Charte: le Conseil du statut de la femme se dit muselé

La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, a dit percevoir les récentes nominations de Québec comme une prise de contrôle de l’organisme.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, a dit percevoir les récentes nominations de Québec comme une prise de contrôle de l’organisme.

En nommant quatre nouvelles membres au Conseil du statut de la femme (CSF), Québec cherche à museler l’organisme dans le débat sur la Charte des valeurs québécoises, dénonce sa présidente Julie Miville-Dechêne.

En entrevue avec Le Devoir en après-midi jeudi, Mme Miville-Dechêne a dit percevoir ces nominations, dont elle n’a été informée que quelques minutes avant leur annonce, comme une prise de contrôle de l’organisme. «C’est pour cela que j’interviens. Depuis 40 ans, le CSF avait le loisir de participer aux débats de société de façon non partisane. En toute indépendance. Ce que ça veut dire, c’est que le Conseil ne pourra pas participer au débat de société.»
 

Dans un communiqué envoyé mercredi en fin de journée, Québec annonçait la nomination de Julie Latour, Leila Lesbet, Ann Longchamps et Lucie Martineau.

 

Lucie Martineau est présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec. Au lendemain du dévoilement de la Charte, elle se prononçait publiquement pour celle-ci. «Les fonctionnaires doivent refléter concrètement ces valeurs de neutralité», a-t-elle expliqué.

 

Julie Latour est avocate et ex-bâtonnière du Barreau de Montréal. En entrevue avec Le Devoir en 2011, elle a déjà expliqué qu’elle rejette le concept de « laïcité ouverte ». Elle s’est dite contre le port de signes religieux par les représentants de l’État et pour un État laïque, une position en droite ligne avec la Charte des valeurs présentée par le Parti québécois.

 

Leila Lesbet, Québécoise d’origine algérienne, musulmane et féministe, s’est prononcée pour la Charte sur les ondes de Radio-Canada. Elle soutient l’interdiction du port de signes religieux dans la fonction publique, car «la laïcité est le vecteur d’un vivre-ensemble».

 

Ann Longchamps est impliquée au sein de l’Association féminine d’éducation et d’action sociale, qui, en 2010, s’est positionnée publiquement pour une Charte de la laïcité et de la neutralité de l’état, position qui a été réitérée le 10 septembre dernier par voie de communiqué, en appui à la Charte de Bernard Drainville.

 

Le CSF est composé de dix membres, qui, avec la présidente, élaborent ses orientations. Deux sièges étaient vacants, et deux autres mandats s’étaient achevés en août : ce sont Nathalie Chapados et Véronique DeSève qui ne voient pas leur mandat renouvelé.

 

Un conseil divisé

 

Ces nominations surviennent alors que le CSF était divisé sur la position à adopter sur la Charte des valeurs québécoises.

 

Julie Miville-Dechêne explique que des huit membres actives, quatre souhaitaient enclencher des études d’impact, pour les femmes, de l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires. Comme présidente, Mme Miville-Dechêne partage cette opinion, si bien que cette position avait toutes les chances d’être adoptée à majorité le 27 septembre prochain. Plus maintenant, croit l’ancienne journaliste, étant donné les allégeances des nouvelles membres. Et elle ne croit pas au hasard.

 

«Il n’y a aucune étude, on ne sait même pas combien il y a de femmes voilées dans la fonction publique ! explique-t-elle. Le voile reste certainement de l’extérieur un symbole de soumission. Mais comme féministes, c’est l’impact de cette politique qui nous inquiétait.»

 

Les quatre autres membres du conseil étaient plutôt d’accord avec la position prônée en 2011 dans un avis rédigé sous la prédécesseure de Mme Miville-Dechêne, Christiane Pelchat. Cet avis prônait une réaffirmation de la laïcité et une interdiction du port de signes religieux dans la fonction publique.

 

«À cette époque, on était dans la théorie, dit aujourd’hui Mme Miville-Dechêne. Ce n’était pas la politique du gouvernement. Deux ans plus tard, il y avait de l’inquiétude, et les choses semblaient mériter une étude plus approfondie.»

 

«Si les femmes retirent leur foulard et restent au travail, on a gagné, bien sûr, dit-elle. Mais l’autre hypothèse, beaucoup plus troublante, c’est que des femmes retournent à la maison, car elles ne peuvent envisager de retirer leur voile.» Alors que l’émancipation passe, beaucoup, par le travail.

