Signes religieux: la Charte se bute à un écueil

Latifa, Sophie, Soumia, Hajar, Tasnim et Yassmina assurent porter le voile par choix. «Personne ne m’a obligée à porter le voile. De quel droit Pauline Marois, elle, se permet de m’obliger à l’enlever?», s’interrogent ces étudiantes de l’UQAM.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Latifa, Sophie, Soumia, Hajar, Tasnim et Yassmina assurent porter le voile par choix. «Personne ne m’a obligée à porter le voile. De quel droit Pauline Marois, elle, se permet de m’obliger à l’enlever?», s’interrogent ces étudiantes de l’UQAM.

Québec — Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, a présenté la Charte des valeurs québécoises comme « un progrès exceptionnel, une immense avancée pour le Québec ». Mais le projet n’a pas manqué de susciter une kyrielle de critiques en raison surtout de la prohibition des signes religieux imposée afin d’assurer la neutralité de l’État.

« La neutralité de l’État, ce n’est pas une espèce de patente qui flotte dans les airs. La neutralité, elle doit s’incarner à travers les personnes », a affirmé Bernard Drainville en rendant public mardi un document d’orientation de 21 pages « en matière d’encadrement des demandes d’accommodement religieux, d’affirmation des valeurs de la société québécoise ainsi que du caractère laïque des institutions de l’État ».

 

« Le temps est venu de nous rassembler autour de règles claires et de valeurs communes qui mettront un terme aux tensions et aux malentendus, des règles et des valeurs qui seront source de bonne entente, d’harmonie, de cohésion », a fait valoir le ministre.

 

Mais de la bonne entente, il n’y en avait pas à Québec, où les trois partis d’opposition se sont prononcés contre l’interdiction faite aux employés de l’État de porter un signe religieux dit ostentatoire. Réprobation unanime aussi à Ottawa, où même le Bloc québécois exprimait des réserves au regard d’une interdiction générale tandis que le gouvernement Harper menaçait de contester la future loi québécoise devant les tribunaux.

 

La Charte s’appuie sur quatre valeurs, dont la première est l’égalité entre les hommes et les femmes, « un acquis fragile », selon Bernard Drainville. Suivent l’égalité de tous, la neutralité religieuse de l’État et le respect du patrimoine culturel québécois, un concept qui permet de conserver le crucifix à l’Assemblée nationale, malgré la neutralité que doit afficher l’institution, de même que les sapins de Noël dans les officines étatiques.

 

Les signes religieux

 

Le projet du gouvernement Marois contient cinq propositions. Il comprend l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires par l’ensemble des employés du secteur public et parapublic, y compris les enseignants du primaire et du secondaire, ainsi que le personnel des centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées. La garde en milieu familial n’est pas visée, ni les écoles et collèges privés.

 

Bernard Drainville a expliqué la « hiérarchisation » que le gouvernement a appliquée : d’abord, les agents contraignants de l’État, comme les juges et les policiers, puis l’ensemble des fonctionnaires, parce qu’ils sont « le bras agissant de l’État ». Enfin, les enseignants et le personnel des CPE et des garderies privées. « On a décidé de protéger les enfants, qui sont une clientèle influençable et plus vulnérable, a signalé le ministre. On ne souhaite pas que les enfants soient exposés à quelque influence religieuse que ce soit. On pense que ce choix-là, cette décision-là, appartient aux parents. »

 

L’interdiction s’étend aux employés des municipalités, du réseau de la santé et des services sociaux, des cégeps et des universités. Mais ces entités pourront se prévaloir d’un droit de retrait pour une période de cinq ans renouvelable. Or, si cette exemption est renouvelable, elle est perçue par le gouvernement Marois comme étant temporaire. « La clause de retrait, pour nous, c’est une mesure de transition », a indiqué Bernard Drainville. « On veut leur donner le temps de s’ajuster, mais on ne veut pas que cette clause devienne une façon de se sortir systématiquement du cadre. » Le gouvernement se croise les doigts pour que « le plus petit nombre d’organisations possible aient recours à cette exception ».

 

Le port de signes religieux qui ne sont pas jugés ostentatoires comme une petite croix chrétienne, une bague avec l’étoile de David ou une boucle d’oreille avec le croissant et l’étoile islamiques - ce sont des exemples illustrés dans un dépliant gouvernemental - sera toutefois permis. En revanche, le port d’une croix plus volumineuse, du hidjab, du turban, de la burka et de la kippa est proscrit. « Le gros bon sens » guidera les responsables des ressources humaines de l’État pour déterminer la taille des signes acceptables, croit le ministre.

