Pétrole: le PQ est incohérent, dit QS

«L’incohérence dans tout ça, c’est de se donner un objectif noble, mais pas les moyens pour l’atteindre. On s’en va vers le pétrole», a soutenu Françoise David mercredi.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «L’incohérence dans tout ça, c’est de se donner un objectif noble, mais pas les moyens pour l’atteindre. On s’en va vers le pétrole», a soutenu Françoise David mercredi.

Québec solidaire estime que le gouvernement Marois est incohérent lorsqu’il dit vouloir réduire notre dépendance aux combustibles fossiles tout en ouvrant la voie à l’exploration pétrolière au Québec et à l’arrivée d’or noir par pipelines.

 

Officiellement, les péquistes espèrent réduire de 30 % notre consommation de pétrole et de gaz d’ici 2020. Pour la même période, on vise un recul de 25 % des émissions de gaz à effet de serre sous le niveau de 1990. Mais Françoise David doute de la possibilité d’y parvenir. « L’incohérence dans tout ça, c’est de se donner un objectif noble, mais pas les moyens pour l’atteindre. On s’en va vers le pétrole », a soutenu la députée de Gouin mercredi.

 

Elle a ainsi rappelé l’ouverture démontrée par le Parti québécois envers l’exploitation pétrolière en sol québécois, notamment pour le pétrole de schiste qui se trouverait dans le sous-sol de l’île d’Anticosti.

 

Pauline Marois a aussi exprimé un préjugé favorable envers l’arrivée au Québec, par pipeline, de pétrole tiré des sables bitumineux albertains. Deux projets sont à l’étude. S’ils se concrétisent, plus d’un million de barils de brut pourrait couler chaque jour vers le Québec. « Si c’est ça, leur façon de se libérer du pétrole, c’est totalement incohérent », a lancé Mme David.

 

Énergies vertes

 

Québec solidaire compte mener au cours des prochaines semaines une campagne de promotion pour un « virage » vers les énergies dites vertes, surtout en transport. La formation veut notamment presser le gouvernement d’investir davantage dans les infrastructures dédiées au transport collectif. Selon les solidaires, il est essentiel d’inscrire la réduction de la dépendance au pétrole « au coeur de la prochaine stratégie énergétique ». « Nous démontrerons que la prospérité et les emplois durables passent par un véritable virage énergétique, par une nouvelle politique de transports », a résumé Andrés Fontecilla, président de Québec solidaire.

 

Le gouvernement doit mener des consultations au sujet de la stratégie énergétique cet automne. La nouvelle politique énergétique que souhaite élaborer le gouvernement péquiste donnera la priorité à « l’efficacité énergétique », a expliqué cet été la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet.

15 commentaires
  • Serge Marchand - Inscrit 5 septembre 2013 04 h 59

    D'un désastre à l'autre

    Malgré les paroles rassurantes de Guy Desbiens, d’Urgence-Environnement, le déversement dans la nuit de samedi à dimanche dernier de mazout lourd près du quai de la minière Cliffs ressources naturelles à Sept-Îles suscite l'inquiétude.

    http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2013

    On se veut toujours rassurant mais la réalité est tout autre chose. À quelques km de cet emplacement, les reliques (wagons et locomotive) de l'ancienne propriétaire de cette minière sont toujours enterrés et pourraient bien resté enterrés à cause du coût exorbitif de décontamination des sols.

    Plus cela change, plus c'est pareil. Où sera le prochain déversement qui ne devrait causer que peu d’impacts sur l’environnement ???

  • Nicole Bernier - Inscrite 5 septembre 2013 05 h 56

    Hier, Desjardins dénonçait le gouvernement provincial pour ses incohérences dans le dossier des mines (ce que le Devoir a mis à la une) et, hier aussi, le Parti vert dénonçait les 100 millions de dollars que le gouvernement fédéral va investir pour éviter des dépenses à la compagnie Enbridge (ce dont le Devoir n'a pas parlé). La conférence de presse donnait les informations suivantes:
    « Les documents obtenus d’Environnement Canada et du ministère des Pêches et des Océans (MPO) révèlent qu’au moment où des fonds publics sont retirés par le gouvernement fédéral pour la recherche fondamentale, l’argent des contribuables est dépensé pour faire le travail que l’entreprise Enbridge devrait faire elle-même (...) modéliser la voie navigable complexe de la région de Kitimat et du Détroit d’Hécate. Il s’agit ici essentiellement d’une subvention du gouvernement fédéral au projet Northern Gateway, dont les promoteurs sont incapables de répondre aux exigences de base en ce qui a trait à la sécurité et aux normes environnementales. (...) Cette décision survient en même temps que les compressions importantes à la recherche sur les changements climatiques, les contaminants marins, et dans la Région des lacs expérimentaux.»