 

Le remède approprié?

 

Mme Miville-Dechêne demande si la Charte, le «remède», est «à la mesure de la menace» que pose réellement l’intégrisme religieux dans la société québécoise. Un intégrisme dont on ignore, dit-elle, l’étendue. «Avant de mettre en place une politique de l’interdiction des signes religieux, n’est-ce pas ça qu’il faut évaluer?» demande-t-elle.

 

Alors que le principe de l’égalité hommes-femmes se trouve au coeur de la Charte des valeurs, Mme Miville-Dechêne l’estime difficile à appliquer. «Car l’égalité hommes-femmes passe aussi par l’emploi. Par le fait que si [les femmes immigrantes] arrivent à s’intégrer, et si elles arrivent à devenir autonomes financièrement, on a un progrès dans l’égalité hommes-femmes.»

 

Elle craint également que la discrimination dont les femmes immigrantes, principalement celles qui portent le voile, peuvent faire l’objet sur le marché du travail ne s’exacerbe. Et que les portes de la fonction publique, «un endroit qui embauchait davantage» dans les communautés culturelles, se ferment.

 

«Ce sont toutes des questions importantes. Mais on ne pourra pas les étudier,dénonce Julie Miville-Dechêne. Une institution qui se fait dicter ce qu’elle doit penser, malheureusement, ce n’est pas une grande aide au débat de société!»

242 commentaires
  • Claude Gélinas - Abonné 19 septembre 2013 19 h 16

    Manquement au droit de réserve de la présidente du Conseil du statut de la femme

    Il incombe à l'exécutif de procéder aux nominations des membres du Conseil du statut de la femme. Partant delà, si la présidente n'est pas d'accord sur le choix des nouveaux membres elle a deuc options : accepter ces nominations en reconnaissant le pouvoir de l'exécutif ou refuser ces nominations et démissionner. Se présenter devant la caméra en alléguant que le Conseil est muselé n'est pas sérieux. Car avec la venue de ces nouveaux membres le Conseil poursuivra ses discussions et émettra un avis. Si j'étais à l'exécutif ce manquement au droit de réserve de la présidente m'amènerait à considérer sérieusement son non renouvellement.

    • Fernand Lachaine - Inscrit 19 septembre 2013 20 h 56

      Tout à fait d'accord avec vous.
      Serait-ce que madame la présidente serait en désaccord avec le gouvernement dans son ensemble?

    • Louka Paradis - Inscrit 19 septembre 2013 21 h 20

      Vous avez tout à fait raison. J'ai entendu Mme Miville-Dechêne au 24/60 : elle outrepasse vraiment son rôle et fait preuve d'un parti-pris flagrant. Elle devrait s'excuser, car accuser injustement le gouvernement d'ingérence alors que ces nominations lui reviennent de droit, c'est pousser le bouchon pas mal trop loin. Cette dame n'est pas digne de ses fonctions. La position de Mme Sirois était beaucoup plus modérée et appuyée sur des arguments bien fondés.

      Louka Paradis, Gatineau

    • Nicole Bernier - Inscrite 20 septembre 2013 06 h 10

      Les noms s'ajoutent sur la liste des muselés par le gouvernement et la violence des commentaires ne diminuent pas contre tous les dissidents occupant des fonctions sociales et s'opposant ou s'inquiétant de ce choix.
      Dans notre quartier, nous avons reçu la propagande du gouvernement, un beau petit dépliant... Deux choses ont attiré mon attention.
      Est-ce que nous avons l'obligation de traiter tous les gens également ou devrions nous réfléchir sur l'équité. Quand j'étudiais dans le milieu de l'éducation, ce débat était virulent... Par exemple, les parents qui traitent tous leurs enfants également sont accusés d'incapacité de prendre en compte la spécificité de leurs enfants et créent des boucs émissaires dans leur famille pour expliquer le dysfonctionnement familial. Par contre, les tenants de l'équité sont accusés de justifier leur favoritisme face à certains de leurs enfants... La conclusion, pour moi, au Québec, nous avons peu de modèle fonctionnel, le taux de divorce est extrêmement haut et le nombre d'enfants par famille est extrêmement bas (d'où le besoin d'immigrants francophones dont la majorité vient d'Afrique) car éduquer des enfants est devenu une chose trop difficile surtout si on prend en compte le nombre d'enfants qui ont besoin de médicament (drogue) quotidiennement pour survivre au système scolaire.
      Personnellement, la solution je l'avais trouvé, dans ce conflit équité et égalité, dans une troisième option, celle qui préférait développer un bon équilibre entre ces deux versions. Un des plus beaux exemples que j'avais vu en application était une famille de fermier qui avait gagné un prix à l'UPA, une famille qui ressemble étrangement à des émissions produites dans les années 50. Construire un difficile équilibre entre les besoins individuels des membres d'une famille et la nécessité de remplir les tâches pour assurer la survie de ce groupe de personnes. La justice et le respect de la diversité étant des concepts essentiels pour lier les deux obligat

