », a raconté la signataire du « manifeste des Janette ».

     

    Le Québec n’est pas l’Arabie saoudite, a-t-elle reconnu. « [Cependant], les islamistes qui sont au Québec ne sont pas différents des islamistes qui sont en Tunisie, des islamistes qui sont en Arabie saoudite et des islamistes qui sont ailleurs », a-t-elle dit. Ils partagent à la fois une « idéologie » et des « objectifs » identiques.

     

    En plus de s’être frottée à l’« intégrisme religieux » en Arabie saoudite, Mme Fourati a assisté à la poussée d’un « islamisme » en Tunisie, en Égypte et en France. « Et actuellement, je suis au Québec où je suis très inquiète pour l’avenir », a-t-elle dit.

     

    Mme Fourati a mis le cap sur le Québec il y a une dizaine d’années afin d’« être une femme libre dans un pays laïque, inclusif et égalitaire, comme le réclame la charte ». « Préventif », le projet de loi 60 assurera la « neutralité, l’objectivité et la laïcité d’un Québec libre, égalitaire et juste », selon elle.

     

    Paix religieuse

     

    En garantissant le « respect des convictions religieuses de toutes les clientèles de toutes les institutions publiques financées par des fonds publics », la charte du Parti québécois renforcera la « paix religieuse » au Québec, a ajouté le sociologue Guy Rocher.

     

    Le professeur agrégé à l’Université McGill Raphaël Fischler ne voyait pas les choses de la même façon. Selon lui, l’équipe de la première ministre Pauline Marois « joue avec le feu pour des raisons politiques ». Drapé d’une « conception de la laïcité qui va trop loin dans le refus de la religion », le ministre Bernard Drainville, a accouché d’un projet de loi faisant un « tort énorme au Québec », a soutenu le directeur de l’École d’urbanisme à l’Université McGill.

     

    Comportant une « dimension réactionnaire », « la loi demande des sacrifices aux minorités [mais] pas à la majorité », a-t-il dénoncé, soupçonnant le gouvernement de voir « la diversité comme une menace ».

     

    De son côté, le Mouvement laïque québécois a pressé les élus d’adopter « à l’unanimité » et « le plus tôt possible » une charte de la laïcité, même si celle-ci courra « le risque énorme » de se faire amputer par la Cour suprême du Canada.

     

    D’ailleurs, le Rassemblement pour la laïcité a invité le gouvernement à ne plus lever les yeux sur la clause dérogatoire « afin de faire primer les instances politiques qui sont élues par la population au lieu de remettre la décision dans les mains de juges qui sont nommés ».













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