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    Forum des idées - Le gaz et la fracturation hydraulique font rêver Couillard

    26 août 2013 |Jessica Nadeau | Québec
    Bien que Philippe Couillard ait souhaité que le Forum des idées soit un événement non partisan, l’accueil enthousiaste que lui ont réservé dimanche les quelque 200 participants a montré qu’il s’agissait tout de même d’un événement bien libéral.
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Bien que Philippe Couillard ait souhaité que le Forum des idées soit un événement non partisan, l’accueil enthousiaste que lui ont réservé dimanche les quelque 200 participants a montré qu’il s’agissait tout de même d’un événement bien libéral.

    Québec — Pour réduire la dépendance du Québec au pétrole, Philippe Couillard proposera, dans sa prochaine plateforme électorale, une transition vers le gaz naturel. S’il se garde bien de parler de « gaz de schiste », utilisant plutôt le terme « gaz naturel », le chef du Parti libéral du Québec se montre très intéressé par la fracturation hydraulique, qu’il qualifie de « révolutionnaire ».

     

    « L’ère des hydrocarbures sur la planète n’est pas terminée, loin de là, on va les voir encore pour plusieurs décennies, mais ça se transforme », a soutenu le chef du Parti libéral dans son discours de clôture du Forum des idées dimanche midi au Collège Champlain à Saint-Lambert. Citant la revue The Economist, Philippe Couillard a rappelé à quel point le pétrole était néfaste pour l’environnement et a soutenu que la transition vers le gaz naturel représentait « le gain le plus important en termes de réduction » des impacts négatifs sur l’environnement.

     

    Questionné en point de presse sur la position qu’il défendra dans sa prochaine plateforme électorale sur les hydrocarbures, le chef du Parti libéral du Québec a répondu qu’il souhaitait « rééquilibrer notre portefeuille énergétique avec la transition vers le gaz naturel ». Il a également parlé avec conviction de la fracturation hydraulique, qui permet d’aller chercher le gaz de schiste.

     

    « Il faut noter l’aspect révolutionnaire - dans le terme réel du terme - de l’introduction de la fracturation. Ça a complètement changé le paysage énergétique mondial. Quand on dit que l’Amérique du Nord et les États-Unis vont être autosuffisants bientôt, cette découverte-là, ça change le monde. Alors oui, il faut viser l’électrification des transports, c’est une bonne idée […] mais il faut également regarder les autres choses que l’on peut faire pour diminuer notre dépendance au pétrole, par exemple avec un autre type d’hydrocarbures, comme le gaz naturel, qui est beaucoup mieux en termes d’émissions de gaz à effet de serre. »

     

    Rappelant les propos tenus la veille par l’économiste Alan McIntyre, associé principal pour l’Amérique du Nord chez Oliver Wyman, qui était invité à discuter du développement économique au Québec dans le cadre du Forum des idées organisé par le Parti libéral, Philippe Couillard estime qu’on ne peut plus compter uniquement sur l’hydro-électricité. « On nous disait hier : vous avez un grand avantage hydroélectrique, mais cet avantage-là n’est peut-être pas infini dans le temps à cause de la surproduction de gaz ailleurs sur la planète, notamment aux États-Unis, ce qui fait que notre capacité d’exporter va commencer à diminuer. »

     

    Dans son discours, fort apprécié des nombreux libéraux venus l’entendre samedi matin, Alan McIntyre rappelait que « les réserves québécoises de gaz de schiste […] se classent sixièmes parmi les États des États-Unis et les provinces ». Selon lui, « la grande question qui pèse sur toute discussion concernant les ressources naturelles est la volonté du Québec et sa capacité technique à exploiter ses réserves minérales, pétrolières et de gaz de schiste dans un monde où des ressources similaires sont exploitées agressivement ailleurs - surtout aux États-Unis - d’une manière qui changera la balance du pouvoir sur la question énergétique dans la prochaine décennie ». Son message a clairement été entendu par Philippe Couillard qui a présenté à de nombreuses reprises ce forum comme étant l’occasion d’aller chercher des idées pour sa prochaine plateforme électorale.

     

    Diminuer les impôts et augmenter la taxe à la consommation

     

    Un autre aspect qui a retenu l’attention du chef Philippe Couillard, c’est la question de la fiscalité, un élément qui sera central dans son programme. Réunis à 8 h 30 un dimanche matin pour parler de fiscalité, plusieurs experts ont expliqué qu’il était devenu nécessaire de réformer le système fiscal québécois, qui a subi plusieurs modifications à la pièce au fil des années, mais qui, dans son ensemble, ne permet plus d’être aussi performant qu’il pourrait l’être.

     

    « L’impôt le plus dommageable [sur l’économie], c’est l’impôt sur le capital ; chaque fois que l’on prélève un dollar, on handicape la croissance du PIB à long terme de 1,37 $», a soutenu le directeur du département de fiscalité à l’Université de Sherbrooke, Luc Godbout.

     

    Cette idée de diminuer l’impôt sur le revenu pour augmenter la taxe à la consommation a été appuyée par le chef libéral, Philippe Couillard. « Sur le principe, je pense que c’est la direction à suivre si on veut rééquilibrer […] Mais attention, si on taxe la consommation davantage, les mesures de protection doivent être en place pour les bas revenus […] parce que la taxation sur la consommation a un effet potentiellement régressif si on ne fait pas attention. »

     

    Selon lui, « le fardeau fiscal est à la limite de ce que les citoyens peuvent tolérer ». En diminuant les impôts, Philippe Couillard dit vouloir aider la classe moyenne qui ne trouve pas d’avantages, dans le système actuel, à travailler plus. « Ce n’est pas normal, si on passe de 38 000 $ à 41 000 $ par année, que ce ne soit pas intéressant et qu’on en ait moins dans nos poches. Ça ne peut pas fonctionner comme ça. »

     

    Philippe Couillard souhaite également rendre la fiscalité des entreprises plus compétitive en réduisant la taxe sur la masse salariale et il se dit aussi ouvert à une plus grande concurrence dans les services publics.













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