    • Solange Bolduc - Abonnée 20 septembre 2013 08 h 34

      Un bras de fer entre Mme Miville-Dechêne et Mme Marois! Et Mme David n'est certainement pas loin derrière !

      De l'hypocrisie ou de la manipulation ? Ou de l'hypocrisie pour mieux manipuler l'opinion publique. Vargeons sur le gouvernement pour se faire de la publicité trompeuse !

      @ N. Bernier

      Le dépliant du gouvernement Marois est tout à fait correct! Et c'est normal que celui-ci incline les gens vers les choix qu'il fait. Mais en dernier instance, et jusqu'à preuve du contraire, les gens sont libres d'accepter ou non ! Aucun muselage là-dedans !

      Votre antipathie à l'endroit du gouvernement vous autorise à confondre pas mal de choses! On s'attendrait,tout de même, à plus d'honnêteté intellectuelle de votre part, madame !

    • Yves Perron - Inscrit 20 septembre 2013 08 h 35

      Si le Conseil Du Statut De la Femme avec Julie Miville Deschênes en est rendu à prôner le port du voile pour les femmes quand on sait ce que celui-ci représente vraiment (soumission d'escalve à Dieu et aux hommes)...Je pense que le ménage doit se faire dans cette boite.
      ...''«Si les femmes retirent leur foulard et restent au travail, on a gagné, bien sûr, dit-elle. Mais l’autre hypothèse, beaucoup plus troublante, c’est que des femmes retournent à la maison, car elles ne peuvent envisager de retirer leur voile.» Alors que l’émancipation passe, beaucoup, par le travail...''

      Si des femmes ne peuvent pas se débarrasser de ces dogmes moyenâgeux, il est plus que temps d'y mettre fin pour tuer dans l'oeuf cette (mode) de demi civilisé(e)s, pas de l'encourager. On aura jamais un concensus à 100% mais au moins on ira dans une direction plus saine pour le futur de nos enfants.

    • Paul-André Léveillé - Inscrit 20 septembre 2013 08 h 42

      Vous résumez on ne peut mieux ma position. Les gens de valeur qui sont prêts à contribuer au débat ne font pas légion. Nous devrions être heureux de pouvoir compter sur la contribution de ces personnes de grande valeur. La sortie de Mme Deschênes est très déplacée, je dirais même qu'elle est offensante pour ces femmes qui ont le tort de ne pas partager son point de vue!

    • Claude Lachance - Inscrite 20 septembre 2013 08 h 54

      Si ce n.était qu'un réaction à pleine lune?

    • François Ricard - Inscrit 20 septembre 2013 09 h 24

      Mme Bernier,
      Je veux bien accepter votre approche qui est totalement basée sur les seuls droits individuels.
      Je veux bien que tous les employés de l'État affichent tous les signes religieux qu'ils veulent bien arborer. En contrepartie, tous les usagers doivent avoir la capacité de refuser d'être servis par un employé dont le signe religieux ne leur convient pas. Car les usagers aussi ont des droits individuels.
      Alors, bien sûr, pour un même service, l'État devra prévoir des employés pour chacun des signes distinctifs et des employés sans signes pour les sans-religion. Il n'y aura alors plus de chômage au Québec mais bien plutôt une pénurie de main d'oeuvre

    • Normand Carrier - Abonné 20 septembre 2013 09 h 32

      Je mentionnerai a madame Bernier que si les libéraux aurait pris le pouvoir et que la présidente serait une péquiste contre le multiculuralisme et en plus nommée par un conseil de ministre péquiste , elle ne serait plus en poste pour contester car elle aurait déja été mise dehors ......

