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    FTQ : un coup de force se prépare contre Arsenault

    Le plus important syndicat affilié cherche un remplaçant au président de la centrale

    21 octobre 2013 |Jessica Nadeau | Québec
    Au cours des dernières semaines, deux des dix secteurs associés du SCFP-Québec ont proposé des résolutions demandant le départ de Michel Arsenault, soit le secteur des communications et celui du transport urbain.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Au cours des dernières semaines, deux des dix secteurs associés du SCFP-Québec ont proposé des résolutions demandant le départ de Michel Arsenault, soit le secteur des communications et celui du transport urbain.
    Les plus hautes instances de la section québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec), le plus gros affilié de la FTQ, souhaitent le départ de Michel Arsenault et lui cherchent un remplaçant. En conseil général, mercredi dernier, les membres ont discuté avec beaucoup de vigueur, et ce, toute la journée, sur une proposition visant à demander au président sortant de ne pas se représenter aux élections qui auront lieu à la fin novembre, a appris Le Devoir.

    Au cours des dernières semaines, deux des dix secteurs associés du SCFP-Québec ont proposé des résolutions demandant le départ de Michel Arsenault, soit le secteur des communications et celui du transport urbain, ont confié différentes sources au sein du mouvement. « Nous avons pris une résolution, il y a environ trois semaines, qui a été envoyée au conseil provincial des communications, à l’effet que si personne ne se présentait contre Michel Arsenault, on n’irait pas au congrès de la FTQ, confirme Réjean Beaudet, président du syndicat des employés de TVA. Ça a parti un cheminement [qui s’est rendu] à la tête du SCFP-Québec qui a commencé à cogiter là-dessus. »

    Au Bureau du SCFP, qui est composé de la présidente, du secrétaire général, et des vice-présidents des dix secteurs, on a étudié la question mardi et décidé de l’amener en conseil général le lendemain, une réunion à laquelle ont assisté une cinquantaine de membres influents. Les discussions sur un projet de résolution visant à demander au président Michel Arsenault de ne pas se représenter ont accaparé la très grande majorité de la rencontre de mercredi dernier. N’étant pas parvenus à un compromis acceptable après huit heures de pourparlers, les représentants du SCPF-Québec ont décidé de reporter la discussion à une rencontre qui devrait avoir lieu en début de semaine, en marge du congrès national du SCFP à Québec.

    « Nous avons discuté longuement, tout le monde a eu la possibilité de s’exprimer sur ce qu’on entend dans nos sections locales », affirme l’un des participants sous le couvert de l’anonymat. « Les discussions sont difficiles, certains soutiennent toujours Michel Arsenault, d’autres commencent à vouloir du changement. Ce n’est pas unanime, mais une chose est certaine, il y a beaucoup de doutes chez les travailleurs », soutient un autre syndiqué.

    Des appuis pour Arsenault

    Selon nos sources, sept des dix sections locales souhaitent le départ de Michel Arsenault, une hésite toujours et deux autres tentent de faire du blocage. Parmi les fidèles du président de la FTQ, qui a fait l’objet de nombreux reportages au cours des dernières années, on retrouve le président des cols bleus de Montréal, Michel Parent. « Moi, à première vue, je ne suis pas en faveur de cette résolution-là. Il n’y a aucun de mes membres qui a levé le flag pour dire que M. Arsenault devrait partir. Ce que j’ai fait savoir au conseil général, c’est qu’à ce que je sache, la seule chose reprochée à M. Arsenault, c’est d’avoir été sur le bateau de M. Accurso. Il a reconnu lui-même que c’était une erreur de jugement, mais, selon moi, ça ne nécessite pas la démission ou le départ de M. Arsenault. »

    En entrevue au Devoir, il affirme que, si certains réclament le départ de l’actuel président de la FTQ, c’est en raison de la « tourmente médiatique » qui s’est amplifiée notamment depuis le récent témoignage de Ken Pereira à la commission Charbonneau. « Ce n’est pas aux médias de décider qui doit être le président de la FTQ, c’est aux membres, sur le plancher d’un congrès. […] Si M. Arsenault se présente et que les gens le réélisent, c’est parce qu’ils auront confiance en lui. »

    À la recherche de candidatures

    Michel Arsenault a déjà confirmé qu’il se représentait aux élections, qui auront lieu lors du congrès de la FTQ à la fin novembre. Selon nos sources, aucun autre candidat ne se présente contre lui. Les discussions de la dernière semaine en haut lieu ont donc également porté sur la possibilité de présenter une candidature issue du SCPF, ce qui permettrait à tout le moins d’offrir une autre option, estiment certains. « Nous avons fait le tour pour voir si on avait entendu parler de gens qui seraient prêts à se présenter », affirme une source.

    Le défi de trouver quelqu’un, à un mois des élections, est d’autant plus difficile à relever que la tâche ne sera pas facile pour le successeur de Michel Arsenault. « Entrer à la FTQ à l’encontre de quelqu’un qui veut se présenter, est-ce que ça s’est seulement déjà fait ? Je ne sais pas. Mais Michel Arsenault a encore des appuis, et l’ambiance ne sera pas des plus amicales pour le nouveau venu. En même temps, ça permettrait de redresser l’image du syndicat avec du sang nouveau. Ce sont des décisions politiques, ce n’est pas facile et c’est pourquoi on essaie de trouver un consensus », affirme une autre source. Selon nos informations, certains noms ont circulé, mais personne n’a encore été désigné pour tenter de faire le contrepoids à Michel Arsenault.

    Du côté du bureau du SCFP-Québec, Le Devoir a pu constater qu’on était visiblement mal à l’aise vendredi. « On discute de cela au conseil général, ce n’est pas terminé, je ne peux pas commenter davantage », s’est contenté de répéter le secrétaire général, Denis Bolduc, refusant de préciser la nature des discussions.
     
     
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