 

Les élus, qu’ils soient de l’Assemblée nationale, des municipalités ou des commissions scolaires, pourront, eux, arborer sans contrainte des signes religieux. Les élus sont soumis au test démocratique, à la volonté populaire, a argué le ministre. « La population québécoise décidera si elle veut avoir une première ministre voilée ou pas. »

 

Pression de l’opinion publique

 

Pour infléchir l’opposition manifestée par ses adversaires politiques, le gouvernement Marois compte sur la pression de l’opinion publique. « J’en appelle aux Québécois et je leur dis : mettez-vous sur votre téléphone, appelez vos députés, a dit Bernard Drainville. On veut, justement parce qu’on est minoritaire, arriver avec le meilleur rapport de force possible. »

 

Dans cette optique, le gouvernement Marois dépensera 1,9 million au cours de l’automne en publicités et pour un site Web où les citoyens seront appelés à donner leur opinion. Un dépliant sur le thème de « Parce que nos valeurs, on y croit » sera distribué dans tous les foyers. La véritable consultation aura lieu après le dépôt d’un projet de loi, dépôt qui aura lieu avant la fin de la session d’automne.

 

En plus de l’interdiction des signes religieux, le gouvernement propose de modifier la Charte des droits et libertés de la personne pour y inscrire la neutralité religieuse de l’État ainsi que des balises pour encadrer les demandes d’accommodements. Ces demandes devront passer quatre tests : l’accommodement devra mettre fin à une pratique discriminatoire, il devra respecter l’égalité hommes-femmes, il devra être raisonnable (ne pas imposer de contraintes excessives à l’organisation ou à l’entreprise), et dans le secteur public, il ne devra pas remettre en cause la neutralité religieuse de l’État.

 

Tout service public devra être reçu à visage découvert, comme le prévoyait le projet de loi 94 auquel le gouvernement libéral n’a pas donné suite. Enfin, on compte instaurer une politique gouvernementale afin d’assurer la neutralité de l’État.

167 commentaires
  • Mcbrearty Jacques - Inscrit 11 septembre 2013 00 h 28

    Une perspective à prendre

    À ceux et celles qui nous demandent de laisser le voile à nos fonctionnaires. Sachez que dans d'autres états qui sont très majoritairement musulman comme le Kazaksthan ou la Turquie le voile est lui aussi prohibé dans les institutions d'état pour garantir la séparation entre le temporel et le spirituel.

    • Pierre Cantin - Inscrit 11 septembre 2013 07 h 33

      Wow, on se compare au Kazakstan et à la Turquie... à quand les comparaisons avec des pays du G8 ou au pire du G 20???

    • Vincent Picard - Inscrit 11 septembre 2013 08 h 50

      @M.Cantin au jour où nous aurons notre pays!

      @M.Mcbrearty: voilà un bel argument que j'ajouterai à mon arc et qui, devrait aider à faire entendre raison aux détracteurs de cette charte!Merci

    • Marc-André Le Tourneux - Inscrit 11 septembre 2013 08 h 55

      Quelle remarque intéressante et pertinente M.Cantin. M. Mcbrearty ne compare pas le Québec au Kasaksthan mais au fait que certains pays, majoritairement musulman, ont compris l'importance pour les institutions d'état de garantir la séparation entre le temporel et le spirituel. C'est tout. Il y aurait-il moyen, dans ce grand débat social, de se garder un peu de retenue et surtout de réflexion avant de déblatérer des propos ridicules et inappropriés.

    • RONALD LESAGE - Inscrit 11 septembre 2013 09 h 29

      Si cette charte est similaire à celle de la France , alors ceux qui sont contre devrait aussi faire connaître leur opinion aux politiciens français . Tant qu'à ceux qui se croit supérieur à d'autres pays et ne les ont jamais visités ou échangé avec leurs gens , leurs opinions n'ont pas de valeur .

    • Nicolas Bouchard - Abonné 11 septembre 2013 09 h 40

      @M. Cantin,
      allez voir ce qui se fait en Suisse, en Allemagne, en Belgique, en Angleterre, en France et, etc., et vous verrez que ces pays ont limité le port de signes religieux au niveau local, tels certains Landers en Allemagne.

