Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Le gouvernement Marois dépose un projet de loi sur l'euthanasie

    12 juin 2013 15h04 |La Presse canadienne | Québec
    Québec — Les Québécois «en fin de vie», gravement malades et souffrants pourront obtenir l'aide d'un médecin pour devancer l'échéance ultime.

    Le projet de loi 52, déposé mercredi à l'Assemblée nationale, prescrit les conditions permettant à une personne d'obtenir l'aide médicale à mourir ainsi que les exigences qui doivent être respectées avant qu'un médecin ne puisse l'administrer.

    Fruit de la commission spéciale «Mourir dans la dignité» qui s'est déroulée entre 2011 et 2012, le projet de loi concernant les soins de fin de vie encadre la sédation palliative terminale, qui vise à plonger le patient dans un état d'inconscience jusqu'à la mort.

    Il prévoit le droit d'une personne, dont l'état le requiert, de recevoir le traitement. Les soins de fin de vie pourront être prodigués dans les hôpitaux, les maisons de soins palliatifs ou à domicile.

    Le projet de loi prévoit des critères stricts pour encadrer l'aide à mourir. En outre, elle ne pourra être demandée que par la personne en fin de vie elle-même, et après qu'un médecin, dont l'avis devra être confirmé par un second médecin, conclut que l'ensemble des critères sont respectés.

    Parmi les critères, la personne devra être majeure, apte à consentir aux soins, atteinte d'une maladie grave et incurable, éprouver des souffrances physiques et psychiques constantes et dont l'état présente un déclin avancé et irréversible de ses capacités.

    La ministre délégué aux Services sociaux et responsable du dossier, Véronique Hivon, a aussi annoncé la création de la Commission sur les soins de fin de vie, qui aura pour mandat de surveiller l'application des exigences entourant l'aide médicale à mourir.

    Avancée majeure

    Le projet de loi 52 sur les soins en fin de vie, déposé mercredi par le gouvernement du Québec, est considéré par certains comme la plus grande avancée pour les droits individuels depuis la victoire des femmes pour le recours à l'avortement.

    Le président de l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, Claude Leblond, croit que cette nouvelle étape est une avancée majeure qui confirme qu'une personne a le droit de prendre elle-même les décisions qui la concerne.

    En vertu du projet de loi, les patients gravement malades et souffrants pourront recevoir l'aide nécessaire pour mettre un terme à leur existence.

    Le Regroupement provincial des comités des usagers abonde dans le même sens et se réjouit également de voir que l'accès aux soins sera étendu partout au Québec. Le directeur général du regroupement, Pierre Blain, est aussi satisfait de voir que le gouvernement ait opté pour une reconnaissance des droits à l'autonomie décisionnelle, à l'information et à choisir son lieu de fin de vie.

    M. Blain se dit convaincu que le projet de loi 52 réussira à franchir la prochaine étape et aura force de loi.

    Quant à lui, le Collège des médecins estime que Québec a livré un projet de loi qui correspond à ses réflexions amorcées depuis 2006 sur cette question. Même s'il réserve ses commentaires détaillés pour plus tard, le Collège souligne que le gouvernement a donné suite à ses recommandations d'inclure la sédation palliative et l'aide médicale à mourir dans le continuum de soins en fin de vie.

    Un guide sur la pharmacologie des soins de fin de vie et sur la sédation palliative est par ailleurs en cours de réalisation. Ce document devrait être rendu public au cours des prochaines semaines.

    Les réactions sont néanmoins partagées, la Coalition des médecins pour la justice sociale décriant la brèche portée au rôle fondateur de la médecine.

    Le docteur Paul Saba estime que la majorité des médecins n'acceptera jamais l'euthanasie comme une pratique médicale.

    «C'est immoral de donner une piqûre avec l'intention de raccourcir les jours des patients», a insisté le docteur Saba, estimant que cette dérive est contraire à la déontologie et au serment d'Hippocrate.

    Plusieurs groupes qui s'étaient affichés contre l'euthanasie durant la grande commission parlementaire Mourir dans la dignité ont réservé leurs réactions pour plus tard.

    Le Collectif de médecins du Refus médical de l'euthanasie et le réseau Vivre dans la dignité doivent également commenter, de manière commune, ce projet de loi.














    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.