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    Commission Charbonneau - 75% des Hells au Québec avaient une compagnie en 2010

    5 septembre 2013 16h17 | La Presse canadienne | Québec
    Le sergent-détective Alain Belleau de la Sûreté du Québec, expert des motards criminels.
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Le sergent-détective Alain Belleau de la Sûreté du Québec, expert des motards criminels.
    Une proportion importante des Hells Angels au Québec a investi l'économie légale, notamment des entreprises de construction, de placements immobiliers et des équipes de sport, a indiqué jeudi devant la Commission Charbonneau le sergent-détective Alain Belleau, spécialiste des motards criminels.

    «Il y a un petit recensement qui avait été fait en 2010. Chaque membre de l'organisation des Hells Angels avait été vérifié et la constatation qu'on voyait, c'est que plus de 75% des membres des Hells Angels détenaient des compagnies à leur nom», a affirmé le sergent-détective de la Sûreté du Québec.

    Et si l'on tient compte de ceux qui avaient des intérêts dans certaines compagnies, sans les détenir nommément, «on montait en haut de 80%», a ajouté M. Belleau.

    L'expert des motards a énuméré plusieurs secteurs de l'activité économique qu'ont ainsi pénétrés les Hells Angels, notamment l'industrie de la construction, les «gazonnières», mais aussi les équipes de sport, les placements hypothécaires et immobiliers, les services aux entreprises comme le placement de personnel et les compagnies de gestion.

    Les industries les plus connues dans lesquelles les Hells Angels sont présents sont évidemment les bars de danseuses, les agences de placement de danseuses, les restaurants et bars, de même que les ateliers de motos, a noté M. Belleau.

    Ces compagnies servent à blanchir l'argent provenant de la vente des stupéfiants, a-t-il expliqué, mais aussi à faire plus ou moins semblant d'occuper un emploi ou de gérer une entreprise qui apporte un revenu, ce qui permet ensuite de justifier leur train de vie, devant le fisc, en cas de poursuite devant les tribunaux ou d'enquête policière.

    «Ceux qui vont vouloir faire le club vont devoir se forcer pour avoir des "business" légales. Récemment, on a vu encore des membres des Hells Angels qui expliquent à d'autres qu'il faut se légitimer un revenu qui peut justifier leur train de vie pour être capable de vivre à l'abri de l'impôt», a résumé M. Belleau.

    Culture de l'intimidation

    Le sergent-détective de la Sûreté du Québec a aussi expliqué comment les couleurs et les vêtements des Hells servent à la culture de l'intimidation et de la violence par leur seule présence.

    M. Belleau a souligné que l'effet Hells Angels est si percutant que lorsqu'ils passent en groupe en moto, par exemple, les gens leur cèdent le passage, alors qu'ils ne le cèdent pas aux policiers qui les suivent en moto non identifiée.

    Le respect du logo et des couleurs des Hells est si important que même les «prospects», les amis et les «hangarounds» du club n'ont pas le droit de monter sur une moto appartenant à un membre en règle des Hells, et ce, même si cette moto doit par exemple être montée sur une remorque, a rapporté le policier.

    «Ça fait partie de la culture et de la raison d'être, du mode de fonctionnement des Hells Angels d'utiliser l'intimidation et la violence. La violence et le meurtre ne sont pas un but recherché par les Hells Angels, mais vont être un moyen utilisé pour atteindre leurs fins», a affirmé M. Belleau.

    «Contrairement au crime organisé traditionnel italien, eux, l'affichage, montrer leurs couleurs, être présents de façon visible, c'est extrêmement important, c'est un de leurs outils», a résumé la procureure-chef, Me Sonia LeBel.

    «On dit souvent le pouvoir de la patch, "the power of the patc0", c'est le pouvoir d'intimidation des couleurs des Hells Angels », a acquiescé le policier Belleau.

    Fonds de solidarité

    Après le témoignage de M. Belleau, le Fonds de solidarité FTQ a demandé et obtenu sur-le-champ un statut de participant devant la Commission Charbonneau.

    À ce titre, Me André Ryan, qui le représente, obtient donc le droit de contre-interroger les témoins qui parleront du Fonds de solidarité, des fonds régionaux, des fonds locaux et du fonds immobilier solidarité.

    Pour le reste de la journée jeudi, la commission a entendu diverses requêtes en mode de non-publication.

    Il en sera de même lors de la reprise des audiences lundi. La commission doit notamment entendre le témoignage de huit personnes en non-publication, de façon à protéger la preuve dans plusieurs procès à venir, dont certains doivent se tenir bientôt.
     
     
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