Maltais défend ses nominations au Conseil du statut de la femme

La ministre Agnès Maltais a justifié les quatre nominations par le fait que le CSF s'est prononcé à deux reprises en faveur de l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir La ministre Agnès Maltais a justifié les quatre nominations par le fait que le CSF s'est prononcé à deux reprises en faveur de l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique.

Québec — Le torchon brûle entre la ministre de la Condition féminine, Agnès Maltais, et la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Julie Miville-Dechêne, au sujet de quatre nominations récentes au conseil d'administration de l'organisme-conseil.

La ministre Maltais a convoqué la presse, vendredi, pour nier les allégations d'ingérence politique proférées la veille par la présidente du CSF, qui disait craindre perdre son indépendance, autour du projet de charte des valeurs du gouvernement.

Selon la CSF, le gouvernement a nommé au conseil ces quatre femmes précisément parce qu'elles sont favorables à la position du gouvernement sur l'interdiction de porter des signes religieux.

Le gouvernement chercherait ainsi à s'assurer que le CSF donne son appui au gouvernement, minant son indépendance.

Mme Maltais n'a pas nié être au courant que ces femmes approuvaient la position du gouvernement sur la laïcité, mais elle a justifié leur nomination par le fait que le CSF s'est prononcé à deux reprises en faveur de l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique. À ses yeux, il s'agissait donc d'assurer une continuité.

La ministre a aussi convenu qu'elle avait un différend avec la présidente du CSF, qui avait été nommée par le gouvernement précédent en 2011.

Par Jocelyne Richer
24 commentaires
  • Mark Beaton - Inscrit 20 septembre 2013 13 h 54

    Maltais coule le PQ à elle-seule...

    J'ai soutenu le PQ depuis plus de 40 ans, mais je ne reconnais plus le parti de René Lévesque. La première cause pour moi: Agnès Maltais.

    D'abord, il y a eu l'affaire de l'aréna de Québec qui a outré plusieurs députés et partisans, ensuite les coupes inconsidérées à l'aide sociale et voilà, qu'on tente d'orienter le Conseil du Statut de la femme.

    Le seul mérite que je peux voir à cette personne, c'est qu'elle livre le seul comté encore acquis au PQ dans la région de Québec. Pour cela, on la nomme ministre.

    Le PQ cuvée 2013, je n'en peux plus...

    • François-Pierre Fournelle - Abonné 20 septembre 2013 17 h 54

      Complètement d'accord avec vous. Voir au sujet des coupes à l'aide sociale cette très pertinente chronique de David Desjardins:

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/372818/co

      J'apporterais toutefois une nuance, ces 3 dossiers néfastes pour le Québec ne sont pas vraiment la faute de Maltais (sauf peut-être l'amphithéâtre). C'est plutôt qu'est s'y est retrouvée à cause de son poste... poste qui aurait pu être comblé par à peu près n'importe quel autre député.

      Le vrai responsable est le PQ dans son ensemble, et ses petites politiques électoralistes. Aussi pire que le parti libéral. Moi aussi je suis souverainiste, mais je vais m'assurer que ce parti ne soit pas réélu.

    • Yves Perron - Inscrit 20 septembre 2013 20 h 28

      Madame Miville Deschesne voulait donc faire dérapper la charte des valeurs? Je comprends mieux maintenant pour quoi le conseil du statut de la femme ne s'était pas prononcé en faveur . Quand on pense que cette charte est pour le droit des femmes à travailler à visage découvert et à les libérer de l'esclavage du mari ou de la charia...
      Madame Miville Deschenes devrait démissionner et laisser sa place à une femme qui aura à coeur les femmes.

    • Martin Maynard - Inscrit 20 septembre 2013 22 h 41

      C'est vraiment de la politique dans son plus bas.

      Ensuite, on s'étonne de ce que la population soit de plus en plus cynique envers les politiciens.

      Mais pourquoi n'en débate-t'il pas qu'on en finisse?

    • Louka Paradis - Inscrit 20 septembre 2013 23 h 26

      Entièrement d'accord avec vous, M. Perron. Quel culot ! Et Christine St-Pierre qui est sortie dans les médias ce matin : parlant d'ingérence politique, ces deux dames ne voient pas la poutre dans leur oeil...

