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    Protectrice du citoyen - Le «modèle» fuit

    Jean-Robert Sansfaçon
    27 septembre 2013 |Jean-Robert Sansfaçon | Québec | Éditoriaux

    Chaque année, le rapport de la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, fourmille d’exemples d’individus qui ont dû recourir à ses services pour corriger une injustice. Or, cette année, la protectrice va plus loin en contestant le discours politique selon lequel la qualité des services publics n’est pas affectée par les compressions budgétaires.

     

    Le dernier rapport du protecteur du citoyen porte sur l’année 2012-2013, soit la fin du règne libéral et les premiers mois du Parti québécois. Pendant ces 12 mois, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, a reçu 19 460 demandes qui l’ont amenée à intervenir auprès de 58 des 80 ministères et organismes et de 174 des 294 établissements et agences du réseau de la santé.

     

    Plus du quart des plaintes qui visaient l’administration publique ont été jugées fondées, un pourcentage qui grimpe à 43 % dans le secteur de la santé et des services sociaux. Du contribuable traité injustement par le fisc ou la CSST à la personne âgée placée dans un centre privé mal tenu et non supervisé par les inspecteurs du ministère, chaque année les cas parfois scandaleux abondent.

     

    À la défense des organismes et de leur personnel, il faut dire que l’appareil gouvernemental est une énorme machine bureaucratique difficile à déplacer. Si le nombre de plaintes est toujours trop élevé, cela ne veut pas dire que la plupart des employés de l’État font mal leur travail.

     

    D’ailleurs, dans la plupart des cas qui ont été jugés fondés, on a corrigé la situation et des mesures ont été prises pour éviter les récidives. Dans une minorité de situations cependant, le problème est systémique et appelle des changements majeurs qui ne viendront peut-être jamais : l’attente excessive aux urgences en fait partie, tout comme l’insuffisance de services pour les personnes âgées ou handicapées.

     

    La protectrice du citoyen a raison de dénoncer le discours à la mode chez les politiciens qui prétendent que les compressions budgétaires à répétition n’ont pas d’impact sur les services. Il y a des limites à ce qu’on peut attendre d’une organisation en réduisant ses ressources. En santé, par exemple, le ministre Réjean Hébert aura beau répondre qu’on ne doit pas parler de compressions puisque le budget du réseau a été haussé de 4,8 % cette année, il oublie de préciser que pas moins du tiers de l’augmentation de 1,5 milliard s’en va directement dans les poches des médecins, sans gains de productivité équivalents.

     

    Pour les prochaines années, le défi sera encore plus grand à cause du vieillissement de la population, de la baisse du nombre de travailleurs actifs par rapport aux retraités et de la faible croissance de l’économie et des revenus de l’État.

     

    Si le gouvernement Charest et celui de Pauline Marois ont pu investir autant dans les infrastructures depuis 2008, c’est que la totalité de l’argent était empruntée. En plus des intérêts à payer, il faudra donc inscrire chaque année pendant 40 ans une fraction de ces investissements sous forme de dépenses d’amortissement, ce qui réduira d’autant les sommes disponibles pour les programmes.

     

    À n’en pas douter, les prochains gouvernements ne pourront plus se contenter de comprimer leurs dépenses. Le choix sera plutôt d’augmenter encore les tarifs et les impôts ou d’éliminer certains programmes moins essentiels. Peut-on espérer la tenue d’un tel débat lors des prochaines élections ? Difficile de répondre oui.













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