      Le Canada est une confédération alors il est normal que le Québec puisse accomplir de même.

      Nicolas Bouchard

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 11 septembre 2013 10 h 30

      Le Canada, une confédération M. Bouchard ?
      En théorie, en théorie...

    • Jeannelle La Casse - Inscrit 11 septembre 2013 14 h 57

      M. Cantin ,

      Aussi en Tunisie avant la révolution ...Eté dans ce pays à trois reprises et les femmes , serviteurs de l'Etat , n'étaient pas voilées . De plus à l'Université de Tunis aussi , les étudiantes ne pouvaient porter le voile !!!

      J'aimerais lire plus de femmes voilées sur ce site .

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 11 septembre 2013 15 h 30

      Aux amis Turques et Kazakhs : est-ce que votre Président affirme aussi, se fiant à de mystérieux conseillers, que le voile est le symbole de l'oppression de la Femme? C'est de cela dont il est question, pas de laicité.

      Le message est qu'il serait mieux que personne ne soit voilé, mais que le gouvernement, malheureusement, ne peut obliger cela, et qu'il doit donc se contenter d'interdire ces symboles de barbarie opposés à nos valeurs.

      Le débat est électoraliste et soutenu par une illusion d'homogénéité et d'héritage chrétien. Voilà le problème, pas la laicité.

    • Sandra - Inscrite 11 septembre 2013 18 h 14

      Est-ce pour la séparation entre spirituel et temporel, comme vous le dites, ou bien est-ce pour éviter la présence de femmes dans l'espace publique? Il vaudrait mieux se demander, avant tout, s'il y a des femmes qui travaillent, dans ces espaces publiques?

    • Louka Paradis - Inscrit 11 septembre 2013 18 h 28

      Où sont donc les musulmanes qui ne portent pas le voile ? On ne les entend pas, pourquoi ? Ont-elles peur de s'exprimer ou est-ce que les médias ne leur donnent pas la parole ? J'aimerais beaucoup entendre ce qu'elles ont à nous dire pour éclairer le débat. Merci.

      Louka Paradis, Gatineau

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 13 septembre 2013 00 h 11

      «Chroniquailleux». Voilà un argument de poids. Et en France, M. Tremblay, le climat social est-il plus serein? L'intégration plus réussie?

  • Michel Bouchard - Inscrit 11 septembre 2013 01 h 08

    Oui à la charte.

    J'appuie cette nouvelle charte. Je ne veux plus voir de signe religieux dans nos espaces publics, les universités, ou autres endroits. Ces signes religieux nous distinguent l'un de l'autre et cela ne devrait pas être le cas.

    Je dis bravo au parti Québeçois d'avoir eu l'audace de présenter cette charte malgré ce qu'en pense le ROC (Rest of Canada).

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 11 septembre 2013 08 h 56

      Si cette charte liberticide se concrétise : comment allez-vous réagir devant un homme qui porte le collet romain ou devant une femme qui a mis son foulard parce que c'est l'hiver ?

    • Denise Rolland - Abonnée 11 septembre 2013 09 h 25

      Tout à fait d'accord avec vous...

    • Anne Emma - Inscrite 11 septembre 2013 09 h 29

      Nul besoin d'un signe relieux pour se distinguer l'un de l'autre.
      Nous sommes différents.
      Vous semblez proposer de balayer la différence religieuse en dessous du tapis...

    • Kevin Charron - Inscrit 11 septembre 2013 09 h 51

      @M. Tremblay

      Visiblement, vous n'avez pas compris le projet de loi. L'interdition du port de signes religieux s'applique sur les lieux de travail dans la fonction publique, pas dans la rue et la vie privée. Aux dernières nouvelles, il y a du chauffage dans les bureaux du ministère du revenu.

      Les pratiquants, peu importe la religion, n'ont qu'à laisser leurs signes religieux dans leur tirroir et leur casier de 8@17 heures la semaine. Si on ne peut porter d'écusson du PQ ou du PLQ, ou même un carré rouge, dans la fonction publique, je ne vois pas pourquoi on aurait droit de porter un signe religieux.

      Ça suffit la discrimination. Sous prétexte que la conscience de l'individu serait religieuse, il aurait droit à des privilèges alors que les individus ayant des convictions profondes, mais politiques, philosophiques ou morales en seraient interdit.

      Le principe même de liberté de religion est discriminatoire. Il élève la conscience religieuse au dessus des autres libertés et hiérarchise la liberté de conscience en fonction de son caractère religieux.