    • Maryse Veilleux - Abonnée 20 septembre 2013 10 h 28

      D'accord avec vous, elle manque à son devoir de réserve. D'autant plus qu'elle se prononce sur leurs opinions politiques et non pas sur leurs compétences. Ce sont des personnes, selon leur bagage professionnel, qui sont tout à fait appropriées.

    • Léandre Nadeau - Inscrit 20 septembre 2013 10 h 36

      @Madame Bernier. Je respecte vos opinions mais je ne suis pas d'accord avec votre interprétation des évènements. Le projet de Charte ne met nullement en péril les droits fondamentaux de liberté d'opinion et de religion. Dans un contexte de diversité croissant, il est très important d'afffirmer la neutralité de l'État. Un affichage neutre sur les lieux de travail fait partie intégrante de cette orientation, ce qui limite un peu des droits j'en conviens, mais la personne demeure totalement libre d'afficher et de propager ses convictions en dehors des heures de travail. Les clientèles sont diverses maintenant, il faut respecter cette diversité et éviter de heurter leurs convictions. Il faut mettre en balance les convictions des employés avec celles de milliers ou millions de citoyens.

    • Nicole Bernier - Inscrite 20 septembre 2013 10 h 54

      Le deuxième aspect du pamphlet distribué dans notre quartier qui me semble tout aussi fondamental, c'est la prise de contrôle de l'État pour imposer à tous ses salariés, un baîllon. Ce point 5 concerne la politique de contrôle des organismes de l'État. En d'autres mots, on veut faire des journalistes (Télé Québec n'est pas nommé mais ils font partis de la liste des employés de l'Annexe C touchés par cette charte), professeurs de CEGEP et d'Universités des représentants neutres de l'État. Pourtant, ce discours est développé par la génération de ceux qui ont bénéficié du libéralisme des professeurs qui ont critiqué le gouvernement avec virulence. En d'autres mots, ceux qui, durant leur jeunesse, ont valorisé des professeurs à l'esprit critique qui dénonçaient la religion, veulent maintenant museler ces mêmes professeurs au nom de la neutralité et de l'égalité et les empêcher de dénoncer les excès du nouveau pouvoir, lequel peut passer par des discours d'intolérance face à de nouveaux boucs émissaires.

      La question pour lui se pose en terme de réfléchir sur les limites entre contrôle social et respect des libertés individuelles dans des professions libérales financées par l'État : Où se situe "la liberté de conscience et d'expression" même quand on dit vouloir défendre l'égalité des hommes et des femmes?
      La solution, encore une fois, n'est pas de binariser nos choix mais dans la capacité de balancer les solutions avec d'autres valeurs fondamentales: justice et

 équité

    • Pierre Schneider - Abonné 20 septembre 2013 11 h 34

      À ce que je sache- mais peut-être que je me trompe- il me semble que le coran n'impose pas le voile au travail pour les femmes musulmanes ?

    • Léandre Nadeau - Inscrit 20 septembre 2013 11 h 41

      @monsieur Ricard. Très bon votre commentaire. Il va droit au coeur du problème : droits des employés vs droits des clientèles. Je le place dans mes favoris

    • John Patrick - Inscrit 20 septembre 2013 11 h 59

      En quoi est-ce que vos deux options donnes une justice ou même une impartialité? Voici selon vous ses options :

      1) Accepter
      2) Démisionner

      Si son pouvoir est aussi limité, alors quel est le problème de vérifier l'impact sur les femmes? Comme vous le dites, si la présidente ne peux pas publiquement donner son désaccord sur une situation qu'elle juge clairement partisane, qui nuit à l'intégrité de sa présidence et de son comité, à quoi bon la fonction?

      Si un jupon dépasse, c'est clairement le votre et celui de la plupart qui commente cette situation comme normale.

      Ne pas se questionner sur cette situation est troublante. Si les libéraux avaient quelque chose de similaire durant la crise étudiante , vous auriez déchirez vos chemises sur la place publique, vous auriez louangé en héros cette femme pour "dénoncer le système".