    Les travailleurs n'ont pas fini de payer les riches pour qu'ils s'enrichissent... Peu importe la couleur du parti politique...

  • Marc-André Roche - Abonné 5 septembre 2013 07 h 26

    C'est quoi le rapport?

    Le seul pays de l'OCDE ou le pétrole n'est pas la première source de l'énergie consommée est la Norvège, un État pétrolier. Il n'y a pas de lien entre l'énergie qu'on produit et l'énergie qu'on consomme. Ça peut même théoriquement être le contraire: c'est avec ses revenus pétroliers que la Norvège a investi dans l'hydro-électricité, l'efficacité énergétique et les transports collectifs performants pour devenir moins dépendante du pétrole pour fonctionner.

    Madame David et monsieur Kadir ont le droit de ne pas vouloir qu'on développe nos ressources pétrolières ou qu'on rafine du bitume albertain mais j'espère qu'ils ont d'autres raisons. S'ils parlent de la transformation d'Anticosti en réserve naturelle ou des émissions de CO2 associées au raffinage du bitume, soit. Mais s'ils viennent dire que nous allons nous mettre à consommer plein de pétrole si c'est le notre qu'on consomme, je décroche parce que c'est tout simplement faux. Et ils le savent.

    Le populisme, qu'il soit de gauche ou de droite, me pue au nez.

  • Jean Richard - Abonné 5 septembre 2013 08 h 34

    Une fois de plus

    Québec solidaire a une fois de plus raison de dénoncer l'incohérence du gouvernement actuel, cette fois en matière de politique énergétique. Un oléoduc qui viendrait nous alimenter du pétrole albertain ne fera que renforcir notre dépendance envers non seulement le pétrole, mais l'Ouest du Canada qui, on le sait, est le favori du gouvernement fédéral. Cet oléoduc ressemble à un cordon ombilical avec à un bout la mère et à l'autre bout l'embryon – et l'embryon s'appelle le Québec.

    Quant à une politique des transports tournée vers l'avenir, il est difficile de croire à celle du gouvernement actuel. La métropole est prise avec des problèmes de congestion qui, bien loin de se résorber, augmentent d'année en année. Où sont les investissements requis en transports collectifs ? Nulle part. L'offre en transports collectifs ne suit pas du tout la demande et à Québec, on ne s'en préoccupe pas.

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 5 septembre 2013 12 h 08

      Il faudrait vérifier mais je crois que via La Caisse de Dépot et de Placements le Québec a de gros intérêts dans le pétrole Albertain. Ce n'est pas tant que ça le pétrole des autres...

  • Jean Lapointe - Abonné 5 septembre 2013 08 h 35

    C'est de la politique que QS fait, comme toujours.

    «Québec solidaire estime que le gouvernement Marois est incohérent lorsqu’il dit vouloir réduire notre dépendance aux combustibles fossiles tout en ouvrant la voie à l’exploration pétrolière au Québec et à l’arrivée d’or noir par pipelines.»

    D'ici à ce qu'on puisse se passer des combustibles fossiles ça va prendre pas mal de temps.

    Alors pourquoi ne pas continuer à s'en servir en attendant de pouvoir s'en passer?

    Je trouve que ce point de vue se tient. IL est réaliste. Il n'est pas aussi incohérent que semblent le penser les "purs et durs" de QS.

    C'est de la politique que QS fait, comme toujours quitte à ne pas tenir compte de la réalité.

    • Marc Donati - Abonné 5 septembre 2013 11 h 51

      Je ne vois pas le problème à ce qu'un parti politique fasse de la politique. Nous en faisons tous plus ou moins, que se soit en prenant position pour un parti ou pour un autre, ou en réagissant à ceux-ci dans la section commentaires d'un journal.

      Ceci étant dit, je me demande bien comment est sensé arriver cette fameuse ''révolution énergétique'' que le PQ nous promet depuis plusieurs années. En attendant, comme s’il n’y avait pas urgence en la demeure, il faudrait être réaliste et continuer à importer du pétrole. Je veux bien: or, nous somme supposés attendre quoi, au juste? Qu’est-ce que le PQ a fait depuis un an pour enclencher l’électrification des transports, à part remercier le seul environnementaliste qui ai jamais occupé le poste de ministre de l’environnement?

      J’ai l’impression que le PQ procrastine. On dirait que certaines personnes dans le parti croient que la révolution énergétique va un jour nous tomber dessus comme par magie. En attendant, il est tout à fait réaliste et pragmatique d’enclencher le prolongement de 5 autoroutes, lancer l’exploitation d’Anticosti et laisser passer des pipe-lines.
      Les vrais pelleteux de nuages ne sont pas à QS.