      Louka Paradis, Gatineau

    • Philippe Nolet - Inscrit 21 septembre 2013 00 h 09

      M. Perron, vous oubliez que de nombreuses femmes voilées portent le voile par conviction et non pas par obligation. Formater les fonctionnaires québecois dans un moule en forme de fleur de lys n'aidera en rien ni le débat, ni la cause des femmes.

    • Franklin Bernard - Inscrit 21 septembre 2013 10 h 11

      M. Nolet, la «conviction» dont vous parlez n'est en général que l'expression du lavage de cerveau des femmes que sont les dogmes dans les trois religions d'Abraham. Comme était lavage de cerveau l'obligation du foulard sur la tête des femmes pour entrer à l'église, la contraception, le plaisir sexuel et que sais-je encore. Pourquoi revenir des decennies en arrière, sinon des siècles, pour ouvrir à nouveau la porte au religieux dans la vie publique, sous sa forme musulmane, juive ou hindoue, cette fois?

  • Jean Boucher - Inscrit 20 septembre 2013 14 h 32

    Un conseil

    Mme Miville-Dechêne devrait plutôt y voir en ce qui concerne la composition de la Fédération des femmes du Québec. Ce n'est pas rassurant.

  • Bruno Sterckeman - Inscrit 20 septembre 2013 15 h 26

    C'est ce qu'on appelle

    renvoyer l'ascenseur.

  • Djosef Bouteu - Inscrit 20 septembre 2013 15 h 49

    La position du CSF

    Le CSF s'est positionné à plusieurs reprises pour l'interdiction des symboles religieux ostentatoires dans la fonction publique et para-publique.

    En cela nommer au CSF des personnes qui sont en faveur de la laïcité de l'État n'est certainement pas du «muselage de débat». Ce genre de propos donne l'impression d'une tentative pour mousser une controverse sur un sujet qui fait pourtant consensus (à ne pas confondre avec unanimité).

    La présidente du CSF peut évidemment avoir ses opinions personnelles. Mais compter sur quatre chaises vides pour «museler», pour reprenant ses mots, ou plus précisément changer la position du CSF, c'est pour le moins discutable.

    En 2008 et en 2011, alors que le CSF invite avec raison le gouvernement à interdire les signes religieux ostentatoires dans la fonction publique et para-publique, le tour de la question n'avait-il pas déjà été fait?

    • Grace Di Lullo - Inscrit 20 septembre 2013 23 h 55

      Si on creuse un peu plus le dossier et le cas Miville-Deschene, il est possible de trouver une belle allocution. Cette dernière a eu lieu le 31 mai 2013. Il faut répéter le 31 mai 2013, devant le Conseil du Barreau du Québec.

      L'allocution est intitulée Le port du Niqab au tribunal. Dans le texte de l'allocution que vous pouvez consulter sur le site du CSF, nous pouvons lire la position du CSF et par le fait même l'allocutrice, Mme Miville-Deschene. La position tourne vers le refus de signes ostentatoires et de belles définitions sur la laicité (comme à la page 3 du document)

      Un bijou.

      On comprend un peu mieux la sortie intempestive de la dame et son souci de jouer le jeu de ces amis politiques et non prendre véritablement la défense des femmes à coeur.

      On nous prend véritablement pour des imbéciles.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 21 septembre 2013 18 h 08

      @Grace Di Lullo : Oui j'ai lu aujourd'hui l'allocution de Mme Miville-Deschene faite au Barreau du Québec tout juste ce printemps où elle fait un appel bien argumenté en faveur de l'interdiction des symboles religieux du style de la charte des valeurs.

      En particulier des problèmes d'égalité entre les hommes et les femmes véhiculés par certains symboles.

      http://www.csf.gouv.qc.ca/modules/fichierspublicat

      Sa sortie publique n'en est que plus étrange et ressemble à une bassesse politique pour générer une controverse qu'elle ne gobe même pas elle-même.

  • Stanislas Vézina - Inscrit 20 septembre 2013 16 h 16

    L'état de la situation

    Dechêne comprend-t-elle vraiment ?