      Quand ils ont payé pour expliquer la raison de la hausse des frais de scolarité, c'était du gaspillage de nos taxes, mais maintenant que votre position est avec le gouvernement, c'est correct?

      Je ne dis pas qu'il y a eu ingérence dans ce cas-ci, après tout ces 4 femmes sont qualifiées de ce que je comprends, mais le timing est plus que louche.

    • Jacques Thibault - Inscrit 20 septembre 2013 12 h 18

      Le plus heureux de tous avec ce boucan causé par la sortie de Mme Miville-Deschesnée, c'est sûrement M. Couillard. Jusqu'à hier soir il devait faire dans son pantalon de devoir faire face aux allusions à l'enquête dont il fait l'objet par l'UPAC.

    • Gilles Théberge - Abonné 20 septembre 2013 12 h 19

      Elle a nettement manqué à son devoir de réserve. Qu'elle assume!

    • Éric Deland - Abonné 20 septembre 2013 19 h 47

      Il est plutôt paradoxal de tenir une conférence de presse pour se plaindre qu'on est «muselée»! Beaucoup de femmes (et d'hommes) aimeraient avoir la visibilité que son poste procure à Mme Miville-Dechêne, qui ne sera pas inquiétée pour les propos qu'elle vient de tenir. La présidente du CSF semble annoncer que ses quatres nouvelles collègues n'y feront rien d'autre que de l'obstruction systématique à ses projets, en gentils robots entièrement contrôlés par Mmes Maltais et Marois. Comme si Mmes Latour, Lesbet, Longchamps et Martineau étaient incapables d'avoir la moindre indépendance de pensée! Belle façon d'acueillir les nouvelles conseillères. Mme Miville-Dechêne, ne vous placez pas trop au-dessus de la mêlée!

    • Martin Maynard - Inscrit 20 septembre 2013 22 h 53

      Bien voyons donc.

      C'est tout un hasard qu'on décide de nommer 4 femmes appuyant la charte à ce moment même et après que Maltais ait appelé Duchene pour savoir la position de la CSF.
      Ça en dit long sur l'indépendance de nos institutions. J'ai déjà dit dans le cas de Charest qu'il était dangereux qu'un premier Ministre ait autant de pouvoir et que les nominations ne soient pas gérer de façon indépendante. On voit que Marois via Maltais marchent dans les mêmes pas.

      Au moins, chers blogueurs, gardez-vous une petite gène devant tant de bassesses. Ils n'ont même pas essayez d'être subtils.

    • Solange Bolduc - Abonnée 22 septembre 2013 09 h 20

      Et vous croyez que le CSF est vraiment indépendant, même de celle qui l'a élu à ce poste, Christine St-Pierre, la libérale ?

  • Marcel Bernier - Inscrit 19 septembre 2013 19 h 35

    Votre jupon dépasse, madame...

    Vos propos même dictent l'orientation que vous aimeriez que le Conseil du statut de la femme adopte.

    • Louka Paradis - Inscrit 19 septembre 2013 21 h 21

      Effectivement : on aurait dit la porte-parole de Québec Solidaire...

      Louka Paradis, Gatineau

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 19 septembre 2013 21 h 53

      C'est son jupon rouge qui dépasse...

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 19 septembre 2013 22 h 01

      Ces vrais, on voit dans ses propos qu'elle veut une réfleion sur la question. Une évaluation, poser des questions, utiliser plus que des slogans pour convaincre.

      Mais non, vous avez mal compris M. Drainville, ce n'est pas une question qui est posée, c'est une pré-campagne qui s'amorce. Il faut un consensus, présenter l'unité fictive d'une société civile téléguidée, il y a deux options : vous êtes de ceux qui se lèvent (les Québécois adorent ça entre deux référendums) ou vous êtes un islamiste-trudeauiste-multiculturaliste-assimilé.

      On ne sait pas à quoi ça sert, qui sera pénalisé, mais on est guidé par l'Idée, comme l'autre bouffon à Ottawa dans la redéfinition des «valeurs canadiennes».

