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    Commission Charbonneau – L'ex-d.g. de Laval, Claude Asselin, témoigne

    18 juin 2013 15h41 | Brian Myles | Québec
    Plus tôt en journée, le notaire Jean Gauthier a rejeté le titre peu enviable d'argentier occulte du PRO des Lavallois. Son pouvoir de persuasion s'est heurté au scepticisme manifeste de la commission Charbonneau.
    Photo : Jacques Nadeau Le Devoir Plus tôt en journée, le notaire Jean Gauthier a rejeté le titre peu enviable d'argentier occulte du PRO des Lavallois. Son pouvoir de persuasion s'est heurté au scepticisme manifeste de la commission Charbonneau.
    L'ex-directeur général de la Ville de Laval, Claude Asselin, commence son témoignage à la commission Charbonneau. M. Asselin est accusé de fraude et de gangstérisme avec le maire Gilles Vaillancourt et 35 présumés complices dans le projet Honorer.

    Auparavant, le notaire Jean Gauthier a rejeté le titre peu enviable d'argentier occulte du PRO des Lavallois. Son pouvoir de persuasion s'est heurté au scepticisme manifeste de la commission Charbonneau.

    Avant qu'il ne quitte la barre des témoins, mardi, le commissaire Renaud Lachance lui a suggéré de relire attentivement son témoignage. S'il faut croire la version du notaire Gauthier, cela revient à dire que quatre témoins (Jean Bertrand, Roger Desbois, Jean Roberge et Pierre Lambert) ont raconté au moins 11 mensonges à son sujet.

    Le retraité de 74 ans n'y voit qu'une seule explication possible: les principaux acteurs de la collusion et de la corruption à Laval qui ont témoigné à la commission Charbonneau l'ont utilisé comme un bouc émissaire.

    «On m'en met beaucoup, beaucoup, beaucoup sur les épaules», a déploré le notaire, accusé de fraude et de recyclage des produits de la criminalité. «C'est un vaste complot contre vous?», a demandé la juge France Charbonneau.

    M. Gauthier a imputé le véritable rôle d'argentier occulte du PRO à l'avocat Pierre Lambert. Pourtant, il reconnaît qu'il exerçait assez d'influence auprès de l'agent officiel du PRO, Jean Bertrand, pour autoriser le paiement de «certaines dépenses» à même la caisse occulte.

    Il en menait assez large pour instruire le conseiller politique de M. Vaillancourt et du PRO, Pierre Desjardins, du cabinet National, de frapper à la porte de Me Lambert pour se faire payer à même cette ce trésor de guerre illicite. «Pierre Desjardins était payé toujours par la caisse occulte», a-t-il dit.

    National a résilié son contrat avec Laval la semaine dernière  à la suite des révélations de Jean Bertrand, selon lequel tous les élus (à trois exceptions), ont servi de prête-noms. Le nom de Pierre Desjardins ne figure plus dans la liste des employés du cabinet.

    Gauthier malmené

    M. Gauthier a passé un mauvais quart d'heure à la commission, en étant forcé d'expliquer en quoi il pouvait se sentir flatté de tenir la caisse occulte du PRO des Lavallois.

    M. Gauthier a admis lundi qu'il avait perçu des ristournes auprès des firmes de génie conseil entre 2000 et 2005, se décrivant comme une simple «courroie de transmission». Il avait accepté ce rôle par «orgueil» et «flatterie» pour rendre service à la formation de l'ex maire Gilles Vaillancourt.

    «Vous étiez flatté, bien honnêtement, j'ai de la difficulté avec votre explication», a dit le procureur Denis Gallant. «À l'époque, malheureusement, c'état banal ou c'était banalisé», a-t-il répondu.

    Me Gallant a mis en doute plusieurs réponses du témoin, entre autre sur la durée de son implication dans le financement illicite du PRO des Lavallois. L'ex vice-président de CIMA +, Lucien Dupuis, a dit qu'il avait commencé à remettre des enveloppes brunes à M. Gauthier en 1996 ou 1997. L'agent officiel du PRO, Jean Bertrand, situe l'entrée en scène de son ami le notaire Gauthier en 1995, et sa sortie en 2009.

    L'agenda de l'ex p.-d.g. de Dessau, Rosaire Sauriol comprend des inscriptions pour quatre rencontres avec M. Gauthier, de 2006 à 2008. Le document, mis en preuve à la commission, laisse présager que M. Gauthier s'est impliqué plus longtemps qu'il ne veut l'avouer dans le financement illégal du PRO.

    Si loin, si près de Vaillancourt

    La juge Charbonneau a aussi du mal à accepter les explications de M. Gauthier. «Est-ce que vous continuez de protéger des gens?», lui a-t-elle demandé.

    «Qui voulez-vous que je protège», a répondu le témoin, visiblement embarrassé à plus d'une reprise par les questions.

    M. Gauthier a dit qu'il était loin de Gilles Vaillancourt. Pourtant, le maire lui faisait assez confiance pour lui confier la gestion de la caisse occulte du PRO, a souligné la juge Charbonneau.

    De nombreux témoins ont décrit M. Gauthier comme un proche de Gilles Vaillancourt. Lucien Dupuis, l'ex vice-président de CIMA+ a notamment déclaré que MM.

    Vaillancourt et Gauthier étaient de mèche dans la perception des ristournes.

    Le témoin s'en est tenu à sa ligne de défense. «Je n'ai jamais jamais appelé le maire. Jamais le maire ne m'a appelé. J'ai toujours pensé que ça se faisait à un niveau plus élevé que moi», a-t-il dit.

    M. Gauthier a éprouvé de nombreux problèmes de crédibilité. Il a été confronté à ses déclarations antérieures aux enquêteurs de la commission, à qui il a affirmé qu'il était bien au fait de l'existence d'un système de versement de ristournes de 2 % de la part des firmes de génie conseil. Lundi, il a dit ignorer tout sur ces fameux 2 %.

    M. Gauthier serait devenu argentier occulte du PRO malgré lui, par «grandeur d'âme». Il laisse entendre qu'il a été mis devant le fait accompli.

    Sans aucune forme de discussions préalables avec le maire ou des membres de son entourage, les ingénieurs ont commencé à lui apporter des liasses d'argent qu'il remettait ensuite à Jean Bertrand. «Jamais jamais je n'ai pu avoir le contrôle. Les ingénieurs venaient me porter de l'argent», s'est-il défendu, sous l'œil dubitatif de ses inquisiteurs.
     
     
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