      Et je vous pose la question M. Tremblay: Que fait-on d'un Raëlien qui veut porter son suit blanc? Ou que fait-on d'un croyant de la religion naturiste (fictif) dont les préceptes seraient de vivre nu? Est-ce qu'on lui interdira de pratiquer pleinement sa croyance et sa liberté de conscience parce que le naturisme et le raëlisme ne sont pas "de vraies religions"?

      Est-ce qu'on fera vraiment de la discrimination envers les diverses croyances afin de déterminer qui a droit de pratiquer sa liberté de conscience et qui n'a pas droit?

      La hiérarchisation de la liberté de conscience n'a pas lieux d'être dans une société qui se prétend démocratique, de droit et égalitaire. La laïcité et la neutralité de l'État sont les seules garanties des croyants de ne pas voir leur religion brimer au nom d'une autre.

      L'extension des libertés religieuses est une menace pour l'égalité, la démocratie et la cohésion sociale de

    • Michel Gagnon - Inscrit 11 septembre 2013 10 h 12

      À M. Tremblay: si c'est là votre argument contre la Charte, c'est pas très sérieux. Vous qualifiez la Charte de liberticide... et on dit que c'est Pauline Marois qui cherche la chicane. Notre culture est ancrée dans le catholicisme, et pourtant, les religieux et religieuses ne portent plus la soutane en public depuis longtemps. Est-ce que ceux-ci se sentent brimés dans leur liberté de religion? Je ne crois pas. On appelle ça vivre au XXIe siècle. Que ceux qui viennent vivre au Québec acceptent de vivre au XXIe siècle.
      Il est interdit de se promener nu en public. Est-ce que les nudistes doivent se sentir brimés dans leur droit fondamental? Et qu'on ne vienne pas dire que les valeurs religieuses sont plus importantes que les valeurs naturistes. Le naturisme est fondé sur le contact avec la nature qui existe de façon évidente. La religion est fondée sur le contact avec un dieu inventé par l'homme et exigeant une croyance car on n'a aucune preuve de son existence. Et il n'y a jamais eu une guerre de naturisme. Ses adeptes (dont je n'ai jamais fait partie, en passant) n'ont jamais cherché à imposer de force leur choix. On ne peut en dire autant des religions. Le naturisme est pratiqué en privé, chez soi ou dans des endroits délimités prévus à cette fin. Il devrait en être de même pour la religion.
      Pourquoi ce besoin de nous imposer publiquement la vue de vos croyances religieuses? C'est mon droit individuel fondamental de ne pas me faire imposer publiquement la vue d'une personne nue. C'est aussi mon droit individuel fondamental de ne pas me faire imposer publiquement la vue de signes des croyances religieuses d'une personne. Alors, M. Couillard, que faites-vous de mon droit individuel fondamental?

    • Patrick Vanasse - Abonné 11 septembre 2013 10 h 18

      Quelle intolérance. Et la rue, est-ce un lieu public ? Lorsqu'on s'attaque à la liberté religieuse, on se rapproche de la dictature. J'encourage les partis d'opposition à voter contre cette loi remplie de persécution. Dieu est le plus grand !

    • Mireille Langevin - Inscrite 11 septembre 2013 10 h 35

      Quel raisonnementM. Marc Tremblay ! Les cols romains ne se portent plus , ni les foulards en hiver.Où habitez-vous ?

    • andre trudel - Inscrit 11 septembre 2013 11 h 26

      Le 15 novembre 1976, jamais je n'avais été aussi fier d'être Québécois, comme l'avait si bien formulé le très honorable René Lévesque, qui nous avait ému aux trippes.

      Le 10 septembre 2013, je n'ai jamais eu aussi honte d'être québécois. C’est un jour infiniment triste pour les souverainistes non sectaires, largués par le PQ nouveau, saveur Front National.

    • André-Jean Deslauriers - Inscrit 11 septembre 2013 12 h 45

      Vous m’enlevez les mots de la bouche M. Charron.

      C’est sidérant de constater à quel point il y en a qui mêlent tout.

      On essaie de discréditer cette charte, qui est plutôt molle à mon goût, au fallacieux prétexte que l’État n’a pas à se mêler de l’habillement des individus.