    • Max Windisch - Inscrit 20 septembre 2013 09 h 22

      Pour faire un peu écho à M. Lamy-Théberge: "L'impie ne tient pas envers l'inconnu la révérence que tous lui doivent moralement. Sa règle de morale ne va pas jusque là. L'impie la sacrifie à son idée." - P. Vadeboncoeur

    • Max Windisch - Inscrit 20 septembre 2013 09 h 22

      Pour faire un peu écho à M. Lamy-Théberge: "L'impie ne tient pas envers l'inconnu la révérence que tous lui doivent moralement. Sa règle de morale ne va pas jusque là. L'impie la sacrifie à son idée." - P. Vadeboncoeur

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 20 septembre 2013 14 h 21

      Je suis tout à fait d'accord avec Madame Françoise David...

      Cette dernière manoeuvre du gouvernement Marois (Lire Mr Lisée) de court-circuiter la procédure habituelle de nomination pour introduire précipitamment 4 femmes au conseil d'admistration du CSF est plus que douteuse..Ces 4 femmes ayant soutenu publiquement la ligne du gouvernement...Cela équivaut à un baillonnage à la Harper!

      Les pamphlets et les consignes strictes aux fonctionnaires de ne pas commenter sont des copies conformes du Harperisme...

      Tous les arguments pour ou contre la Charte ne changent rien à la main lourde du gouvernement...Pourquoi ne pas laisser tous les groupes sociaux s'exprimer librement si la cause est valable?

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 21 septembre 2013 07 h 29

      À M. Pierre Schneider, 20-09 11h34

      C'est ce que je crois aussi. Cela démontre bien à mon avis que pour ces femmes il s'agit le plus souvent d'un choix personnel. Tout ces gens venu ici pour avoir une vie meilleure, surtout pour leurs enfants, ne nous arrivent pas d'Arabie saoudite, ou plus largement du Golfe persique, en général.

      J'ai une amie tunisienne que j'ai connue par l'entremise du Devoir, d'ailleurs, et elle m'a dit au début de notre relation qu'elle avait commencé de le porter après son mariage, bien que son mari aurait préféré qu'elle ne le porte pas. N'oublions pas que la Tunisie est un pays laïc, comme la Turquie (le demeuront ils, c'est autre chose). Je n'avait aucune raison de douter de ses dire , surtout après avoir rencontrer sa fille qui elle ne le porte pas, et son mari, un homme jovial au rire facile qui passerait facilement pour un Québécois. Mais aucun d'entre eux n'a pu trouver d'emploi, et cela pendant 5 ans, et c'est un exemple entre autres.

      Tout cela pour dire que selon moi, tel que l'a écrit et chanté Jacques Brel "tous les enfants sont comme le mien" ce qui revient à dire que tous les enfants se ressemblent au départ, et j'ajouterai que ce n'est qu'après que ça se gâche... En fait, tous se ressemblent, mais l'humain est généralement farçi: de lubies, de craintes, de croyances et de coutumes incroyables mais invisibles, et de culture parfois meurtrière même dans nos démocraties.

      Mais il est facile, comme le fait M. Yves Perron (20-9, 08 h 35), de cibler ces "autres" qu'on ne connaît pas du tout, et qu'on ramène à un symbole. Le voile choque, d'autres, même de souche, sont choqués que certaines de nos jeunes filles qui se laissent prendre une fesse par leur chum (ou même leur blonde) en public, etc.

      La laïcité, concept qu'on efface et galvaude pour mieux viser là où ça fait mal, l'identité des Québécois, est une affaire d'état non d'individus.

  • gaston bergeron - Abonné 19 septembre 2013 19 h 36

    Ben quoi

    Au total, vous vous retrouvez avec des personnes itelligentes et manifestement bien formées. Alors, vous faudrait-il rien que des personnes contre, rien que des personnes pour ou rien que des personnes qui n'ont aucune idée sur la question? Comment les trouver, les sonder, les sélectionner avec assurance de viser juste. Allez, au boulot, et ne demandez pas l'impossible.

  • Michel Lebel - Abonné 19 septembre 2013 19 h 40

    Consensus?

    Voilà où peut mener une obsession idéologique! C'est le crois ou meurs au sujet de cette charte! Et Mme Marois qui nous annonçait un grand consensus sur le sujet! Et le ministre Lisée qui en remet en prévoyant "bonifier le projet", i.e., en le rendant plus restrictif quant aux dérogations possibles, avant même le début des consultations publiques! Vraiment! Voilà la démocratie à la sauce péquiste à l'oeuvre! Navrant que tout cela!

