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    Fonction publique

    Couillard prône l’interdiction de la burqa, du niqab et du tchador

    22 janvier 2014 |Robert Dutrisac | Québec
    Le chef libéral Philippe Couillard propose que cette interdiction du port de la burqa, du niqab et du tchador ne fasse pas l’objet d’un projet de loi.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard Le chef libéral Philippe Couillard propose que cette interdiction du port de la burqa, du niqab et du tchador ne fasse pas l’objet d’un projet de loi.









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    Québec — Le Parti libéral du Québec est maintenant prêt à décréter l’interdiction, pour tous les employés de l’État, de trois signes religieux — la burqa, le niqab et le tchador — même si cette prohibition générale est contraire aux chartes des droits et libertés, selon le Barreau du Québec et la Commission des doits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

     

    « Notre approche n’est pas que légaliste », a affirmé Philippe Couillard qui a dévoilé, lors d’une conférence de presse, la nouvelle position libérale en matière de neutralité religieuse de l’État, fruit des travaux d’un comité présidé par le député de Fabre, Gilles Ouimet.

     

    « Bien sûr, vous avez entendu le Barreau et la Commission des droits. Notre approche vient de ce que les Québécois veulent », a soutenu le chef libéral.

     

    Mais pour éviter d’avoir à recourir aux clauses dérogatoires des chartes québécoise et canadienne des droits, Philippe Couillard propose que cette interdiction du port de la burqa, du niqab et du tchador ne fasse pas l’objet d’un projet de loi. Elle passerait par de nouveaux codes vestimentaires imposés par les administrations publiques.

     

    Subjectivité

     

    Pourquoi ces trois signes religieux et non pas les autres ? « C’est un jugement qu’on pose. […] Il y a une part de subjectivité là-dedans », a reconnu le chef libéral. « Nous considérons que le port de ces trois vêtements par la femme est l’instrumentalisation de la religion pour des fins d’oppression et de soumission. » Évoquant le fait qu’il a vécu en Arabie saoudite, Philippe Couillard a dit bien comprendre « les messages qui sont envoyés par les vêtements ». Il n’a cependant pas expliqué comment une fonctionnaire qui voudrait porter un de ces signes proscrits ne pourrait pas obtenir un accommodement religieux, en vertu de la jurisprudence. « Je répète que, pour nous, l’interdiction du port de signes religieux par les employés de l’État, ça n’a aucun sens. Je répète que je veux qu’il n’y ait personne qui perde sa job au Québec pour une histoire semblable », a-t-il cependant affirmé.

     

    Pour ce qui est des agents de l’État avec des pouvoirs de coercition comme les policiers, ils pourront demander des accommodements pour porter des signes religieux. Tout comme pour le tchador, il s’agit d’une « situation hypothétique », a toutefois rappelé le chef libéral.

     

    Accommodements

     

    Les personnes qui demanderont des accommodements devront prouver, en vertu d’un nouveau critère, qu’elles font des efforts pour s’intégrer à leur milieu de travail. D’ailleurs, depuis la « pseudocrise des accommodements » et la commission Bouchard-Taylor qui a suivi, « les institutions se sont dotées de guides », a signalé le chef libéral. « Ça se gouverne avec succès dans les sociétés dans le monde et c’est comme ça au Québec. »

     

    Contrairement à la conception du Parti québécois, la neutralité religieuse de l’État pour le PLQ ne s’incarne pas dans les individus. En outre, les libéraux conserveraient le crucifix à l’Assemblée nationale. Enfin, le PLQ présentera un projet sur l’intégrisme qui visera notamment la protection de la jeunesse et les crimes d’honneur, un copier-coller du projet de loi élaboré par Fatima Houda-Pepin, selon cette dernière.


    Fatima Houda-Pepin

     

    Dans une tournée des médias électroniques, Fatima Houda-Pepin, qui se désigne désormais sous le titre de députée libérale indépendante, a qualifié la nouvelle mouture présentée par son ancien chef de « position alambiquée à souhait ».

     

    « M. Couillard, il pense qu’il va régler le problème. Ses problèmes commencent ! » a-t-elle lancé dans une entrevue à la radio de Radio-Canada mardi matin. La députée a révélé qu’elle avait indiqué à ses collègues lors du caucus lundi que cette position, « c’est la meilleure recette pour la perte de la prochaine élection ».

     

    À cette affirmation, Philippe Couillard a répliqué que « faire de la politique, c’est dire au monde : “ voici ce je crois  ». Ce sera aux électeurs de décider.

     

    Pour le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, l’expulsion de Fatima Houda-Pepin confirme que les libéraux « ne sont pas génétiquement capables de défendre et d’affirmer les valeurs québécoises ». Quant à la nouvelle position libérale sur la neutralité de l’État, le ministre n’avait pas assez d’épithètes pour la qualifier : « alambiquée », « confuse », « compliquée », « incompréhensible ». Bernard Drainville a répété que « la meilleure façon de lutter contre l’intégrisme, c’est d’adopter la charte des valeurs ».

     

    Avec Marco Bélair-Cirino













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