      Un signe religieux n’est pas neutre, mais ça semble trop dur à compendre pour certains.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 11 septembre 2013 15 h 03

      À tous ceux et celles qui attaquent mon propos fort simple, mais sans jamais oser y apporter de réponses. Que ferez-vous face au fait qu'un religieux décidera de donner son cour universitaire en portant un collet romain et que ferez-vous avec une enseignante qui porte un foulard dans la cour d'école, parce qu'il fait froid ?

    • Jacques Tihon - Inscrit 11 septembre 2013 22 h 43

      Monsieur Tremblay, un religieux porte son "uniforme" avec col romain, tandis qu'une enseignante portant le voile, ne porte pas l'uniforme de son ordre mais bien de sa conviction personnelle. Pensez-vous que le Pape en visite va se vetir d'un jean et d'un tee shirt ?
      Que les Mollahs portent leur djellabah ,les cures leur soutane, les moines boudistes leur tenue oranges, etc..ou meme le Dalai Lama, cela ne choque pas le monde.
      Ce n'est pas le fait de montrer qu'on appartient comme serviteur d' un ordre religieux qui choque, c'est l'embrigadement des fideles d'une religion a porter une tenue distinctive.En passant les Chretiens sont des infideles aux yeux des Musulmans.

  • Mario Leroux - Inscrit 11 septembre 2013 02 h 32

    La charte

    On disait qu'il n'y aurait pas de chicanes eh bien à lire les premières réactions,c'est parti et ça semble sérieux.On avait bien besoin de ça.Pauvre Pauline!Et M.Drainville va s'ennuyer du journalisme.

    • Claude Lachance - Inscrite 11 septembre 2013 08 h 23

      Vous semblez être de ceux que 10 ans d'omerta ont fait taire. La peur? La peur d'avoir une identité collective, une culture, que le mot nation cesse d'être un voeu pieux sussuré et sans contenu, un petit maquillage sur la voie de la colonisation que sont tous ces accommodements diviseurs et qui donnent des privilèges à certains derrière des religions qui empiètent dangereusement l'espace public au détriment des lois que l'on gruge à la petite semaine et qui finissent par faire de l'État (donc nous tous) un non lieu assis sur les acquis abusifs des uns, au détriment la plupart du temps des femmes,quoi qu'en disent ceux qui hurlent très fort «au loup». C'est bien souvent un éternuement, un rash des idées, qui soulève de la poussière, et c'est très bien, cela s'appelle Démocratie.

    • Marc-André Le Tourneux - Inscrit 11 septembre 2013 09 h 02

      Le bon québécois qui ne veut pas d'chicane ! C'est un grand débat, on pourrait appeler ça de la rhétorique à grande échelle. Bien sûr ça peut déraper, mais c'est ça un débat, il est temps que tout le monde se parle par ici ou du moins apprennent à se parler.

    • Mario Leroux - Inscrit 11 septembre 2013 09 h 41

      Plutôt que de gaspiller ses énergies à débattre sur un faux problème,soyons honnêtes et débattons sur l'opportunité de déclencher un troisième référendum sur la souveraineté du Québec.La démocratie parlera et nous verrons la suite.

    • Gilles Théberge - Abonné 11 septembre 2013 11 h 25

      Le Québécois n'est pas en face de la chicane quand il ferme sa «yeule» et se comporte comme un tapis!

      Le ministre a fait remarquer judicieusement le fait que même avant la déconfessionnalisation de notre système d'éducation, les religieux et religieuses Québécois ont accepté de se départir des signes ostensibles de leur appartenance. Fini les soutanes, fini les cornettes.

      Et même nos mères à l'époque ont cessées de porter l'obligatoire chapeau pour entrer à l'église.

      Ce qui est demandé à tout le monde aujourd'hui, c'est de prendre acte, particulièrement et exclusivement, hommes et femmes, quand ils sont au service de l'État.

    • Mario Leroux - Inscrit 11 septembre 2013 12 h 30

      C'est pas une question de fermer sa gueule c'est que c'est un faux débat,perte de temps,d'énergie et d'argent.Débattons sur le projet de souveraineté et pas en passant par la porte arrière.Après un référendum et le résultat démocratique.C'est çà le programme du Parti Québecois;çà fait 18 ans depuis le dernier référendum!

