Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Libre opinion

    L’information «ouverte» pour stopper la corruption

    11 octobre 2013 |Jonathan Brun, Jean-Noé Landry et Dave Pelletier - Membres de Québec ouvert | Québec

    Dans une récente allocution, Raymonde Saint-Germain, protectrice du citoyen du Québec, faisait le triste constat que la fonction publique manque de transparence et n’a pas réussi à moderniser suffisamment rapidement ses services. En conséquence, les citoyens ont perdu confiance en la capacité des institutions publiques à répondre à leurs besoins. Elle proposait de « reconstruire le lien de confiance entre les élus, les citoyens et les gestionnaires publics » en faisant preuve de davantage de transparence et en accélérant la modernisation des services de l’État. C’est pour cela que Québec ouvert, une initiative citoyenne, a lancé l’initiative « Je vote pour la transparence 2013 » : pour inciter les prochains élus à moderniser nos services publics en instaurant davantage de transparence.

     

    Nos prochains élus sauront-ils surpasser les slogans vides et les vains discours pour instaurer de réelles et durables pratiques de transparence dans nos hôtels de ville ? Avant ce scrutin historique, qui marquera les relations qu’entretiennent les citoyens avec leurs institutions municipales, il importe que les candidats offrent des réponses claires à ces questions fondamentales.

     

    Tandis que New York vient d’adopter CheckbookNYC, un outil rendant publics tous les chèques émis par la Ville à des entreprises, il n’existe encore aucun site Internet public dans nos municipalités permettant aux citoyens de suivre facilement l’évolution des dépenses publiques. Nous sommes d’avis que les citoyens peuvent comprendre le fonctionnement de nos administrations publiques pour autant que nos élus s’engagent à ouvrir leurs livres afin d’offrir toute l’information requise à la formation d’un point de vue éclairé.

     

    Robert Gagné, du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, partageait cette position en se désolant de la complexité de l’accès à l’information pour le commun des mortels. « Monsieur et madame Tout-le-Monde doivent-ils faire une demande d’accès à l’information pour obtenir les données et ensuite faire eux-mêmes une étude de benchmarking ? », demandait-il en entrevue.

     

    Il ne saurait toutefois ici n’être question que d’informations financières. Plusieurs villes diffusent systématiquement des données ouvertes permettant d’améliorer la qualité de vie quotidienne de leurs citoyens. Les informations publiées par Chicago font état de l’évolution du déneigement en temps réel, les systèmes Open 311 pour téléphone mobile à Boston ou encore les résultats d’inspections de salubrité des restaurants et immeubles locatifs à Vancouver. Autant d’informations témoignant d’un réel intérêt pour une plus saine communication et pour davantage de transparence dans la modernisation de nos institutions.

     

    Selon un sondage Léger-LeJournal de Montréal paru le 7 octobre 2013, 40 % des Montréalais croient que l’enjeu le plus important pour l’élection municipale est la corruption. Laissés dans l’ombre, les citoyens se montrent cyniques. Impossible d’espérer susciter la confiance de ceux-ci sans restaurer une réelle imputabilité. « Je vote pour la transparence » est une occasion que ne peuvent manquer les candidats aux prochaines élections municipales en indiquant leurs engagements quant à la diffusion proactive d’informations détenues par les institutions de nos villes.

     

    Qu’il s’agisse de contrats octroyés, de changements de zonage, des agendas des conseils de ville ou de budgets de fonctionnement, ce sont toutes des informations réclamées de longue date par plusieurs fiscalistes, urbanistes et journalistes aguerris que Québec ouvert a consultés pour l’exercice. « Je vote pour la transparence » propose aux candidats aux élections municipales 2013 de remplir un questionnaire touchant les multiples facettes de la transparence. Les citoyens soucieux de faire un choix éclairé le 3 novembre prochain pourront recevoir les engagements des candidats à la mairie en s’inscrivant sur le site jvt2013.com.

     

    Pour effectuer cette transformation institutionnelle, les municipalités québécoises ont besoin d’un véritable leadership politique, capable d’apporter les changements requis à la culture organisationnelle de nos municipalités pour mettre un terme à nos problèmes de corruption et de collusion. En rompant avec le laxisme des administrations précédentes, les élus sauront regagner la confiance des citoyens et les amener à contribuer de façon constructive au débat afin de relever les défis de nos municipalités, nonobstant leur complexité.

     

    Québec ouvert demeure convaincu que la transparence contribuera à assainir les moeurs politiques en brisant les silos informationnels, en accentuant le partage d’information, en permettant au citoyen d’informer son point de vue à l’aide de faits et en rendant possibles des débats de qualité, moins partisans et plus constructifs. Une élection sous le signe de la transparence nous semble être la seule option afin de redonner confiance aux citoyens envers leurs institutions.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.