    Michel Lebel

    • Sylvain Lavoie - Abonné 19 septembre 2013 21 h 39

      Vous en connaissez beaucoup, vous, des pays qui sont gouvernés à coup de consensus ? Aussi bien abolir le suffrage et faire des tables de concertations...Dans une démocratie, c'est la majorité qui l'emporte mais au Canada, le gouvernement des juges, instauré par Trudeau, semble s'être substitué à ce qu'on appele la Cité, Polis, ou la chose publique si vous préférez.

    • Léandre Nadeau - Inscrit 19 septembre 2013 22 h 08

      La présidente nous dévoile les grandes lignes du rapport qu'elle voulait publier et qui se situe aux antipodes de la position prise par le Conseil il y a deux ans et qui était la position historique du Conseil. Pourquoi voulait-elle faire un virage pareil ? Très clairement, elle voulait embêter le nouveau gouvernement. Tous les membres de son Conseil avaient été nommés par l'ancien gouvernement libéral. Comme on le sait, les positions de tout un chacun sont influencées par les positions des familles politiques. La nomination de ces quatre nouvelles personnes va mettre un peu plus d'équilibre (4 vs 8) dans la maison et générer des discussions plus étayées. Intéressant, vraiment !

    • Sylvain Lavoie - Abonné 19 septembre 2013 22 h 27

      @Michel Lebel

      La démocratie à la sauce PLQ est de loin supérieure moralement, il ne suffit que d'acheter le vote à coup de places en garderie ou d'autoroutes. Le parti de l'économie qu'ils disaient, sur le bras de la dette publique du Québec bien entendu.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 20 septembre 2013 05 h 45

      Encore des propos démagogique. Personne n'a été exclue du CSF, les postes vacants ont été comblés par des femmes compétentes.

      La présidente du CSF n'aime pas ce que pourraient dire les nouvelles nominées. Qui veut museler qui?

      Effectivement, l'obsession idéologique peut faire dire n'importe quoi.

    • Michel Lasalle - Inscrit 20 septembre 2013 06 h 34

      M. Lebel On se calme, on prend une grande respiration, et on repense sérieusement à ce qu'on dit. "...la démocratie à la sauce péquiste..."

    • Michel Lebel - Abonné 20 septembre 2013 09 h 04

      Ce qui me frappe et me désole du côté ministériel, c'est l'absence de profondeur, de hauteur de vue, dans ce débat dur la laïcité et les valeurs. C'est vraiment pas fort! Tout cela sent tellement l'électoralisme, un coup d'Hérouxville bis, style ADQ, mais un peu plus sophistiqué, vu la plus grande formation de l'équipe péquiste.

      Quant à Mme Miville-Dechêne, je ne doute pas qu'elle voit clair et juste. Comme journaliste et ombudsman à Radio-Canada, elle a vu neigé! Je ne peux que lui souhaiter bon courage!


      Michel Lebel

    • Denis-Émile Giasson - Abonné 20 septembre 2013 09 h 35

      Les nominations par l'Exécutif se font les mercredis. IL n'y a rien dans ce processus pour surprendre la présidence d'un organisme d'État. Pour une personne muselée, très volubile la présidente du CSF.

    • enid bertrand - Inscrit 20 septembre 2013 10 h 27

      Que de mauvaise foi dans certains commentaires précédents. Après avoir accusé le premier ministre Harper de placer son monde, voila que c,est acceptable lorsque ce comportement vient de madame Marois. Et madame Miville Deschene n'a pas le droit de faire une sortie qui contredit sont gouvernement, mais lorsque c est monsieur Breton, aucun probleme! Les belles tournures de phrase des lecteurs du Devoir ne peuvent réussir a dissimuler leur parti pris. Je suggere a plusieurs de relire leurs commentaires, et de s'interroger sur le fond de leur intervention.

    • Pierre Schneider - Abonné 20 septembre 2013 11 h 47

      Mais un gouvernement indépendantiste devrait-il favoriser des adeptes de multiculturalisme assimilateur à la Trudeau ? Me semble que cette "idéologie" a fait assez de ravages partout dans le monde où elle est appliquée.

      Non, vraiment, cette affaire oppose essentiellement indépendantistes et républicains aux fédéralistes multiculturels.