    • Serge Clement - Inscrit 12 septembre 2013 13 h 54

      Contrairement à vous M. Leroux, j'abonde dans le sens de M.Théberge car je crois (en fait j'en suis convaincu) que notre bon "québécois pure laine" a une "sainte" horreur de la chicane, surtout de la polémique, il peut même se chicaner pour l'éviter. Et quant à faire un pays, ce n'est pas en évitant les débats que nous serons un jour prêts. Dîtes-moi: Dans quelle mesure sommes nous prêts à être des citoyens québécois, à vivre dans un pays commun, avec des valeurs communes? Tant que nous éviterons de discourir sur les questions de fond, voire identitaires, nous continuerons de garder vide de sens cette espérance d'identité québécoise. Le huit clos est davantage propice à la stagnation que le débat, non pas l'affrontement. Débattre est sain, plus, c'est fondamental. À quand notre Agora.

  • Josette Allard - Inscrite 11 septembre 2013 03 h 54

    Droit de retrait

    Ce droit de retrait avec possibilité de renouvellement aux 5ans envoie un mauvais message. Ou elle s'applique à tous ou elle ne devra s'appliquer à personne. Déjà les candidats à l'élection municipale de Montréal, pour ce qui m'apparaît être à des fins purement électoralistes , ont annoncé que la Ville se prévaudrait de ce droit de retrait, sans consultation de leurs électeurs.

    Je suis personnellement en faveur de cette charte.

  • René Girard - Inscrit 11 septembre 2013 04 h 29

    La Charte se bute à un écueil

    C'est normal que la Charte se bute à un écueil, d'où sa nécessité. Quand ces femmes disent que personne ne les oblige à porter le voile, c'est faux et elles savent très bien pour quel dieu elles le font.

    • Nicole Bernier - Inscrite 11 septembre 2013 07 h 08

      Devant autant de commentaires cruels, je choisi de lire autre chose et de participer à la campagne contre cette charte

      Ceux qui veulent signer le manifeste contre la charte peuvent se rendre
      http://www.faitsetcauses.com/2013/09/10/manifeste-

      L'argumentaire y est bien développé et respecte ma vision des droits et obligations d'un État vis à vis la diversité de sa population.

    • Gilles Théberge - Abonné 11 septembre 2013 11 h 32

      Le lien que vous avez indiqué madame Bernier, il est inopérant je viens de le constater à 11h27.

      Pour le reste, je trouve que l'argumentaire contre le projet de charte est basé sur une certaine confusion. Certaines femmes musulmanes que l'on entend à la radio et à la télévision parlent du voile comme étant une partie de leur personnalité, d'autre comme étant l'expression de leur culture d'origine, tandis que d'autres encore en font l'expression de leur foi et de leur appartenance à leur religion...

      Alors quoi, c'est un ornement vestimentaire culturel ou religieux le voile?

    • Nicole Bernier - Inscrite 11 septembre 2013 14 h 59

      Merci M. Théberge ...Je redonne le lien pour le manifeste contre la charte

      http://www.faitsetcauses.com/2013/09/10/manifeste-


      Pourquoi toutes les femmes musulmanes devraient donner la même signification au voile ou au foulard... Parce que vous ëtes incapable de penser pluiriel. Si c'est le cas, il va faloir vous pratiquer car ces trois explications ne couvrent même pas la diversité des motivations de ces femmes dans le temps et selon les cultures

    • france martinez - Inscrit 11 septembre 2013 16 h 40

      Qu'en savez-vous Monsieur Girard? Vous êtes ami avec des femmes musulmanes portant le voile?

      Et votre paternalisme, et celui de cette charte qui prétend vouloir protéger ces femmes comme si elles étaient incapables de faire un choix éclairé alors qu'elles se distinguent régulièrement dans leur emploi ou comme étudiantes par la qualité de leur travail.

      Les protéger en les punissant, oui, parce qu'elles ne partagent pas votre perception réductrice sur le port du hijab.

      Je suis pour que les femmes, où que ce soit dans le Monde, aient le droit de choisir de porter ou non le voile.
      L'État doit être neutre, donc laïque, mais pas les individus.

      Pour ce qui est des enfants , c'est en étant exposés à la réalité, telle qu'elle est, qu'ils développeront leur sens critique, notamment en posant des questions pour comprendre. Ainsi se sentiront-ils plus tard libres de faire les choix qu'ils désirent.

    • Nicole Bernier - Inscrite 11 septembre 2013 19 h 52

      Le lien est beaucoup plus long, mais il semble que le journal ne soit pas capable de le transmettre au complet, mais si vous tapez "Manifeste pour un Québec inclusif" dans Faits et Causes une perspective juridique sur l'actualité...