Lisette Lapointe se sent exclue de son ancien parti

L’ancienne députée péquiste Lisette Lapointe comprend mal l'attitude de son ancien parti.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L’ancienne députée péquiste Lisette Lapointe comprend mal l'attitude de son ancien parti.

Québec — L'ancienne députée péquiste Lisette Lapointe se sent exclue par le gouvernement Marois qui n'a pas daigné lui réserver un siège du bon côté dans la tribune du gouvernement à l'Assemblée nationale où elle venait appuyer le dépôt d'une pétition des citoyens de Saint-Adolphe-d'Howard par le député péquiste d'Argenteuil, Roland Richer.

En matinée mercredi, Lisette Lapointe affirmait que le gouvernement avait refusé de lui réserver un siège dans les tribunes gouvernementales et qu'on l'avait plutôt placé du côté de l'opposition, ce qui l'avait piqué au vif et l'avait obligé à téléphoner au président de la Chambre, Jacques Chagnon, qui l'avait alors placé sur sa propre liste d'invités à la tribune pour la période de questions.

Au cabinet du whip, on a réagi dans les heures qui ont suivi – billet à l'appui - pour démontrer que bien que son siège se situait effectivement face à l'opposition, il s'agissait d'un siège qui appartenait bel et bien à la tribune ministérielle.

Fait pour le moins inusité, le gouvernement a choisi de remplir d'abord les sièges ministériels du côté de l'opposition alors que les sièges du côté gouvernemental étaient pratiquement vides. « Elle n'était probablement pas satisfaite d'être face à l'opposition […]. Rendu là, c'est un débat sur la qualité des sièges et leur vue de l'Assemblée nationale », a déclaré Sébastien Marcil au bureau du whip.

« On voulait que je m'installe dans la galerie de l'opposition pour ne pas faire face au gouvernement, a dénoncé pour sa part la femme de l'ancien premier ministre, Jacques Parizeau plus tôt en matinée. Je pense que c'est la première fois que ça arrive, c'est complètement ridicule. »

Affront ultime, Lisette Lapointe affirme qu'on lui a clairement laissé entendre, du côté péquiste, qu'elle n'était pas la bienvenue si la délégation porteuse de la pétition avait la possibilité de rencontrer le ministre de l'Environnement pour défendre sa cause après la période de questions.

Après le conseil des ministres mercredi après-midi, le ministre Yves-François Blanchet a confirmé qu'il allait rencontrer le maire de la municipalité de Saint-Adolphe-d'Howard dans les Laurentides pour discuter du projet de ligne électrique qui doit passer au-dessus des sommets et des lacs dans ce coin de villégiature. Mais le ministre de l'Environnement n'a pas voulu dire si Mme Lapointe ferait partie de la délégation, tel qu'elle l'avait demandé. « Si elle est là, elle fera partie de la rencontre et si elle n'est pas là, ça ne me dérangera pas pantoute», a-t-il lancé d'un ton narquois. Son attachée de presse, Catherine Salvail, a confirmé par la suite que l'ancienne députée péquiste n'avait pas assisté à la réunion, mais elle était dans l'incapacité de dire si une directive avait été émise de la part du gouvernement pour tenir Lisette Lapointe à l'écart.

« Je ne comprends pas, je ne viens pas là comme personne politique, je viens comme citoyenne, s'est désolée Lisette Lapointe en matinée. C'est un peu mesquin. C'est vrai qu'on a démissionné à quelques-uns, c'est vrai que ça leur a déplu, mais que deux ans plus tard, on continue comme ça, je trouve que c'est un côté bien laid de la politique. »

45 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 12 juin 2013 11 h 20

    Le PQ rejette les indépendantistes

    On ne voulait de M. Michaud comme candidat. On a bafoué son honneur.
    On ne veut pas entendre parler d'indépendance. On prive J-Martin Aussant d'une tribune pendant la campagne électorale; aujourd'hui on refuse l'accès à l'Assemblée nationale à Mme Lapointe.
    À force de recourir au rejet, le PQ finira par convaincre l'électorat de le rejeter.

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 12 juin 2013 13 h 58

      Mme Lapointe avait bel et bien 5 places réservées. Vous accusez le PQ sans procès, comme tous les gens ci-dessous.

      https://twitter.com/Flarouche/status/344871987291750402/photo/1

    • Sylvain Racine - Inscrit 12 juin 2013 14 h 26

      Le PQ est bon pour l'euthanasie pour le bien de l'avenir du Québec.

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 12 juin 2013 14 h 43

      Ouille Monsieur Racine, vous êtes tout un justicier!

      Mme Lapointe semble avoir raconté une belle salade, alors si vous jugez avec la même fougue, quel traitement lui réservez-vous pour être juste?

    • Pascal Normandin - Inscrit 12 juin 2013 15 h 02

      Bonjour monsieur Racine
      je pense que rien n'est noir et blanc et qu'il faut reconnaître les actions concrètes du PQ depuis qu'il est au pouvoir :
      - dégel des frais de scolarité
      - maintien de la taxe santé
      - augmentation des revenus tirés du bloc patrimonial d'électricité
      - réduction des coûts du programme de financement des garderies
      - feu vert au développement pétrolier sans la bureaucratie du BAPE
      - nomination de personnes idéologiquement compatibles avec la gouvernance souverainiste, par exemple à la SQ et à la présidence d'Hydro Québec

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 12 juin 2013 16 h 09

      Ah oui aussi, M.Normadin, pour ce qui est des nominations partisanes, nommons les choses par leur nom, une vingtaine au PQ pour plus de 875 chez les libéraux. Où étiez-vous, quand le très rouge Parisella a été nommé à NY?