      De toute façon, tout le monde sait déjà que la Cour suprême du Canada va invalider toute loi québécoise qui diffère des choix de la majorité canadian, comme on a tellement dilué la Loi 101.

    • Michel Gagnon - Inscrit 20 septembre 2013 13 h 10

      M. Lebel:

      Vous écrivez: «Ce qui me frappe et me désole du côté ministériel, c'est l'absence de profondeur, de hauteur de vue, dans ce débat dur la laïcité et les valeurs. C'est vraiment pas fort! Tout cela sent tellement l'électoralisme...»

      C'est vrai, n'est-ce pas, que les Libéraux ont une «hauteur de vue» absolument époustouflante dans ce débat et que ça ne sent pas du tout l'électoralisme dans leur cas.

  • Xavier Martel - Inscrit 19 septembre 2013 20 h 18

    Du fascisme civilisé

    Pas de violence, ni de crimes, seulement un contrôle idéologique de l'État. "Neutralité de l'État'', avec ce slogan comme écran, ils peuvent tout se permettre.

    • Louka Paradis - Inscrit 19 septembre 2013 21 h 23

      Trop, c'est comme pas assez... Pas très crédible de dramatiser à ce point.

      Louka Paradis, Gatineau

    • Sylvain Lavoie - Abonné 19 septembre 2013 21 h 27

      Si la religion a besoin d'être incarnée par ses disciples, qui se manifeste par le port de signes ostentatoires, pourquoi donc le principe de neutralité religieuse de l'État ne devrait-il pas être incarné par l'absence ces mêmes signes par les officiers de l'État ?

    • jacques lecuyer - Inscrit 19 septembre 2013 23 h 18

      Je crois que vous ignorez la définition du mot fascisme!

    • Hubert Collin - Inscrit 19 septembre 2013 23 h 19

      Ah... et puis non, je ne répondrai pas... les victimes de tous les fascismes (civilisés ou non) couvriront, en se retournant dans leurs tombes et leurs fosses, les ridicules cris d'alerte de ceux qui évoquent en vain, et sans savoir de quoi ils parlent, les sources de la violence qui a écourté leurs jours.

    • Serge Beauchemin - Abonné 19 septembre 2013 23 h 44

      La neutralité n'est pas une idéologie. C'est justement l'absence d'idéologie. L'État ne veut pas que ses employés faisant affaire au public portent un vêtement ou des signes qui montrent l'attachement de cette personne à une idéologie quelconque.
      Il me semble que c'est clair et plein de bon sens. Y a pas de fascisme là.

    • Cyr Guillaume - Inscrit 20 septembre 2013 02 h 15

      N'importe quoi! On voit que vous avez vite atteint votre point Godwin, en voyant la qualité de vos arguments.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 20 septembre 2013 06 h 20

      La neutralité de l'État n'est pas un slogan mais un objectif permettant la liberté religieuse, mais en dehors de la sphère politique. Seule cette neutralité permet à une démocratie de rester en marche, en garantissant l'exclusion de l'État de tout débat religieux qui ,lui, a une saveur plus idéologique...Tout objectif n'a rien d'absolue, contrairement à ceux qui professent des vérités soi-disant divines, et cherchent à les imposer...Tant qu'à adhérer à une solution je préfère la neutralité étatique aux partis pris idéologiques de nature politique ou religieuse...Seule cette neutralité permet au mouvement démocratique d'un peuple en marche de rester vivant...

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 21 septembre 2013 07 h 38

      M. Gagnon, les "vices" des uns ne justifient en rien ceux des autres" À moins que pour vous le "c'est à qui pire f'ra" soit une manière de faire politiquement acceptable voire souhaitable?

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 21 septembre 2013 07 h 51

      À M. Simard

      Un n'empêche pas l'autre. Par son entourloupette, appeler une pseudo laïcité "charte des valeurs", avec tout ce qui s'en suit, le P. q. nous offre une une neutralité viciée, car idéologique. Elle ne vise pas le bien commun mais la frilosisté des Québécois sur le sujet, et une réélection majoritaire, celle là. Idéologie ou arrivisme.

      Le problème est là, ce qui explique que l'appui à cette charte s'effrite et que le bordel sévit un peu partout, maintenant.