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    À tous les dieux qui règnent dans les cieux

    20 septembre 2013 |Lise Payette | Québec

    Vous avez beau faire la sourde oreille, vous ne pourrez pas continuer à faire semblant de ne pas entendre les Terriens qui vous crient après pour que vous daigniez les aider à sortir du bourbier dans lequel vous les avez laissés. Je comprends que ça doit être pas mal plus drôle au paradis, car personne n’est jamais revenu nous dire que la vie éternelle, quand les conditions sont réunies, c’est un gros plus.

     

    Sur terre, c’est l’enfer. Les efforts qui ont été dépensés depuis des siècles et des siècles pour faire marcher la petite planète, notre gros lot à nous, n’ont jamais rien donné. On continue de s’entre-tuer un peu partout dans le monde. Chaque jour fournit son lot de bombes et de produits chimiques pour permettre à un Tout-Puissant (il y en a même plusieurs qui ne se privent pas) de s’en donner à coeur joie. Les humains, souvent, crèvent de faim. Ils sont frappés et méprisés. Certains fous qui les dirigent vont même jusqu’à les torturer, les brûler ou les exécuter sur la place publique. Ne perdez pas votre temps, vous, les dieux, à lever votre verre à la santé de ces pauvres gens, ça ne servirait à rien.

     

    La planète elle-même s’épuise. Nous finirons par manquer de tout, c’est pratiquement inévitable selon les savants dont on préfère penser qu’ils s’amusent à nous faire peur pour qu’on devienne un peu plus sages. On finira bien par manquer d’eau à boire, d’air à respirer, et les changements climatiques ne seront plus seulement un sujet de conversation dans nos salons.

     

    Et vous, les grands inventeurs de toutes les religions, vous ne levez pas le petit doigt pour nous aider ?

     

    La place que vous occupez au Québec

     

    L’opinion la plus répandue, en fait, c’est que vous prenez beaucoup trop de place ici. Je ne nommerai personne, mais il y en a parmi vous qui ont abusé de leur situation et qui sont même allés jusqu’à abuser de nos enfants. Certains d’entre eux se retrouvent aujourd’hui devant les tribunaux. Vos dieux auraient dû les rappeler à l’ordre. Quel gâchis.

     

    D’autres dieux, que nous ne connaissions pas, sont arrivés avec des immigrants venus d’un peu partout dans le monde, des immigrants que nous avons accueillis du mieux que nous pouvions, avec un mélange de joie, de curiosité et de crainte. Nous souhaitions les aider à s’intégrer le mieux possible et si nous avions pu, nous aurions même supprimé nos hivers pour qu’ils n’en souffrent pas. Nous avons vite compris que les femmes, qui ne nous parlaient pas et ne nous souriaient pas, n’avaient pas toutes le désir de liberté et d’égalité que les Québécoises réclamaient pour elles depuis longtemps.

     

    Venues d’ailleurs, ces femmes transportaient avec elles non seulement leurs enfants, mais leur culture, leurs recettes de cuisine, leur éducation, et souvent des maris qui, après leurs pères, voulaient des femmes soumises et obéissantes. Je ne dis pas qu’ils étaient tous ainsi, car j’en ai connu quelques-uns qui avaient choisi le Québec justement pour répondre au désir de leur épouse d’être des égales dans une société plus moderne que celle qu’ils quittaient.

     

    Ce que le Québec offre

     

    Le Québec offre à tous ceux et celles qui vivent sur son territoire de porter son Dieu, s’il en a un, dans son coeur. Liberté complète de choisir celui qui vous convient. Puis de pratiquer la religion choisie en privé, dans les lieux prévus à cet effet ou dans l’intimité de votre foyer. La proposition s’adresse à toutes les religions. Sans exception.

     

    Les dieux pourront se reposer pendant que vous travaillez, surtout quand vous travaillez pour l’État québécois et que votre salaire est ainsi payé par tous les citoyens. Ça s’appelle aussi la laïcité. Mais vous savez déjà tout ça. On en a tellement parlé depuis 10 jours qu’on a oublié que le débat avait été tout aussi houleux dans les années qui ont précédé l’obtention du droit de vote pour les femmes au Québec en 1940. Les folies qui se sont dites à ce moment-là par des hommes prétendument intelligents… et par des femmes qui voulaient que les hommes les trouvent fines… Beaucoup, beaucoup de temps perdu.

     

    Ma grand-mère Marie-Louise disait que « dans les grands débats, si on pouvait fermer le couac à tous ceux qui disent n’importe quoi, ça irait plus vite ». Elle n’avait pas tort.

     

    Des femmes venues de l’Islam sont mortes pour avoir osé défier l’autorité des pères, des frères ou des maris. Elles voulaient vivre au XXIe siècle et l’ont payé de leurs vies. Je ne sais toujours pas si celles qui défilaient dans les rues de Montréal il y a 10 jours le faisaient par conviction ou par obéissance… Qui va vous demander des comptes, les dieux ?

     
     
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