      Des nominations partisanes, même si on a cherché à démoniser le nom, s'il y a scandale, c'est dans l'abus ou encore, si la personne n'est pas qualifiée. Si vous trouvez des «Tomassi» dans les choix du PQ, vous me le direz...

      Sinon, vous, si vous aviez par exemple une organisation, et que vous cherchiez un comptable, tenteriez-vous d'abord de regarder dans votre réseau?

      Et de toute façon, les libéraux ont peinturé tout l'appareil au grand ocmplet en rouge foncé, même les cabinets sont pris avec des sous-minitres libéraux! Le Québec, avec 875 nominations rouges, était... rouge!

      Alors vous tenez vraiment à dénoncer un peu de bleu?

      Moi je me demande encore et encore, mais tous ceux qui cirent contre la vingtaine de nominations bleues, où donc étiez-vous pendant les 875 rouges!

  • Loraine King - Abonnée 12 juin 2013 11 h 20

    Le gouvernement n'est pas un parti politique

    Ce gouvernement veut vous empêcher de vous identifier à votre religion. Il veut vous punir parce que vous avez déjà tenu des opinions politiques contraires à l'orthodoxie de la clique privée qu'ils disent représenter. Ou và-t-on s'arrêter?

    • Michel Gagnon - Inscrit 12 juin 2013 14 h 22

      On exagère un peu, Madame King?

    • Réal Ouellet - Abonné 12 juin 2013 15 h 00

      Toutes chosese que le parti libéral n'a jamais faites, bien sur!"

  • Jean-Pierre Audet - Abonné 12 juin 2013 11 h 28

    Un peu plus d'ouverture, svp

    Vraiment, je ne reconnais plus le parti dans lequel j'ai milité avant les élections. Ce genre de rancune se voit dans l'intimité des familles disloquées. Mais en politique, il faudrait prendre un peu plus de hauteur et permettre à tout citoyen d'exprimer son point de vue lors d'une telle délégation à propos d'aménagements en montagne. Je ne regrette pas d'avoir contribué à la chute du PLQ pour lequel je ne voterai certainement pas, mais j'entrevois une possibilité du côté d'Aussant. Un peu de sang neuf ne ferait pas de tort.

    • Nicole Moreau - Inscrite 12 juin 2013 14 h 34

      je suis d'accord avec vous monsieur Audet, je trouve la situation plus que déplorable, il s'agit là d'une réaction fort vindicative de la part du parti au pouvoir. Si je comprends bien, quand on quitte un parti, il ne serait plus possible d'être vue comme citoyen ordinaire?

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 12 juin 2013 14 h 40

      Me demande bien qui a eu la réaction la plus vindicative entre le PQ et ses détracteurs... Lisez plus bas, Mme Lapointe avait ses places.

      Mais dites, qui donc ici a vérifié plus d'une sources avant de condamner le PQ?

  • André Champagne - Abonné 12 juin 2013 11 h 30

    Mesquinerie.

    La mesquinerie n'a pas de nom poli. Il est répugnant de constater le geste de notre gouvernement envers madame Lapointe. C'est honteux!

    • Élaine Bissonnette - Abonnée 12 juin 2013 13 h 43

      Je suis tout à fait d'accord que c'est vraiment une mesquinerie de la part de Madame Marois... Allons, un peu de légèreté Madame !! On se prend donc tant au sérieux ? La vie est faite simplement de relations humaines et vous venez de manquer une bonne chance d'être honorable !

    • Louka Paradis - Inscrit 12 juin 2013 15 h 01

      Si une personne avait trahi mon parti et m'avait dénigrée sur la place publique, faisant tout pour me nuire lors des élections, elle ne serait pas bienvenue dans mes rangs. Il faut quand même se respecter et se tenir debout. Présenter l'autre joue ? Non merci ! Vous avez choisi l'exclusion, Mme Lapointe, alors assumez ! et ne venez pas pleurnicher en tentant de jouer des violonnades...
      Louka Paradis, Gatineau

  • Eric Shannon - Inscrit 12 juin 2013 11 h 33

    C'est petit...

    C'est assez petit comme réaction de la part du gouvernement en place. Parce que Mme Lapointe est partie -peu importe pourquoi et comment- elle ne peut être considérée comme citoyenne ? On lui dicte où s'asseoir ? C'est ça la démocratie façon PQ ?

    Ça fait un peu adolescent dans la cour de la polyvalente...

    • Louka Paradis - Inscrit 12 juin 2013 15 h 05

      Ça fait un peu mauvaise foi de se cacher derrière la démocratie pour tenter de faire oublier ses anciennes trahisons. Hon, la pauvre madame n'est pas contente, elle a de la grosse pè-peine : pleurons en choeur...
      Louka Paradis, Gatineau

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 13 juin 2013 23 h 14

      @Mme Paradis
      Trahison ? Voyons Mme Paradis, vous n'encourager rien de moins que le despotisme du moment qu'il provient du PQ.
      Mme Lapointe a fait ce que tro peu d'élus ont osé faire, c'est a dire choisir l'intégrité à la ligne de partie, qui, je le rappelle, n'est même pas une loi, mais une tradition!
      Oui Mme Paradis, il y a de quoi pleurer, pleurer notre démocratie que met a mal les 3 grands partis au Québec.