Le déficit zéro de plus en plus hors d’atteinte

Le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, prévoit une baisse significative du PIB nominal.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, prévoit une baisse significative du PIB nominal.

Québec — À mesure que le temps passe, l’atteinte du déficit zéro dès cette année semble de plus en plus hors de portée du gouvernement Marois.

 

En dévoilant les comptes publics pour l’année 2012-2013 aux côtés du président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, a indiqué que la prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 1,3 % au Québec devrait à peu près tenir. « On devrait être dans ces eaux-là », a-t-il dit.

 

Mais c’est le PIB nominal, ce qui comprend l’inflation, qui compte pour les revenus de l’État. Et là, l’évolution est négative. « Il y a une baisse significative du PIB nominal, a prévenu Nicolas Marceau. Allez voir le rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada : vous allez constater à quel point l’inflation est faible au Canada et, au Québec, elle a été encore plus faible qu’ailleurs. Alors, ç’a des répercussions sur nous. »

 

Mise à jour

 

Le ministre doit présenter sa mise à jour économique et financière à la fin de novembre ou au début de décembre, moment où le montant du déficit prévu pour l’année en cours devrait être connu. Dans les officines gouvernementales, le chiffre de 2 milliards circule. Les fonctionnaires des Finances s’affairent à « mesurer l’ampleur de la croissance plus faible des revenus avec laquelle nous devons vivre », a dit le ministre, tout en tâchant de déterminer combien de temps durera cette période de vaches maigres.

 

« Il n’est pas question, de notre côté, de poser des gestes qui pourraient mettre à mal la croissance économique », a affirmé Nicolas Marceau. En clair, il est hors de question de résorber le déficit par de nouvelles compressions ou en cessant de soutenir l’économie québécoise.

 

De son côté, Stéphane Bédard trouve un réconfort dans les comparaisons avec l’Ontario. « Par rapport à nos voisins aussi, on a une position qui est avantageuse », s’est-il réjoui. Ainsi, le déficit du Québec l’an dernier s’élevait à 0,4 % du PIB contre 1,4 % en Ontario, selon le communiqué diffusé jeudi par le cabinet de Nicolas Marceau.

 

En commission parlementaire

 

Fait positif, la lutte contre la corruption et la collusion s’est traduite par des économies pour l’État l’an dernier. La dette brute du Québec a augmenté de 8,4 milliards au lieu des 10,3 milliards prévus. La moitié de l’écart de 1,9 milliard vient de la baisse du coût des immobilisations. Des précisions sur cette réduction des coûts des contrats viendront sous peu.

 

Par ailleurs, Nicolas Marceau n’a guère prisé de recevoir une assignation à comparaître le 20 novembre en commission parlementaire. Il devra se présenter avec des informations financières en main sur les organismes extrabudgétaires et les fonds spéciaux. Le ministre, qui devait comparaître en commission mercredi, avait refusé de fournir ces données parce qu’elles sont incomplètes en cours d’année financière. « Ils sont dans des procédés farfelus [qui trahissent] une grande méconnaissance de nos institutions », a accusé le ministre.

6 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 1 novembre 2013 05 h 10

    Crier pour crier !

    Ça criait contre le déficit zéro et ça crie encore parce qu'il ne sera peut-être pas atteint ! Méchant malades ! Pis y a encore du monde qui veulent voter pour ces enragés-là ! Moi, c'est ça qui me dépasse.

    PL

    • Marc Collin - Inscrit 1 novembre 2013 09 h 48

      c'est sur on devrait remettre les libéraux en place afin que la dette s'accroit encore plus rapidement.

  • Martin Simard - Inscrit 1 novembre 2013 07 h 45

    Est-ce que les Libéraux auraient fait mieux?

    Oui et non. La seule grande différence à mon avis est qu'un gouvernement péquiste fait peur aux investisseurs internationaux, ce qui freine l'investissement étranger au Québec. Donc, avec les Libéraux, on serait dans une position "un peu plus, mais pas beaucoup plus meilleure".

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 1 novembre 2013 09 h 28

      Les investissements étrangers au Québec sont habitués depuis des années à venir se servir sans réserve. Ils ont maintenant un gouvernement qui leur demande d'en laisser un peu sur place. Ça va prendre un certain bout de temps pour qu'ils s'acclimatent. Moi, des étrangers qui viennent fouiller dans mes poches à en arracher les coutures dans le fond, j'ai pas nécessairement besoin de ça !

      PL

    • Claude Smith - Abonné 1 novembre 2013 09 h 54

      Ce qui frêne les investissements étrangers au Québec, c'est surtout le fait que nous vivons à l'échelle mondiale une récession qui se prolonge notamment au niveau des matières premières. L'aluminium est le dernier exemple en liste.

      Claude Smith.

  • Sauve Richard - Inscrit 1 novembre 2013 11 h 17

    Les Libéraux font toujours mieux!

    Les Libéraux ont toujours fait mieux pour l'économie et pour l'image du Québec au prêt des investisseurs. Pésentement les investisseurs n'ont aucune confiance en ce governement Péquiste. Le plan économique du PQ....c'est le Plan Mort!

    Le PQ est tellement solide en economie que sous leur règne le bureau chef de La Banque de Montréal c'est transfèré à Toronto!